dimanche 14 octobre 2007

Le camp des seins


Ce dimanche avait lieu la grande têtée rassemblement de mères "munies de bébés" (car c'est bien une arme; l'arme ultime écrasant toute forme de protestation dans notre civilisation matriarcale) simultanément dans plusieurs grandes villes, allaitant leur enfants (certains ont jusqu'à 4ans, je reviendrais là dessus, mais déjà, on pressent le malaise) en public pour soi-disant en faire la promotion pour des raison de santé.
Absolument toute la sémantique de l'époque féminocrate y passe : poitrines militantes, congés maternités, revendications, déculpabilisation, exhibitions sans tabous, bien-être de l'enfant, relation mère-enfant, etc...

Quelques sujets mineurs sont évoqués, bien sûr, histoire de se questionner un minimum, mais vraiment sans plus, tels que la pudeur, la différence vie publique-vie privée (allaiter dans les transports en commun, ou collecter son lait entre midi et deux au travail), et, étonnant car on ne l'évoque pour ainsi dire jamais : le plaisir sexuel de la femme qui se fait sucer les tétons...

Au cas où certains l'ignoreraient.

"citer les propos du psychanalyste Jean-Pierre Winter : «Ces femmes mettent leur enfant à leur service sexuel.» Ce qui ne l'empêche pas d'admettre : «Bien sûr, il y a un plaisir réciproque. Des femmes peuvent même avoir une sorte d'orgasme.» "

Mais on en restera là, niveau inceste et destruction psychologique d'une fusion se prolongeant trop. Et c'est bien cette relation sexuelle entre le nourrisson et la mère, nécessaire les premiers mois (en tout cas avant les laits industriels de remplacement) qui procure cette gêne lorsqu'on la voit exhibée.

Car, faut il aussi le rappeler, celui qui interdit l'inceste, c'est le père, par la restriction de la fusion, rappelant l'épouse à ses devoirs. A peine est-il évoqué, à la fin, comme pour lui faire plaisir, signe qu'on ne l'oublie pas, cette grosse truffe :

" Comment le dit le site de la Leche League, l'allaitement est «une histoire à deux». Une manière d'évincer allègrement l'homme. Un peu à l'écart justement, Ollivier, compagnon d'Elodie, n'y voit que des avantages. «Il n'y a rien à préparer, en plus c'est moins cher, et la nuit tout le monde se rendort vite.» "

Voilà ce qu'est un père aujourd'hui : un ectoplasme, géniteur transparent, maternisé, infantile, lui-aussi, plongeant d'ailleurs dès il le peut dans l'inceste avec cette épouse mère, tout comme il baisse les bras pour fusionner avec toute cette saloperie de société maternante et liquéfiante.

Les générations non pas d'hommes et de femmes, mais d'hermaphrodites fusionnels, zombies narcissiques et suicidaires que cela prépare ne pourra que faire la richesse des psys, si les mères ne les brûlent pas d'ici-là, ces résidus du patriarcat. Et l'ersatz de société que cela augure ne ressemblera à rien d'autre jusqu'alors, car nous avons les moyens (l'Etat tout puissant pour le bien de tous) d'en faire une crèche géante.

Cette manifestation, prophétie de phyties, est chapeauté par une association américaine (!) et ses ramifications internationales, crées dans les années cinquante, et dont les préceptes sont tout ce qu'il y a de plus moderne, la Leche Leag.

Leurs articles de propagandes parlent d'eux même.

"Les gens que cela gêne n'ont qu'à regarder ailleurs" Inutile de relever la somme de contradictions et de nihilisme dévastateur que cela révèle.

Et Percée aussi ne peut faire autrement que regarder ailleurs, lorsqu'il combatit la méduse au regard pétrifiant, symbole de la nostalgie incestueuse, paralysie de la volonté.

Dire que certains glosent toute leur vie pour comprendre comment une civilisation peut prendre fin.

NB : mais "avant" une civilisation nouvelle apparaissaient sur les ruines de l'ancienne, conquérante, patriarcale. Or notre époque a cela de nouveau que tout y est international, comme cette leche league. On peut alors fantasmer sur la forme qu'aura l'éventuel envahisseur viril, s'il existe, et s'il ne sera pas lui aussi pétrifié lorsqu'il arrivera dans ce monde de gorgones et de statues émasculées.

8 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonne analyse, dans la droite continuation du regretté Muray. Cela fait froid dans le dos!

philippe psy a dit…

Et donc ? C'est super ! Bien mieux que de se lever pour préparer un biberon.

Laissons les femmes entre elles. L'élevage des jeunes est l'affaire des femelles mammifères.

Alors bien sur, on peut discerner une attaque anti-homme, mais bon, rien de bien grave !

C'est un peu toujours la même rengaine.

il sorpasso a dit…

@anonyme : merci

@phi : ce n'est pas l'attaque anti-homme qui me dérange le plus

@ autres censurés : soyez moins grossier (et un peu plus argumenté ), bande d'intolérants, ou je vous envoie en camp de tolérance ! vilains !

Orcul a dit…

D'accord avec Philippe Psy.Mais l'aricle parle aussi de la relation vie publique/vie privee et la je suis d'accord avec il sorpasso.Là ça devient du délire...

Autre chose,j'ai trouvé la revue l'Inconvénient n°24.Plus d'info dès que je la reçois.

il sorpasso a dit…

@ Orcul
tenez moi au courant pour la revue !

Gloups a dit…

Je ne connais pas la teneur des messages censurés, mais le coup du plaisir de la têtée, vu ce que certaines en bavent, ça n'a pas dû plaire beaucoup...

Il y a aussi des femmes qui ont un orgasme en accouchant, mais ce n'est pas la majorité... Toute proportion gardée, je crains que ça ne soit la même chose pour l'allaitement.

il sorpasso a dit…

@ Gloups

En effet, mais la têtée n'est que la face visible de l'Iceberg de la relation fusionnelle mère-enfant, et le sujet donné par cette manifestation médiatique.

Quand une pratique privée tombe (sous une forme donnée) dans l'escarcelle médiatique, publique, montrée, revendiquée, exhibée, je m'interroge. Pourquoi maintenant et pourquoi comme cela ?

Anonyme a dit…

Les êtres humains sont les seuls mammifères à consommer le lait d'autres mammifères.
pourquoi vandaliser ce qui est naturel ?
cet article est à vomir