mercredi 29 avril 2009

L'intervention du législateur est donc devenue indispensable.


Ça y est, ils l'ont fait. L'inceste est désormais "inscrit dans le code pénal". Comme prévu. Stade annoncé de la fin de civilisation. La première phrase de l'article est révélatrice. Droit au but. On ne sait plus de quoi on parle, c'est tout à fait normal. Je cite : "Vers la fin du tabou de l'inceste.". Oui, tout à fait, sérieusement. Avec tout le sérieux inconscient d'une époque qui signe la fin de toutes les autres. On confond, avec toute la logique d'après le monde de la pensée critique, tabou de l'inceste, fondement de civilisation, et tabou sur l'inceste. C'est la même chose pour eux. Et encore, c'est bien le tabou sur l'inceste qui leur semble plus répréhensible que l'acte incestueux. Levons le voile ! Le texte de loi officiel croit faire la différence. On y souligne la différence entre le de et le sur. Sans trop expliquer pourquoi, alors que c'est bien cette différence, ou plutot sa confusion, qui est à l'origine de cet amendement. Numéro 1538. Un petit rappel pour signifier qu'en voulant en faire un crime spécifique, on en fait bien un crime comme les autres. Pour faire plaisir aux victimes, pour bien montrer qu'on ne rigole plus. On ne plaisante plus avec les tabous. Il y a plein de choses croustillantes de désolation satisfaite dans cette proposition de loi. On y apprend, sans sourcer, que 3% de la population française a été victime de ce fléau. C'est beaucoup, 3%. Surtout pour un crime tabou de chez tabou. Ce chiffre sort-il de la dernière étude menée par la commision Estrosi ? Issu d'un sondage du genre l'homme qui a vue l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours ? Avez-vous été ou conaissez-vous dans votre entourage ? Oui ! Plein ! Evidemment ! On en parle pas assez ! On pourrait revenir sur ce terme de fléau. Maladie. Pandémie. Qu'il faut enrayer. Santé publique. Tout un paragraphe sur les conséquences de cet odieu fléau. Allez, un extrait :

Enfin, son intégrité est attaquée : le tabou sur l’inceste (interdit du dire) s’étant insidieusement substitué au tabou de l’inceste (interdit du faire), la société s’est fait le témoin muet de situations pourtant intolérables. Leur singularité sous-estimée et leur « barbarie » ont jusqu’ici fait obstacle à notre entendement et la France s’est de fait privée de nombre des outils indispensables à une prévention et à une lutte plus efficace contre l’inceste. De même, elle n’a su mettre en oeuvre une véritable politique d’accompagnement des victimes.

L’intervention du législateur est donc devenue indispensable.


Oui passons de deux à cinq ans pour les peines de prison encourues! Ça va en calmer quelques uns ! Mais ne nous y trompons pas, tout est bien dans lutte préventive. Flicage. Suspicion. L'intervention du législateur est donc devenue indispensable. Pensez donc. Trop banal l'inceste, dans sa barbarie qui dépasse l'entendement. Allons -y tapons dans le scolaire ! Éduquons !


(1) L’article 4 complète donc le code de l’éducation pour y renforcer l’information sur les violences, notamment sexuelles, et sur les comportements à adopter face à elles, et l’éducation à la sexualité. Des initiatives locales particulièrement efficaces ont été observées par la mission sur la lutte contre l’inceste et cette précision du code de l’éducation permettra de les généraliser, de les perfectionner et de mieux les valoriser.

(2) Cet article complète aussi le même code pour y renforcer la formation des professionnels de l’enfance et de sa protection sur les questions des violences sexuelles tout en favorisant l’émergence de plus fortes interactions entre les professionnels par la pluridisciplinarité et la mise en commun d’une partie de leur formation. C’est la une disposition particulièrement attendue par les acteurs de terrain pour lesquels la création de réseaux interprofessionnels est devenu un outil indispensable.

(3) Le parcours judiciaire, très souvent période de stress intense pour la victime qui est appelée à revivre son agression et à se confronter à un système dont elle ne comprend pas nécessairement le fonctionnement, est anxiogène et générateur de tensions voire de conflits. Ceux-ci nuisent naturellement aux victimes. Mais ils mettent aussi en cause le bon déroulement des procédures et exposent les professionnels. Il est donc apparu plus que nécessaire de donner à ces professionnels les outils, notamment en matière de psychologie, utiles à la réalisation de leur mission dans les meilleures conditions.

(4) Enfin, l’article 5 permettra à l’audiovisuel public d’accomplir une mission d’information sur la santé et la sexualité dans laquelle s’intègre la prévention contre les violences sexuelles notamment à l’encontre des mineurs.

L'audiovisuel public à la rescousse ! L'immaculée télévision ! Maman virtuelle , protège-bous du mâle ! Quand on sait que l'étude statistique prenait en compte les "vidéos à caractère pornographiques" qu'un adulte pouvait soumettre à un enfant comme crime incestueux. Ce n'est pas dans un talk-show qu'on va vous étalez en large et en travers les détails de touche pipi de Mme X qui écrit un livre là dessus, pour dépasser tout ça. On trouve même le terme de résilience dans ce texte, comme ça, pour bien montrer qu'on a rien compris à rien, mais ce n'est pas grave, les bulldozers sont avancés.

Alors que 3 % des Français ont déjà souffert de ce fléau, il est de la responsabilité du Législateur d’apporter une réponse de justice, protectrice et disposant à la résilience.

Maman-Etat est là, mon petit. L'intervention du législateur est donc devenue indispensable.

Allons à l'essentiel, c'est bien là la signature définitive de la fin du Patriarcat, reposant sur des règles aussi vieilles que l'histoire, de Sophocle à l'ancien testament en passant par absolument toutes les cultures des micro-société primitives. On charge ce patriarcat de tous les maux, même de ceux qu'il savait le mieux réprimer pour sa stabilité même, en élevant au passage la parole de l'enfant comme absolue vérité, et dont on se charge de fournir les termes-clés qui sauront tenir le paternel un peu trop présent à distance. De cet interdit religieux, fondamental, sacré, on en vient à un crime des plus banals, qu'une cours d'assise se chargera de régler à sa juste mesure, lavera à sa façon aseptisée. C'est l'éclatement de la notion de famille et de son double organique, la civilisation, qui se déroule ici, par ces substitutions de langage, de faute, de responsabilité, de suspicions. Plus rien n'est sacré, tout est pénal. Horizontalisation du péché. Le père est aujourd'hui un criminel potentiel et son crime d'inceste révélé ou non, un crime comme les autres. Il est donc à prévoir que les crimes incestueux réels vont se multiplier, à cause de cette civilisation terminale qui jette le père avec l'eau de la Loi et qui fait trôner l'enfant martyr fantasmé à sa place. Avec son infect jargon qui ne sait même plus comment cacher la répulsion que lui inspire cette famille qu'ils rêvent tellement de voir aux ordres, c'est à dire morte.

Plus largement, c’est aussi la société dans son ensemble qui souffre de l’inceste. Ses fondations sont attaquées : la famille, espace de protection, d’amour et de socialisation par excellence devient dans un climat incestueux le lieu du martyr de l’enfant et l’outil d’annihilation de sa parole. Sa principale richesse est attaquée : l’enfant, citoyen en devenir, porteur de nos espérances les plus essentielles, est nié dans son humanité.

J'attends pour ma part le jour sacré où l'on comprendra que c'est bien toute cette civilisation post-moderne qui, en croyant protéger la famille de ses écueils, se substituant à elle, la fait imploser, avec toute la haine que lui inspire le sacré et le privé, c'est à dire le patriarcat, sa liberté et ses risques conséquents. Que ce sont bien l'Etat et ses lois qui sont désormais, à un stade global, en état d'inceste permanent envers la civilisation.





vendredi 10 avril 2009

Minimum syndical