mercredi 27 août 2008

La divine comédie de l'hypocrisie

Ainsi, voulez-vous peindre et toucher, on vous demande des axiomes et des corolaires. Prétendez-vous raisonner, il ne faut plus que des sentiments et des images. Il est difficile de joindre des ennemis aussi légers et qui ne sont jamais aux postes où ils vous défient.

Chateaubriand


C'est tout de même extrêmement tentant de proposer aux anticléricaux une synthèse de leur pensée qu'ils ont bien du mal à exprimer. Dans leur obsession délirante (physique et psychologique) de la soutane, ils pataugent à s'extraire du substrat chrétien de l'occident autrement que par des vociférations haineuses se réclamant en vrac d'un épicurisme de supermarché ou d'un libertarisme sous cellophane, résonnants dans le vide de notre société, qui en a pourtant plein les rayons de ces joujous bien aux normes. On se demande de quoi ils se plaignent, au fond. Seraient-ils donc peine-à-jouir ? Auraient-il besoin de projeter ce balai qu'ils ont dans le cul sur la morale et les interdits chrétiens qui (sous la lune ?) les empêcheraient de vivre à fond les manettes tous leurs phantasmes lyophilisés à l'aide d'expériences sensorielles tout ce qu'il y a de plus synthétique ? Pour une grande partie d'entre eux, oui. Ils n'ont toujours pas saisi l'évidente imbrication des interdits et de l'érotisme, et se plaignent de la disparition de l'un les mains pleines du sang de l'autre. Mais les anticatholiques (ou anticléricaux, ce sont les mêmes, surtout s'ils s'amusent à surfer de l'esprit au corps selon leurs lubies du moment) n'en restent pas là, se prenant pour Voltaire sous amphétamine, ils usent de la rhétorique et de la dialectique : les chrétiens seraient tous des mauvais chrétiens, ne respectant que rarement les dogmes de l'Eglise à la lettre, et leur foi (cf Il n'y que la mauvaise foi qui sauve, P. Muray) donc, de la mauvaise foi. Et les voilà fanfaronnant comme s'ils venaient de découvrir la pierre philosophale, presque attendrissants comme ça, barbouillés de cet orgueil infantile de celui qui pense avoir mouché papa. Bien sûr, les notions de péché originel, de doute, de confession et bien d'autres ont depuis longtemps (en fait depuis le début) précédés les découvertes en carton-pâte des anticléricaux, que je trouve pour le coup bien fanatiques : ils voudraient que tous les chrétiens soient des saints ou des croisés hallucinés. Étonnant de qui se plaint justement du trop plein judéo-chrétien de nos mœurs (et on se demande accessoirement à quelle époque mentale ils se trouvent). A trop de bondieuseries, ils rétorquent une mauvaise foi : le seul chrétien digne de leur considération serait un fou de Dominus comme il y a des fous d'Allah. Entre parenthèse, il serait bon pour ces obsédés d'assoupir quelque peu leur nombrilisme et d'arrêter de penser que les chrétiens en ont quelque chose à foutre d'une quelconque considération de la part des antichrétiens, oh, il y en a, c'est certain, mais je pense que ce serait tomber dans un bien pathétique piège d'écouter des païens donner des leçon de foi. Donc lorsque l'anticatholique n'arrive pas à faire bouger le chrétien de son socle dogmatique (pourtant déjà bien entravant) devant ses difficultés à rester de marbre, il l'accuse d'hypocrisie, et qu'à sa place il irait trucider les hérétiques, les athées, les avorteuses, tout ce qu'on voudra, mais que ça serait rock'n roll et sincère. Transparent, en somme. Et voilà l'anticlérical tout satisfait de sa saillie prométhéo-obscurantiste, se dandinant d'orgueil d'avoir placé deux chaises autour de cul du catho qui s'en passait jusqu'ici très bien, puisque ces chaises elles entouraient (et entourent toujours, immanquablement) les fondements secs et coincés de ces anticatho bêlants et soumis à leur incapacité à situer leurs inhibitions là où elles se trouvent : dans leur tête.
Je remarque également qu'assez souvent, lorsqu'un individu soupçonné d'avoir la foi se prononce sur des sujets de société sous un angle purement socio-économique, il se voit immédiatement taxé d'obscurantisme, tout aveuglé de dogmes qu'il est. S'il ose confesser que son point de vue n'a rien de particulièrement religieux (même si les conclusions sont convergentes avec celles de l'Eglise-dans le cas contraire on le renvoie de toute façon à la mauvaise foi hypocrite, quelque soit la rationalité de ses arguments) alors on va rapidement et immanquablement lui opposer tous les poncifs anticatho (guerre de religion, inquisition, responsabilité du SIDA, traumas pédophiliques, place des femmes, etc.. ) qui n'ont pas grand chose à voir avec le problème en question. On lui sort son casier judiciaire, en somme. Car l'anticlérical lui, n'en a pas de casier (qu'il croit). Il est vierge. On ne peut l'accuser de rien. Son anticléricalisme est un humanisme. C'est bien là le problème, la pensée anticléricale flotte dans les airs comme un ballon à la dérive, délestée de toute prise avec le réel (c'est à dire avec les conséquences concrètes qu'entrainent ses positions) au gré du vent des émotions passagères (amours, haines, frustrations diverses de la vie). Ainsi au sujet de la légalisation de l'euthanasie, dont il n'est pas nécessaire d'avoir une idée chrétienne pour en prévoir les ravages, l'anticlérical prendra exactement le contrepied de son opposant, par principe. Et pour commencer l'accusera sans rougir d'un manque de compassion. Déblatérant les notions les plus galvaudées (et accessoirement hérétiques) supposant la volonté des cathos de voir en l'agonie humaine une réminiscence de la souffrance christique ( à l'opposé totale donc des positions de l'Eglise sur l'accompagnement de fin de vie, mais l'anticatho ne s'encombre pas des textes, on l'a déjà dit) on pourrait penser que l'anticatho aurait apprécié que l'on euthanasie Jésus. Bien sûr inutile à cette occasion d'apprendre à l'anticatho l'existence des dispensaires chrétiens qui s'occupent sans discrimination de confession des malades du sida, des lépreux et autres orphelins dans à peu près tous les trous du cul du monde là où les ONG osent à peine poser leurs tongs : ce qui intéresse l'anticatho c'est son petit monde médiatique qui lui montre où et quand s'indigner tout en lui faisant croire qu'il pense tout seul comme un grand. Et le voilà pris de compassion soudaine pour quelques malheureux aux noms desquels il réclame à son tour le fameux droit à piquouser dignement ceux qui le désirent. Comme l'affaire du jeune Sébastien, dont on a bien mal saisi, rien d'étonnant car le propre de l'indignation immédiate étant bien sa difficulté à réfléchir et à comprendre, ma petite saillie. Comme je l'avais écrit en commentaire, ma préoccupation était bien le traitement médiatique de l'affaire : d'une part son passage à la trappe pour cause de JO, on a les priorités qu'on mérite et cela, personne ne semble s'en être offusqué, d'autre part la compassion sur commande pour ce qu'il convenait d'appeler un cadavre. Et si ? Et si ? Et si alors on aurait pu éviter le pire ? C'est à dire on aurait pu le piquouser comme sa mère le désirait il y a neuf ans (mise en examen alors pour tentative de meurtre). Un peu comme cette Chantal Sébire qui avait refusée les soins pour son cancer. L'anticlérical a une furieuse tendance à se choisir des portes-drapeaux boiteux à euthanasier dans sa précipitation à rester le fondement dans son fauteuil par compassion. Bien sûr l'anticlérical fait parfois mouche dans ses reproches aux chrétiens, s'il partage avec eux certains défauts, ce n'est pas vraiment le cas des qualités qu'on a bien du mal à déceler chez lui. Bien sûr l'anticlérical, après avoir endossé à peu près tous les habits neufs et jetables de l'anticléricalisme (y compris celui qui ne dit pas son nom) abandonnera alors immédiatement sa moraline pour parler d'un individualisme (souvent confondu avec de l'égoïsme) salvateur et de son droit à ce qu'on lui foute la paix. Enfin nous serons d'accord. Peut-être aura-t-il saisi que l'hypocrisie est consubstantielle* à l'existence sociale (tiens, du Zemmour) et qu'il en existe différents degrés qui ont eux-mêmes des incidences très différentes sur les rapports humains. Oserons-nous lui sussurer qu'il est bon de déceler quelle hypocrisie est frelatée, mortifère, voire carrément dangereuse et laquelle est noble au point de contribuer, par un majestueux et divin retournement, au bien-être car s'imbriquant presque parfaitement au propre de l'homme en lui conférant nombre de degrés de liberté (confession, pardon, rédemption, etc..) y compris la possibilité du Mal. Mais l'anticlérical n'a qu'un sens de l'hypocrisie, celui dicté par les élites morales lancé à la face de leurs adversaires pour mieux cacher la leur, qui ne souffre d'aucune transcendance. Vieil héritage calviniste largement dissout dans le laïco-athéisme le plus désœuvré au travers de sa moraline nihiliste consistant à confondre les désirs de quelques-uns avec des Lois pour tous c'est à dire réduisant à néant ces quelques degrés de liberté qu'il n'a de cesse de brader. La transformation transparente de l'individu libre, culpabilisant (c'est à dire pensant) en son avatar materné par une société de juristes met donc fin aux siècles de contradictions qui rendaient ce monde respirable. La comédie de l'hypocrisie qui permettait la jouissance par les interdits fait place au mensonge de la jouissance obligatoire (et l'interdiction de souffrir à l'aide de divers droits opposables) qui ne permet plus rien (même pas le tragique) et qu'on pourrait nommer le sérieux de l'hypocrisie. Les sujets atteints semblent être de plus en plus nombreux, le cercle vertueux de la production véritablement industrielle (puisque médiatique) de victimes et de bourreaux nécessaires leur permet d'expulser la haine que ce sérieux engendre. La confusion est telle qu'on ne sait plus s'il faut dire qu'ils combattent le mal par le mal ou le bien par le bien.

*l'absence totale d'hypocrisie a tendance à vous envoyer directement aux urgences psychiatriques ou à vous faire béatifier selon ce que vous en faites, mais on ne peut pas vraiment parler de partie de plaisir

dimanche 3 août 2008

There will be grosse farce


(Par paresse pure, je republie des textes initialement écrits sur Ilys.)


J’ai vu there will be blood. C’était lourd, pesant, grotesque et génial. Mais je n’ai compris ce film qu’après, en apprenant que le réalisateur, Paul Thomas Anderson, qui se surnomme lui-même jusque dans le générique, et j’y reviendrai, PTA, était aussi celui de Punch-Drunk Love et de Magnolia. Il faut avoir vu ces deux films pour comprendre. Bon l’histoire, vous la connaissez, un self-made man, Daniel Plainview qui fait fortune dans le pétrole dans l’amérique début du XXeme siècle. Critique parfaite de l’entreprenariat malfaisant dans son essence et des sectes protestantes anglo-saxonnes hystériques, avec la figure du prédicateur manipulateur. Belles métaphores servies sur un plateau d’argent, comme encore cette terre qui saigne le pétrole, comme scarifiée sans relâche, accompagné d’une musique inquiétante, alors que les images restent sobres et belles. Dès le début, presque tout est dit : scène d’ouverture sur des collines arides avec une musique de film d’horreur, crescendo, Daniel qui creuse, se pète une jambe, trouve du pétrole, adopte l’enfant d’un collègue mort, tout ça sans paroles. Puis de nouveau l’image d’ouverture. Métaphore du personnage principal au cœur sec motivé par la haine de tout, qui ne changera pas, quoiqu’il arrive. Mais au-delà de ça, toute l’architecture étrange du film : il n’y aura pas de grande scènes. En fait, de même que dans les deux autres films, PTA refuse la grandiloquence et va “au-delà du film”. Quand je lis des critiques dithyrambiques, qui parlent de “fresque géniale” sur l’amérique, il y a un problème. Même ceux qui démontent le film n’ont rien compris (la palme aux inrock qui arrivent à placer “aridité bling-bling” chapeau !). Les nombreuses métaphores sont parfaitement mises en scène et maîtrisées, mais à chaque fois où on attend un développement grandiose (violence, amour, haine, révélations) PTA fait tout tomber à plat, en surjouant le pathétique qui devient clairement comique. Par exemple, le frère, qui apparait puis disparait, occasion pour le héros d’avouer sa haine des hommes, mais justement ni pour changer, ni pour affronter un double hypothétique. La narration semble interrompue, coupée, bizarrement bâclée aux moments-clés. Pareil pour le fils, utilisé par Daniel Plainview pour séduire les fermiers, à qui il prodigue de la tendresse, mais qu’il abandonne grossièrement. Pas de violents déchirements père-fils. Pareil pour la confrontation avec le prédicateur, dans des scènes comiques quand ils se battent et s’humilient, en jouant de de leur personnages publics (se mettent des baffes) uniquement pour l’argent. Alors qu’on attend les violons et les coups irréversibles. Et puis la fin, dans la riche maison de Daniel, où il crève de solitude et boit, tout le temps effondré ou tirant dans les murs, où il apparait comme un clown. Cette fin tranche avec tout le reste au niveau des décors, jusque là restreints aux forages et baraques en bois. Un film dans le film. Et c’est là que se précise la deuxième interprétation qui explique cette apparente fumisterie. De la même façon que certains personnages secondaires apparaissent puis disparaissent, comme sortis d’autres films et disant “ah, pardon je suis juste là pour la métaphore”, où qu’une insupportable musique oppressante rappelle au spectateur sa présence en temps que spectateur alors qu’il ne se passe rien de grave à l’écran (comme dans Punch-drunk love) et qu’il n’y a pas d’apothéose sanglante. There will blood est une anti-fresque comme il y a des anti-héros de cinéma. Tout ce que le spectateur attend, il le trouve : vous voulez une histoire bien torchée, de la belle métaphore sur l’amérique et l’argent ? vous en aurez ! sauf que, au dernier moment, ces Grandes Emotions de Cinéma tomberont, seront expédiées vite fait en en surajoutant dans le pathos qui devient comique. Le réalisateur frustre volontairement le spectateur (là où d’autres ont vu des ratages sans rien y comprendre), comme un grand peintre qui fait ce qu’on lui demande avec une grande maitrise, et qui insère des éléments incongrus pour voir toute la mondanité inculte du monde l’art en rester quoi. C’est là le deuxième accès, c’est une critique de la fresque cinématographique. C’est une critique du cinéma en temps que moyen d’expression. C’est une critique de ceux qui pensent que le cinéma peut être militant ou puisse changer les choses (à l’inverses des personnages chez PTA qui ne changent pas). C’est un crachat à la gueule des Coppolas, Scorsese, De Palma, qui, avec une grande maitrise, font des films parfait, trop parfait, sur l’amérique et sont encensés pour cela. C’est un crachat au monde bouffi de suffisance d’Hollywood, pas le Hollywood que tout le monde déteste, vulgaire et bling-bling, justement, mais le Hollywood que tout le monde adore, les Scarface, Parrain et autres Taxi Driver, qui, avec leurs grandes scènes où la musique, les répliques, les mimiques d’acteurs, la lumières sont parfaitement coordonnées pour satisfaire l’appétit du consommateur qui se croit cinéphile, qui se croit devant la “parole révélée” devant une œuvre d’art “qui dérange” alors qu’il est vautré dans un fauteuil pendant deux heures et qui voit ce que tout le monde sait déjà. C’est la tentative de PTA de démontrer qu’on apprend rien sur les hommes et l’histoire avec les codes maitrisés de la mise en scène, que le tragique, le vrai, est forcément comique (et aussi clairement individuel, solitaire, irrémédiable). Et là où les autres sonnent faux, parce que voulant sonner comme une vérité qui n’existe pas à travers ses personnages charismatiques, PTA sonne vrai. C’est énervant, on est frustré, on se dit qu’il se fout de notre gueule, on crie “remboursez !”.

Je reprendrai juste deux des scènes finales : le fils se marie et dit qu’il part faire fortune, qu’il aime son père mais qu’il doit se séparer de lui, avec le langage des signes car il est sourd et avec un interprète, et le père qui l’envoie chier de manière ridicule, en lui disant qu’il est orphelin, bâtard, etc : le père, Daniel Plainview c’est PTA, impuissant à communiquer avec le monde (l’handicapé c’est lui, car il ne ment pas, son rejet du monde forcément hypocrite est exposée sans détour) qui renvoie ce fils avec sa gueule de Happy End ou de Tragical End estampillé Oscar, ce cinéma qui se prend très au sérieux alors qu’il n’est que clichés camouflés. Et ensuite, lorsque Plainview fait crier au prédicateur son imposture, le ridiculisant puis le tuant, c’est la tentative de PTA de renvoyer ce cinéma qui prétend parler du monde, apporter des messages, alors qu’il manipule pour l’argent. Ce que tout le monde sait au fond. Ce cinéma d’auteur qui en coulisse, pue le billet vert, la diffusion en multiplexes pour obèses abrutis caressés dans le sens du poil aussi bien que pour le cinéphile à gueule de rat-Télérama (même et surtout celui qui aime Taxi Driver), avec musique à fond et écrans géants, promotion stupide et humiliante. Ce cinéma à la Oliver Stone, faux rebelle vrai ambitieux. Et puis ce titre “There will blood” qui est génialement racoleur finalement (ça va saigner ?) qui apparait en lettre gothiques au générique, véritable pied-de-nez aux sérieux. PTA ne dit pas autre chose dans ses ratages maîtrisés qu’ Arrêtez de croire que le “grand” cinéma raconte autre chose que les salades que vous vous faites sur vous-même et sur le monde, la vérité, si tant est qu’on puisse l’approcher dans un film, sera forcément “représentée” aussi médiocre qu’elle l’est dans la réalité, et ça, ça ne flatte pas les sens ni l’intelligence, ça met mal à l’aise…

Comme Punch-drunk Love, avec ses personnages absurdes et insupportables parce que trop réels, et ses scènes d’amour qui “font pshitt”, à cause de la difficulté des gens à communiquer, comme dans la vraie vie. PTA insinue cela dans TWBB : vous n’allez pas échapper à votre vie pendant deux heures en faisant semblant de vous “cultiver” avec du grand spectacle, regardant des choses qui n’existent pas tout en croyant que ça a existé, tout en vous pensant intelligent, plus intelligent que l’Histoire, par exemple, la vraie, parce que vous la voyez en film.

NB : les minables critiques des quotidiens, souvent estampillés de gauche, sont risibles de prévisibilité, elles adorent évidemment ce film parce qu’il critique l’amérique que ces tartuffes disent sans relâche et sans danger ne pas aimer (l’entrepreneur suant et avide, les masses à moitiés abruties, le mensonge, l’argent, la violence) tout contents de voir leurs propos gâteux mis en scène de si belle manière. Les mêmes qui étaient passés à côté de cette autre amérique qu’ils ne veulent pas voir, celle du matriarcat étouffant, de la petite entreprise sans gloire ni douleurs, si réelle, l’amérique du harcèlement permanent, de la solitude sentimentale, de la manipulation médiatique qu’il y avait dans Punch-Drunk Love et dans Magnolia.