<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss'><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283</id><updated>2009-12-30T12:21:49.809+01:00</updated><title type='text'>La cage aux phobes</title><subtitle type='html'>Regards par le trou de la serrure de l'époque.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default?orderby=updated'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default?start-index=26&amp;max-results=25&amp;orderby=updated'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>88</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-5584900659774450112</id><published>2009-10-28T18:35:00.017+01:00</published><updated>2009-11-30T20:03:30.049+01:00</updated><title type='text'>Péché originel</title><content type='html'>Publié sur Ilys le 25/05/09; republié ici à l'occasion de la sortie en salles du film "Le Ruban Blanc" de Michael Haneke.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://ilikeyourstyle.net/wp-content/uploads/2009/05/palm-sunset-boulevard.jpg" mce_href="http://ilikeyourstyle.net/wp-content/uploads/2009/05/palm-sunset-boulevard.jpg"&gt;&lt;img class="alignnone size-full wp-image-7232" title="palm-sunset-boulevard" src="http://ilikeyourstyle.net/wp-content/uploads/2009/05/palm-sunset-boulevard.jpg" mce_src="http://ilikeyourstyle.net/wp-content/uploads/2009/05/palm-sunset-boulevard.jpg" alt="" height="342" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;Je tombe sur un documentaire extraordinaire "Des bébés à carte",  magnifiquement réalisé par Franke Sandig et Eric Blake, diffusé sur France deux, tard dans la nuit. "Californie, le &lt;i&gt;business&lt;/i&gt; de la reproduction assistée". Une myriade de personnages représentatifs du roman moderne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La "surfeuse", appelons la Jane, jeune, blonde aux yeux bleus, bronzée. Fade mais très demandée. Vend ses ovules. Suit des traitements, arrive à produire jusqu'à onze œufs par cycle, à 4000 dollars le lot. "A ce prix, les gens font une affaire" ajoute-t-elle de son sourire immaculé. A chaque fois qu'elle vend, elle augmente de deux mille dollars les tarifs. Il a fallu qu'elle soit mariée et ait eu des enfants pour pouvoir "donner", c'est la loi. On la voit passer une journée avec ses mouflets à trainer dans un &lt;i&gt;video games center&lt;/i&gt;. Les filles qui donnent leurs œufs-on appelle les ovules "eggs" en anglais, ça parle-on les appelle les &lt;i&gt;anges&lt;/i&gt; au centre de don. La porte-parole affirme en riant "les gens sont hypocrites, ils disent tous préférer l'intelligence, au final ils choisissent tous les donneurs les plus beaux". Il y a des séances-photos organisées pour les cv, les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;anges&lt;/span&gt; sont souvent étudiantes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;On fait un tour dans les bureaux, situés dans un étage d'un building de L.A. Que des femmes. Au téléphone, elles appellent des donneuses en "attente" : "J'ai une excellent nouvelle, on vous a trouvé un couple". Un couple, Bob et Diane, Diane parle Bob se tait. Diane a la quarantaine bien tapée, est ingénieur dans l'aérospatiale. Bob, qui tient les mains de Diane lorsqu'elle parle de son "besoin d'enfant" répond par &lt;i&gt;yes madam&lt;/i&gt; lorsqu'elle s'adresse à lui. Il rigole, mais on a tout compris.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le cour de l'éjacula est à 75 dollars. Il paraît qu'il y eut une baisse des dons dans les années 90 mais qu'internet a tout révolutionné : CV des donneurs en lignes, expéditions réfrigérées, sécurisée, à bas coût. Le centre appartient à Bill Handel, qui est également animateur radio.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Bill s'interroge dans ses émissions sur les avantages et inconvénients de son petit business. Bill est évidemment convaincu de faire le bien. Ses deux filles ont d'ailleurs été conçues par FIV. Il a choisi leur sexe. Les FIV permettent entre autres d'écarter les embryons comportant des gênes porteurs de maladies. Maladie est à prendre au sens large. Bill est juif, lorsqu'il fête shabbat, la petite famille porte des espèces de kippas fun en forme d'animaux. Chauve, gras il porte des chemises hawaïennes et cuisine des produits qui portent sa photo promotionnelle, comme c'est souvent le cas pour les vedettes américaines; poulet eux épices et saucisses. Dans une de ses émissions, il interview une généticienne décolorée qui déclare que la politique eugéniste nazi était inspirée techniquement d'un programme américain. Bill déclare qu'il ne comprend même pas "pourquoi les gens font encore l'amour pour procréer". C'est "beaucoup trop risqué".&lt;/p&gt;&lt;p&gt;John est généticien, quadragénaire. Il roule en porche. On le voit se tailler la barbe au réveil dans sa superbe maison où il vit seul avec son yorkshire, manger des corn-flakes en peignoir en avalant des vitaminesau petit-déjeuner. En conduisant de nuit dans sa décapotable, il décrit l'avenir, fait de chromosomes supplémentaires qui permettront de combattre toutes les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;maladies&lt;/span&gt;. D'humanités nouvelles. On aperçoit des sdf qui dorment sur des cartons, nombreux. Il prévoit une population scindée en deux groupes : les beaux, en bonne santé, bébé-éprouvettes, et les normaux. Etant donné le coût des opérations, les beaux-intelligents en bonne santé seront aussi probablement plus riches que la moyenne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sarah, la mère porteuse de l'enfant de Bob et Diane, conçu en fait à partir de sperme et d'ovules de donneurs. Sarah touchera 50 000 dollars, elle dit d'ailleurs que c'est un vrai travail. Très valorisant. Le bébé ? Elle dit ne pas s'y attacher.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Francis, le "bébé Nobel" environ 25 ans, nommé comme cela car issu d'un soit-disant programme de don de sperme de prix nobels, en fait essentiellement des types aux QI très élevés. Il vit avec sa mère, dans une baraque pourrie, mais a un QI de 180, comme son père qu'il ne connait pas. Il déclare ne rien &lt;span style="font-style: italic;"&gt;avoir à faire&lt;/span&gt; de son père, qu'il n'est qu'un&lt;i&gt; amas de cellule&lt;/i&gt;s. Plus jeune, les autres enfants l'appelaient "spermato". Il apprend en même temps que nous que sa mère elle-même faisait passer les entretiens aux donneurs. Il cherche à en savoir plus. Sa mère toute-puissant le titille. Dit que ça n'a aucune importance. Francis est maigre et plutôt laid. Il se balade le long de la plage, au milieu de la foule, regarde les culturistes dopés comme des chevaux, hommes et femmes, soulever de la fonte en maillots de bain. Gros plans sur les muscles aux veines gonflées, bronzage huileux. Des jeunes spectatrices latinos pouffent. Il finit par faire du yoga sur la page, au soleil couchant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, à aucun moment on ne voit ni n'entend un donneur de sperme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img src="file:///C:/DOCUME%7E1/PROPRI%7E2.CHA/LOCALS%7E1/Temp/moz-screenshot.png" alt="" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SuiCNYgwk-I/AAAAAAAAASw/5-9gSipKlyg/s1600-h/le-ruban-blanc_articlephoto.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 232px;" src="http://4.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SuiCNYgwk-I/AAAAAAAAASw/5-9gSipKlyg/s400/le-ruban-blanc_articlephoto.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5397707319833301986" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J'apprends que la Palme d'or du festival de Cannes a été attribuée à Michael Haneke pour Ruban Blanc. Film en noir et blanc traitant des traditions oppressives dans un village du nord de l'Allemagne au début du XX eme siècle. Le Monde :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Le Ruban blanc est l'évocation des sévices qu'une société d'adultes, notables, puritains, rigoristes, inflige à ses femmes, ses enfants, ses administrés. C'est l'inventaire des caprices et des châtiments perpétrés par des fous d'autorité, fous d'ordre, de censure. Allant jusqu'au viol et à l'inceste (le médecin congédie la sage-femme pour s'en prendre à sa propre fille), ces abus génèrent haine de soi et rituels punitifs : voilà l'explication des événements qui troublent le village. Il s'agit de "punir la faute des pères sur les fils".&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Ils ont eu raison. De donner cette Palme à ce film. C'est dans la logique générale. Il vaut mieux ne pas savoir dans quel monde on vit &lt;span style="font-style: italic;"&gt;aujourd'hui&lt;/span&gt;. Qu'ils continuent de se gargariser d'excès de patriarcat archaïque et de vigilance quant à son éventuel retour. Ils ne savent même plus ce qu'ils cachent avec leurs écrans de fumée.&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;C'est dans un noir et blanc splendide que se déroule ce film impressionnant et implacable. On le situe quelque part dans la lignée du Losey des Damnés, ou de La Nuit du chasseur de Laughton, à cause de la figure maléfique du prédicateur. D'un Clouzot. D'un Bergman naturellement, tant planent la hantise du péché et une sexualité mortifère. Mais Le Ruban blanc assène un ton particulier, avec ses bourreaux aux yeux bleus et tignasses blondes.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Et c'est ironiquement le matriarcat technologique et &lt;i&gt;marchandisé&lt;/i&gt; qui remet au gout du jour les petits blonds aux yeux bleus. Pétants de santé. Mais contrôlés. Surveillés. Par leur mère cette fois. Pétris de moraline, c'est à dire de rien. Dans un monde qui ne reconnait pas d'enracinement, de constance, de valeur, de passé, c'est à dire de Père.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La thèse d'Haneke est faible. L'excès d'autoritarisme mènerait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;par réaction&lt;/span&gt; au nazisme ? Il faudrait se pencher un peu plus sur les changements fondamentaux opérés en Allemagne au début du XIXème siècle, sur la sensation d'irréalité qu'ils ont généré. Qui plus est dans les campagnes et les petits villages. L'impuissance face au monde technicisé naissant, rationnel, froid, dénué de chair et de sens, qui engendre une passivité collective, une volonté de fusion dans l'oubli, dans les idées de grandeur et de pureté dégénérées. Une solution allemande. Il y en aura d'autres. Mais ne comptons pas sur Haneke et ses clones pour les voir venir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;  Allemagne, Californie. Ils croient pouvoir se sortir du péché originel, là encore ? Ils le réinventent. Pas de terres à annexer car toutes les terres sont désormais semblables. Mais au final, toujours la pureté. L'immortelle innocence. La peur de sa propre ombre. A l'heure du métissage creux, l'aryen sur catalogue est un best-seller. La faute assimilée aux gênes imparfaits. Et s'ils avaient raison ? De la manière la plus fondamentale qui soit ? Déjouer Dieu, le hasard, la vie, là où ils se croyaient intouchables ? Le bonheur assimilé à la santé ? Donc au rien ? La pomme est dans l'éprouvette et le serpent porte une blouse blanche. Les morts-nés vivront-ils ? Ou est-ce que leur chute elle-même ne sera qu'un long silence ? C'est que ça ne se sabote pas comme ça, un non-projet. Est-ce que ça se sabote d'ailleurs autrement que par le suicide sous ses différentes formes ou le massacre inédit ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D'ici-là on continue à distribuer des Palmes d'Or pour des œuvres qui ont 75 ans de retard et à ignorer les faits qui dévoilent tout avec 20 ans d'avance.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;add 28-10-09: je m'avançais peut-être à propos d'Haneke, j'ai peut-être tout faux. Peut-être fait-il lui-même clairement la liaison entre le Bien totalitaire d'hier et d'aujourd'hui en réaction à la chute du patriarcat sous ses ruines successives et les conséquences désastreuses chez les jeunes générations. En tout cas, il est certain que ses laudateurs ne la font pas. La façon qu'ils ont d'opposer la rigueur sexuelle protestante d'antan avec la promotion scolaire actuelle des mœurs libertaires&amp;amp;tolérants traduit leur incompréhension totale des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;mécanismes sociaux en période de crise post-patriarcale&lt;/span&gt; (pléonasmes). C'est à dire de l'excès.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-5584900659774450112?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/5584900659774450112/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/10/peche-original.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/5584900659774450112'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/5584900659774450112'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/10/peche-original.html' title='Péché originel'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SuiCNYgwk-I/AAAAAAAAASw/5-9gSipKlyg/s72-c/le-ruban-blanc_articlephoto.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-7482664211761143921</id><published>2009-11-11T17:14:00.006+01:00</published><updated>2009-11-12T12:43:12.748+01:00</updated><title type='text'>La vigilance de masse, fallait pas l’inventer</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SvrkZK2og_I/AAAAAAAAATI/VGBcBHbrCS0/s1600-h/prevention-campagne-action-innocence.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 262px; height: 260px;" src="http://1.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SvrkZK2og_I/AAAAAAAAATI/VGBcBHbrCS0/s400/prevention-campagne-action-innocence.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5402881824045695986" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’affaire Mitterrand n’a pas finit de me faire rire. Oui, car il faut garder le sens de l’humour. Et ça je ne le vois dans aucun des camps qui se sont dessinés, quoique Marine Le Pen dans un récent communiqué ne soit pas tant en reste que cela*. Il faut bien admettre que nous sommes essentiellement  en face d’un duel de moralistes. Moral contre Moral. On peut donc se gondoler (hystériquement ?) de voir le journal Le Monde dénoncer les « chasses à l’homme », Bernard-Henri Lévy fustiger le « nouvel ordre moral » et Daniel Cohn-Bendit conseiller le ministre de la Culture d’ «attendre de voir le dossier  [Polanski]» avant de s’exprimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a peut se délecter plus généralement des dénonciations d’hystérie dont se rendrait coupable le peuple contre ses élites. On en oublierait donc presque les vigilantes campagnes anti-pédophiles lancées par ce gouvernement, qui plus est concernant, ô douce ironie, les dangers d’Internet. On a donc pu voir, entre autres, un spot télévisé mettre en scène Mme Toutlemonde laissant naïvement rejoindre dans la chambre de son fils des pornographes, des néonazis, des personnages de jeux vidéos violents et un pédophile typé. On a sommé Mme Toutlemonde d’être beaucoup plus concernée face à ces dangers. Il semble que Mme Toutlemonde ait malheureusement parfaitement reçu le message. Mais elle n’a pas tout compris non plus Mme Toutlemonde : Internet c’est fait pour fliquer Internet, c’est à dire M. Toutlemonde, pas pour réagir aux affaires de mœurs des ministres et des peoples. Les ministres et les peoples, ils se confessent dans des livres ou à la télé, mais il ne faut pas les vigiler. La vigilance a ses limites. Il va falloir redoubler de pédagogie. D’ailleurs, avant cette affaire, nous avions eu le délicieux spectacle, suite à la diffusion d’une vidéo d’un ministre faisant une blague sur Ali-Baba et les quarante voleurs auvergnats, de Jean-François Copé exprimant clairement le fait que le coupable, au fond, c’était Internet. Qu’il faut réguler. On veut bien exposer sa vie privée, de Ségolène à l’accouchoir ou des idyles dysneylandisées du Président, user du web pour faire de la morale préventive ou des campagnes électorales, mais il ne faut pas que ça se retourne contre soi. Faut-il s’étonner d’un certain ressentiment dudit peuple contre les élites en tout genre ? Il faut manifestement croire que oui. Et là encore c’est le peuple qui est hystérique, pas un ministre sautant à la rescousse d’un artiste ou un gouvernement mettant en garde contre les dérives en tout genres, du tabagisme aux excès de vitesse, de la grippe H1N1 aux périls de la planète, tout cela en appelant sans cesse et sans rougir à la sacro-sainte Transparence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est cette même sacro-sainte transparence qui a repris le dessus lors de la mise au point de Frédéric Mitterrand au journal de TF1. Je ne gloserai pas sur, là aussi, l’ironique appel au pardon chrétien à une époque ou absolument aucune personnalité médiatique ne s’est élevée contre les cabales concernant les propos détournés du Pape à propos du port du préservatif, le discours tronqué de Ratisbonne, ou plus généralement la foi chrétienne et sa visibilité : là, la fosse à purin d’internet est une merveille de liberté d’expression et les autres médias ne sauraient être en reste. Sur d’autres sujets mineurs, aucun responsable politique ou médiatique ne semble non plus se préoccuper une seule seconde des massacres et traitements ignobles dont sont victimes les même chrétiens à cause de leur foi pour des affaires qui n’ont pas trente ans et ne traitent pas d’histoire de fesse, en Inde, en Egypte, en Algérie ou encore en Irak. Non, je ne tomberai pas dans la facilité de l’hystérie populiste, je suis bien au dessus de ça, moi mon truc, c’est sauver Polanski des griffes de l’injustice américaine qui ne connait pas la prescription. Là, je suis intarissable. Je monte au créneau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus sérieusement, Frédéric Mitterrand devrait savoir que l’authentique pardon chrétien n’a plus court en temps de repentance. Parlerait-il alors d’une autre forme de pardon, plus moderne ? Frédéric Mitterrand pense-t-il, peut-être à raison, que confession vaut pardon à condition de rejoindre immédiatement le camp de la transparence et de la morale et de ne pas pardonner le prochain pécheur? Il aura donc eu l’esprit de condamner fermement toute forme de tourisme sexuel, toute forme de prostitution et, quant aux désirs coupables envers les mineurs, une telle ignominie n’est même pas soutenable et ne saurait être soutenue. Avis aux amateurs. Si à l’envi une autre personnalité venait à être aux prises avec tel genre d’affaire, elle sait ce qu’elle aura à réclamer : le pardon tout en promettant de ne pas pardonner au suivant. Tout en vomissant les cabales. On veut bien donner des leçons de morale au peuple, encore, encore et encore, mais il ne faut surtout pas que ce dernier s’avise d’attraper la grosse tête dans ce domaine. Pour qui elle se prend, la populace ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, on a pas fini de rire des mésaventures de Candide à Tartuffeland et de se réjouir du spectacle désolant des hérauts de la surveillance généralisée des masses contre elles-mêmes s’étrangler de constater que leur créature est capable de mordre un des doigts de la main qui l’a dressée pour ça. Enfin, mordre : il restera tout de même à démontrer que c’est le peuple, et pas ses élites, qui bafoue l’égalité de traitement et se laisse emporter par ses émotions. Quant à internet, on lui souhaite bien du courage, un lieu de contradiction et de propagande presque libre ? Mais quelle horreur !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Marine Le Pen conseillait en effet au pékin moyen s’il lui venait à être pris pour un excès de vitesse au volant, de promettre, afin d’éviter le PV, qu’il ne recommencerait plus. F. Mitterand va donc plus loin en jurant de dénoncer les autres&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;NB : on trouvera une excellente approche-par le détail linguistique-de ce genre d'affaire &lt;a href="http://ilikeyourstyle.net/2009/11/11/les-barbouilles-et-linternet/"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-7482664211761143921?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/7482664211761143921/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/11/la-vigilance-de-masse-fallait-pas.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/7482664211761143921'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/7482664211761143921'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/11/la-vigilance-de-masse-fallait-pas.html' title='La vigilance de masse, fallait pas l’inventer'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SvrkZK2og_I/AAAAAAAAATI/VGBcBHbrCS0/s72-c/prevention-campagne-action-innocence.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-4593016521272848851</id><published>2007-09-25T21:33:00.003+02:00</published><updated>2009-09-26T23:21:48.947+02:00</updated><title type='text'>"Chez nous, y'a pas de pédés..."</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp3.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/RvluKgVa0xI/AAAAAAAAAFs/ujQb7iIsJaE/s1600-h/MagrittePipe.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp3.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/RvluKgVa0xI/AAAAAAAAAFs/ujQb7iIsJaE/s320/MagrittePipe.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5114239978613429010" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Voilà ce que j'entends de la bouche, traduit bien sûr, de Mahmoud, "invité" aux states. La scène, filmée, était reprise par Canalplus (plus de quoi ?), dans la bruyante et insupportable émission "le grand journal" où défilent régulièrement les reliques du PS et ses supporteurs intermittents. Plus précisément dans la chronique "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le petit journal people de Yann Barthès&lt;/span&gt;",  parfaite face de cul clonée des nouveaux curés de l'ordre moral&amp;amp;mondial. Ce nouvel inquisiteur, looké bobo, officie dans la grimace. Sa présentation stylée chiottes immaculées qui sentent bon le citron consiste à commenter de petits extraits vidéos sur le ton de l'effarement sarcastique, où des personnes connues, ou non, d'ailleurs, se trouvent dans des situations ridicules et sont donc, comble de l'originalité...ridicules. Voilà où se situe le niveau de l'iconoclaste chez Canal, et à la mine satisfaite dudit Barthès, haussements de sourcils, yeux ronds ou plissés, sourires de connivence, phrasé de chroniqueur blasé, agrémenté de "houuu" "oulalala", il est au sommet de son art. Difficilement dépassable en effet dans le crachat sans risques : nul autre intention  que de s'élever à peu de frais. Britney Spears a des grosses fesses : c'est drôle. Des jeunes de l'UMP dansent mal : hilarant. Une inconnue toilette un chien : on se pisse dessus. L'humour, c'est la flatterie à la portée des caniches, chez canal. Car  le roi-téléspectateur en attraperait un lumbago à se tortiller d'aise, ainsi courtisé, sinon flagorné, par ce spectacle des ridicules offert avec tant de dévouement et d'audace par les chantres de la tolérance branchée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais attention.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;On rigole, on se bidonne&lt;/span&gt; sur le plateau-version ricanement et clin d'oeil- des fois, il y a des sujets graves.&lt;br /&gt;Des sujets où on ne plaisante plus du tout.&lt;br /&gt;Silence glaçant et regards vigilants.&lt;br /&gt;Car Mahmoud a dit, dans lors d'un colloque sur le sol américain : "chez nous, il n'y a pas d'homosexuels".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gloups.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Horreur et damnation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'ailleurs, son hôte américain, courageux,  le lui dit à Mahmoud : "Vous êtes ridicule ".&lt;br /&gt;Et Yann, en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;première ligne&lt;/span&gt;, offrant son torse aux balles iraniennes, son corps aux sabres des mollahs, sa chevelure soigneusement entretenue aux flammes d'une fatwa, rétorque, yeux dans les yeux (enfin, de la caméra), sans ciller, sans trembler ni frémir : "Et oui il n'y pas d'homo en Iran..Il n'y a pas non plus de reportage canadien qui démontre le contraire, ne regardez pas ce qui suit car vous n'avez pas d'yeux ..." (notez la construction dialectique, le second degré qui fait trembler les perses).&lt;br /&gt;Suit un reportage flash halluciné de 12 secondes où on voit des types dans une boite gay, puis derrière des barreaux, puis, torturés. En Iran, on suppose, donc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là, j'ai eu honte de moi. J'avoue. Oui, parce que j'ai ri quand j'ai vu Mahmoud. Avec son petit sourire en coin. Le mec qui se fait huer, insulter en public pendant une heure et qui arrive à sortir des vannes comme ça, du tac au tac moi je dis &lt;span style="font-style: italic;"&gt;respect&lt;/span&gt;. Taper là où c'est sensé faire mal et voir les mecs se tordre de douleur et d'effroi avec autant de sincérité, mieux que des footballeurs italiens, moi, je ne résiste pas.  Car c'est bien clair : Mahmoud a blasphémé. Oui oui. Ici en Europe ou là-bas aux USA, pareil. Il a touché aux vaches sacrées.  Démonté les veaux d'or. Caricaturé les prophètes de la gay pride.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Geste politique, évidemment, lancé aux autres pays musulmans, tribune rêvée. Pointer du doigt les victimocrates de l'occident, toute la bigoterie post-démocratique pour bien faire comprendre aux rescapés du patriarcat version Maghreb ce qui les attend dans le package islam modéré.  Mais qu'en retiennent les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;lumineux &lt;/span&gt;médiateux occidentaux, ceux qui courent chercher la baballe en aboyant ? Un manichéisme à la hauteur de leur subtilité. Qui pour l'observateur neutre, s'il en reste,  se résume à Obscurantiste contre Obscurantiste. Les Classiques contre les Modernes. Débattre du sexe des homos. Homophiles contre Homophobes. Un extrême en appelle un autre ? Qu'importe ! Vous êtes sommé de choisir votre camp.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car Mahmoud, en lanceur de baballe expérimenté, n'a pas dit : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;mort aux fiottes&lt;/span&gt;, ou l&lt;span style="font-style: italic;"&gt;es pédales on les crame&lt;/span&gt;. Non, non non. Il a dit que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;chez lui,&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ça n'existe pas&lt;/span&gt;. Il n'est pas croyant. Et quand bien même il verrait, car je ne pense pas qu'il ignore qu'en Iran &lt;span style="font-style: italic;"&gt;aussi &lt;/span&gt;ça chauffe dans les backrooms, il verrait donc, deux hommes se rouler une grosse pellasse, se marier, et adopter, chez lui, devant lui, il continuerait à dire, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;désolé, ça ne prend pas&lt;/span&gt;. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;J'y crois pas à votre truc&lt;/span&gt;. Sourire en coin. Il a tout compris des leviers occidentaux. De ses totems et tabous revisités. Ravi de provoquer le néo-calotin à la Yann Barthès. D'entendre hurler les culs-bénits du métissage. De voir s'élever les fourches et les torches des associations gays,bi, trans&amp;amp;lesbiennes. D'admirer les râles des bienpensants asphyxiés par l'odeur du souffre de l'incroyance. De regarder se noyer ces &lt;span style="font-style: italic;"&gt;démonteurs de tabous&lt;/span&gt; dans leurs propres interdits qu'ils produisent chaque jour en quantité industrielle.  On ne pouvait trouver meilleure provocation, meilleur miroir tendu à ceux-là mêmes qui se gargarisent de tolérance, d'égalité, de liberté et d'humour &lt;span style="font-style: italic;"&gt;dérangeant&lt;/span&gt;.  A ceux-là mêmes qui se ridiculisent avec tant d'efforts en n'ayant peur que d'une chose : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ne pas penser&lt;/span&gt; comme &lt;span style="font-style: italic;"&gt;eux-mêmes&lt;/span&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-4593016521272848851?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/4593016521272848851/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2007/09/chez-nous-ya-pas-de-pds.html#comment-form' title='42 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/4593016521272848851'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/4593016521272848851'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2007/09/chez-nous-ya-pas-de-pds.html' title='&quot;Chez nous, y&apos;a pas de pédés...&quot;'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/RvluKgVa0xI/AAAAAAAAAFs/ujQb7iIsJaE/s72-c/MagrittePipe.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>42</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-3060522228711966288</id><published>2009-09-17T21:14:00.002+02:00</published><updated>2009-09-17T22:34:54.637+02:00</updated><title type='text'>Mnésie</title><content type='html'>Je profite du fait d'avoir mis en ligne le texte (post ci-dessous) de Muray sur Balzac et d'avoir proposé une analogie avec un autre texte de Muray (sur Céline "L'avant-garde rend(...)") pour clarifier un autre texte sur Bégaudeau et Tarantino publié sur &lt;a href="http://ilikeyourstyle.net/2009/09/10/begaudeau-na-t-il-vraiment-rien-a-dire-suite/"&gt;Ilys&lt;/a&gt;. Je m'excuse par avance de mêler les noms de ces deux-là à celui de Muray ou Céline, ils ne sont en effet qu'un prétexte...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'en redonne une partie :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;En effet le cinéma de Tarantino est essentiellement basé sur l’action, même lorsqu’il parle, et il est fort bavard (”chez Tarantino, l’action est essentiellement parole” je cite, toujours le même article), le personnage tarantinnesque ne pense pas énormément, comme Bégaudeau, et le fait savoir. C’est alors toute sa conception du monde qui s’exprime, et qui fait tourner le monde, un monde de blabla débilo-fun, entre deux rafales sur des nazis virtuels. En cela, en effet, Tarantino “rend le monde meilleur”, comprendre le monde idéal peuplé de zombies consuméristes, parfaitement égaux dans la décérébrération volubile expansionniste, que Bégaudeau déclame tel un prophète de salle des profs collège de banlieue.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le cinéma US, en cherchant à faire du gros pognon avec la profonde satisfaction que ressent l’individu lambda perdu dans un monde merdique lorsqu’il débranche son cerveau quelques instants, de plus en plus longs, solde bien “toutes les guerres” : pourquoi l’individu lambda irait se faire trouer la peau, pour quels convictions, idéologies, buts, fois, terres, au fait ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;J’ai fait l’erreur de croire qu’il n’y avait pas de sens dans l’article de Bégaudeau. Il n’y en a pas, évidemment, &lt;em&gt;mais cela fait sens&lt;/em&gt;, comme on dit à France-Info, le but, pourtant évident, de l’article était bien une apologie du non-sens et de la débilité comme moyen et but du pacifisme (ce massacre de l’intelligence, du beau, du différent, de la pensée), un no brain’s land radieux pour ectoplasme prolixe.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Formidable aveu donc, du socialisme en territoire marchandisé, qui comprend enfin que ce qu’il désire de tout son être, c’est le néant de l’esprit par la noyade sous des tonnes de discours absurdes et demeurés, et qu’en cela, Hollywood est son ami.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Quelque part, dans cet article de Transfuge, on vient de passer un cap. Oh c’était déjà dans Entre les murs, le fait que le rouleau-compresseur des voix qui ne disent rien et qui ne s’arrêtent pas de déballer leur crétinerie sont l’horizon indépassable du socialisme à bout de souffle. Le point de ralliement est trouvé, le moyen et le but s’accordent, la fusion opère.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Muray parle dans "L'avant-garde(..)" de la massification du monde moderne alliée, ou plutôt appuyée par la technique. Les avant-gardes (culturelles, artistiques) se basèrent, d'une manière ou d'une autre (attraction : futurisme, rejet : dadaïsme, fusion : marxisme), sur cette technicité pour proposer leurs visions et leurs souhaits du monde à venir. Toutes échouèrent car incapables de s'appuyer sur du concret, du réel, de l'éternel, de l'historique : du passé elles faisaient toutes table rase (même et surtout celles qui prônaient le retour à un age d'or fantasmé). Seul Céline ayant créé un style radicalement novateur pouvait s'extraire de ces avants-gardes pour raconter ce XXième siècle en déroute.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais tout le monde n'est pas Céline. Revenons ainsi à nos moutons tarantino-bégaudesques, nos avants-gardes à nous. Que font-elles ? Elles accumulent le bla-bla, les anecdotes décalées, prônnent le bavardage tout azimut, les interruptions incessantes du récit. "Entre les murs" et "Pulp fiction", même combat. Le découpage achronique de Tarantino souligne bien que l'histoire du film n'a que peu d'importance, seules les scènes, les interactions soit-disant particulières (souvent par le biais d'un tiers, d'ailleurs) comptent, dans les classes d'"Entre les murs", le fil directeur de l'école, l'enseignement, ne compte pas, seules les manifestations pulsionnelles des élèves au langage coloré ont de l'importance. Chez ces deux-là, de l'Histoire on fait table rase : la place est ainsi dégagée pour la massification bruyante qui se fait passer pour de l'épanouissement individuel vers un avenir radieux de décérébrés bavards et, surtout, condition nécessaire, amnésiques (nécessaire mais non suffisante : manque l'éloge de l'oubli, c'est à dire l'éloge de l'oubli qu'il y a de l'autre, de l'ailleurs, du différent, du passé, éloge prise en charge par les films sus-cités et les clones du même acabit).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On m'objectera que le triche avec Tarantino, que justement, les anecdotes et historiettes que narrent abondamment les personnages de ses films sont autant de passerelles vers l'extérieur, le passé, que ces personnages débordent du film (quand ce n'est pas le style lui-même qui est un hommage à d'autres genre, voir le navet "Kill Bill"). C'est pourtant faux : cette jactance incontinente n'est là que pour donner de la densité aux personnages (souvent armés et sur le point d'exploser, restons fun et subtiles), et l'effet fonctionne. Ces anecdotes n'ont jamais pour but de proposer une extension de la scène, une véritable métaphore qui s'inscrit dans la linéarité (d'ailleurs elle-aussi charcutée pour créer un effet de mémoire, une sorte de préexistence des personnages)  elles n'ont pour vocation que la densification des scènes de violence, c'est à dire l'évacuation brutale et jouissive de la mémoire, de la culpabilité, de l'enchainement causal, des doutes. L'impression qui en ressort est donc celle d'une espèce de fuite permanente, de coupure libératrice, de virage salvateur. On n'a jamais, je crois, décrit quelque part à quel point Tarantino invente du passé à ses personnages uniquement pour rendre leurs fuites dignes d'intérêt, et que ce passé n'est évoqué que pour justifier les espèces de mésaventures absurdes et hasardeuses qu'ils rencontrent : aveu schyzophrénique qu'il ne se produit rien sans passé et qu'en même temps tout ce qui peut se produire se réduit de manière obsédante et paranoïaque à une évasion de ce passé et donne ainsi la vague impression d'une rédemption, assimilée à une rafale sur le retour du refoulé*. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les élèves de Bégaudeau ont des difficultés colossales à comprendre quel est l'intérêt même de l'emploi et du sens de l'imparfait du subjonctif : cela revient au même. Il eut fallu que je fusse. Et oui. Il eut fallu. Si seulement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard par contre si Bégaudeau écrit qu' "Inglorious Basterds" solde "toutes les guerres" et "rend le monde meilleur" : solder le passé est encore la meilleur façon d'enrober le cloaque du monde moderne de la rassurante illusion de l'innocence.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un blogeur du &lt;a href="http://www.culturalgangbang.com/2009/09/dors-avec-les-batards.html"&gt;CGB&lt;/a&gt; conclu un article sur ce même film par :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span id="fullpost"&gt;&lt;span id="fullpost"&gt;&lt;blockquote&gt;Cependant, il faudrait être injuste pour ne pas souligner le comique épatant introduit par les citations de Tarantino, notamment celles de Clouzot. Par deux fois, nous voyons apparaître des affiches de films de Clouzot à l’arrière plan, l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Assassin habite au 21&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;le Corbeau&lt;/span&gt;. Comique, en effet, de voir que le cinéaste de la psychologie la plus subtile, la moins manichéenne, le cinéaste qui se confronte à la complexité du mal soit cité dans un film aussi bourrin, creux et enfantin que cette coûteuse merdicule&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span id="fullpost"&gt;&lt;span id="fullpost"&gt;On m'objectera sûrement aussi qu'au fond, on s'en fout de Tarantino ou Bégaudeau, que ça n'est que du cinéma. Il est évident que le cinéma n'a jamais eu aussi peu d'importance qu'aujourd'hui, et qu'il n'évoque plus rien, surtout lorsqu'il est palmé, c'est à dire officiellement applaudi.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span id="fullpost"&gt;&lt;span id="fullpost"&gt;.*le rédemption par la rafale étant je pense une bonne définition du terme de série B, genre qui ne manque pas toujours de charme&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-3060522228711966288?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/3060522228711966288/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/09/mnesie.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/3060522228711966288'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/3060522228711966288'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/09/mnesie.html' title='Mnésie'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-4441865892334586027</id><published>2009-09-16T15:12:00.006+02:00</published><updated>2009-09-17T14:28:32.310+02:00</updated><title type='text'>Muray, Balzac</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SrEZ0lJX2jI/AAAAAAAAASo/G4q2CNg_Qwg/s1600-h/Balzac.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 290px; height: 387px;" src="http://1.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SrEZ0lJX2jI/AAAAAAAAASo/G4q2CNg_Qwg/s400/Balzac.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5382111420799769138" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Noël avant l'heure : je vous ai scanné ce texte de 35 pages de Muray paru dans Tel Quel N°89, automne 1981 :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://sharesend.com/e4etb"&gt;La syncrétinisation-Balzac, le XIXème siècle, la fornication de l'occulte&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(pdf, 14mo)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les plus concentrés trouveront des analogies avec le texte "L'avant-garde rend mais ne se meurt pas (fragments d'une conférence)"-dans Exorcismes Spirituels, I-sur Céline.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-4441865892334586027?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/4441865892334586027/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/09/muray-balzac.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/4441865892334586027'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/4441865892334586027'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/09/muray-balzac.html' title='Muray, Balzac'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SrEZ0lJX2jI/AAAAAAAAASo/G4q2CNg_Qwg/s72-c/Balzac.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-1824142106693762506</id><published>2009-08-10T21:17:00.007+02:00</published><updated>2009-08-12T14:45:41.962+02:00</updated><title type='text'>Disparition de la vierge</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SoB1bjDK9FI/AAAAAAAAASg/S01Fa99yWO4/s1600-h/gustave_dore_-_gargantua.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 323px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SoB1bjDK9FI/AAAAAAAAASg/S01Fa99yWO4/s400/gustave_dore_-_gargantua.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5368419871951090770" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est l'été. Il fait beau. Mais il fait chaud. Paresse, indolence.&lt;br /&gt;Pour raviver tout cela à moindre frais, je ressors un vieux triptyque Ilysien, portant sur l'affaire d'annulation par consentement mutuel du mariage d'un couple musulman sous le motif de "tromperie sur une qualité essentielle" (la virginité de la jeune fille).&lt;br /&gt;Tout un programme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;I-Elisabeth Badinter se refait une virginité. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Edité le 30/05/08 sur &lt;a href="http://ilikeyourstyle.net/2008/05/30/elisabeth-badinter-se-refait-une-virginite/"&gt;Ilys&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;Oh je ne vais pas rappeler les faits que vous connaissez tous...Et bien si... L'article sur r&lt;a href="http://www.rue89.com/2008/05/29/lepouse-netait-pas-vierge-le-tribunal-annule-le-mariage" mce_href="http://www.rue89.com/2008/05/29/lepouse-netait-pas-vierge-le-tribunal-annule-le-mariage"&gt;ue 89&lt;/a&gt; est pour une fois intéressant. Met le doigt sur quelque chose qui me semble essentiel :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;l'avocat veut faire part de sa perplexité, après avoir plaidé le mensonge comme motif d'annulation de l'union:&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;"Ça prend une dimension que l'affaire ne mérite pas, franchement! Les deux parties étaient d'accord pour se séparer, et ces gens sont allés devant le juge parce qu'ils n'envisageaient plus de vivre ensemble. Le magistrat ne crée pas le contentieux, ce sont les gens qui créent le contentieux, que voulez-vous faire quand tout le monde est d'accord pour faire annuler le mariage?"&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Et que voulez-vous expliquer calmement, alors que tout est recouvert des cris de hyène blessée que pousse Elisabeth du fin fond de son hôtel particulier ? On se doute bien qu'on est en pleine récupération idéologique (d'une part les annulations sont peu fréquentes, et encore moins pour ce motif ) Liz qui se dit outrée, "ulcérée" pour être précis, n'aurait pas pu plus mal choisir son sujet. Non le point crucial, c'est l'insistance que cette conne a à beugler que la jeune fille a été "humiliée, publiquement humiliée" qu'elle va se faire répudier par sa famille, etc.. Or il ne lui vient pas à l'esprit que non, cette fille n'était pas du tout humiliée, en tout cas pas jusqu'à ce qu'Elisabeth et d'autres décident d'en faire une affaire nationale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; Ni humiliée jusqu'alors, ni soumise, ni quoi que ce soit, juste qu'il y avait incompatibilité de convictions entre les époux, que cette jeune fille, justement, préfère, après coup, continuer à vivre une vie de célibataire libérée et que l'homme décide paisiblement de trouver une femme vierge et consentante comme il le désire. Bref que les gens se débrouillent entre eux. Ça, Badinter ne le supporte pas. Lorsqu'elle répète que la sexualité de la femme "est une affaire privée et libre en France" on pourrait lui rétorquer que justement oui, et la prier, donc, de fermer sa putain de grande gueule lorsque les gens sont consentants. Mais Elisabeth ne conçoit la vie privée uniquement lorsque celle-ci se conforme à ses combats hystériques et ringardement anticléricaux, voire plus largement misandres et très clairement totalitaires en tant qu'ils nient la liberté de pensée de de conviction. Que si la vie sexuelle est affaire privée, comme elle l'aboie à qui mieux mieux, alors la façon dont on la mène peut très bien se conformer aux valeurs que les individus lui concède. Que ces individus peuvent même décider si ça leur chante de la soumettre au dogmatisme religieux de leur choix. Mais ça non, ce n'est pas possible. Les seuls dogmes qu'Elisabeth tolère se sont les siens. Voilà sa définition de la liberté.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non c'est vraiment du comique involontaire que d'entendre Elisabeth Badinter parler de vie privée et d'humiliation, elle qui n'a de cesse d'intervenir dans la vie privée de tous et de toutes et de la soumettre aux projecteurs médiatiques lorsqu'elle ne lui convient pas, quitte à mentir sur les faits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, ce n'est pas une quelconque affaire de soumission de la femme dont il s'agit ici, mais bel et bien une affaire de liberté et de conviction, et de la façon dont des adultes s'en débrouillent, bref, de toutes ces choses qui font subitement horreur à ceux qui font profession de les défendre, lorsqu'on se passe très bien d'eux. Elisabeth et ses nombreux clones sont semblables à ces vieilles femmes aigries qui s'immiscent dans la vie de jeunes couples dans le roman balzacien, qui font murmurer aux épouses inquiètes à l'oreille de leur mari : "cette femme me fait peur, elle veut notre bonheur". A ceci près que c'est aujourd'hui l'ensemble du système médiatique qui se donne autant de mal pour ressembler à une marâtre reliftée qui ne supporte pas que l'on se débrouille seul. Mais c'est pour notre bien, évidemment, et dans ce cas là, c'est un pieux mensonge. Un mensonge laïque, donc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;addendum&lt;/i&gt; : conscient du fait que cette affaire est sujette à de nombreuses interprétations, notamment à propos de l'alignement de la législation sur la charia, je préciserai juste à cet effet qu'il n'est pas étonnant qu'à partir du moment où on a tout fait pour faire des mariages-divorces des contrats juridiques semblables à des contrats commerciaux à clauses libres, avec la volonté d'en supprimer toutes les traces de tradition et de morale judéo-chrétienne, que les musulmans les utilisent selon leurs dogmes. Que cela suscite les cris d'orfraie de la part des différents protagonistes hypocritement libéraux-libertaires était aussi prévisible qu'écœurant. C'est bien parce que la législation ne s'appuie plus sur rien et qu'elle poursuit avec un zèle pointilleux cet ultime but, qu'elle est &lt;i&gt;interprétable&lt;/i&gt; à volonté. On saura alors faire d'heureux parallèles entre cette virginale "qualité essentielle" et l'avènement prochain du mariage homo sous l'oeil des différences de traitements qu'ils suscitent.&lt;/p&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;II Moderne et Basta&lt;/span&gt;&lt;p&gt;Publié le 3/06/08 sur &lt;a href="http://ilikeyourstyle.net/2008/06/03/moderne-et-basta/"&gt;Ilys&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour faire suite à ces &lt;a href="http://ilikeyourstyle.net/index.php/2008/05/30/elisabeth-badinter-se-refait-une-virginite/" mce_href="http://ilikeyourstyle.net/index.php/2008/05/30/elisabeth-badinter-se-refait-une-virginite/"&gt;histoires de virginité&lt;/a&gt;, qui n'ont finalement rien à voir avec l'apparition de la Vierge ni avec une quelconque détumescence de verge, on peut dire que tout est absolument prévisible chez le moderne modernant. Débat (oui il parait que c'est un débat lorsque tout le monde semble absolument d'accord sur tout et que les absents pas invités ont évidemment tords) chez Calvi sur France 2.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je passe le blabla sur l'Islam rétrograde mais assimilable, les pauvres jeunes filles, les autres religions qui ne sont pas en reste, hein, qu'attendre, d'ailleurs, de la part de gens qui croient en Dieu et en une certains nombre de dogmes que ce soit de manière absolue (pas du tout cool) ou modéré (moyennement cool ) ou sceptique (en voie d'être cool et invité sur le plateau de télé, lieu supracool et moderne, ce n'est pas moi qui le dit c'est Fourest, qui s'étonne entre autre que des jeunes gens se promettent de rester vierges jusqu'au mariage (des protestants, hein ) et déclare "est ce que c'est ça d'être jeune et moderne ?" en effet, la contradiction peut difficilement exister sur ce sujet si le but est d'être absolument cool, moderne et jeune (l'âge n'est pas pris en compte, que les vieux ouverts à la coolitude se rassurent)).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Non, le consensus final, farouchement proclamé dans toute la rebellitude du moderne marchant sur le non-moderne dans toute sa tolérance éclairée et éclairante, c'est qu'il fallait "une fois pour toute" évacuer les principes qui relèveraient de "la morale et des mœurs" dans ces histoire de mariage annulé. "Et &lt;i&gt;basta&lt;/i&gt; !" comme l'assène courageusement, au dernier moment, en conclusion, un juriste gominé à lunette qui veut montrer qu'il en a et qu'il n'a pas peur de ceux qui ne sont pas là. Qu'il en a une grosse. Comme Fourest. Oui &lt;i&gt;basta&lt;/i&gt;? Pourquoi se prendre la tête ? On est moderne et &lt;i&gt;basta&lt;/i&gt;. Ça sonne bien. Ça sonne tout court, avec la merveilleuse intransitivité de la pensée progressiste qui va de l'avant vers le futur. Les mœurs et la morale ? &lt;i&gt;Basta&lt;/i&gt; ! Le mariage c'est un contrat. &lt;i&gt;Basta&lt;/i&gt;. On signe et on passe à la caisse et &lt;i&gt;basta&lt;/i&gt;. Annulation pour cause d'un passé de criminel de droit commun ? C'est la morale ? C'est les mœurs ? Ça se discute ou &lt;i&gt;basta&lt;/i&gt; ? Une relation extra-conjugale avant pendant et après le mariage ? C'est de la morale ? &lt;i&gt;Basta&lt;/i&gt; ! Des "incapacités à à avoir des relations sexuelles normales" ? C'est des mœurs ? De la morale ? Des mœurs moralisants ? &lt;i&gt;Basta&lt;/i&gt; ! Si je donne ces exemples, c'est qu'ils constituent des causes actuelles d'annulation, comme, également, le mariage arrangé. Ou plutôt, on se demande ce qu'il va bien pouvoir rester comme cause d'annulation de mariage avec toute cette évacuation libératrice. On pressent de vagues complications. Ça va être tout de même difficile de compiler et décompiler ça dans des textes de loi. Sans mœurs et sans morale. Il semblerait même, parait-il que justement ces textes de lois se réfèrent, qu'on le veuille ou non, aux mœurs et à la morale. Que c'en est même la base. Qu'il faille, au préalable un consensus sur le bien, même commun. Et &lt;i&gt;basta&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt; S'il faut en finir juridiquement avec les mœurs et la morale, on va retrouver cet espèce de monde orwellien sans queue ni tête, la liberté c'est l'esclavage, la guerre c'est la paix. Moderne Orwell ? La morale c'est pas de règles ! Les mœurs, c'est pas de loi ! La justice c'est pas la morale ! Le moderne c'est ni bien ni mal ! Surtout en matière de religion et de zigounette ! Le moderne seul peut statuer. Et il statue qu'il ne statuera pas ! Car statuer serait statuer et c'est mal pour le moderne qui ne veut pas de morale du bien et du mal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sinon, pour s'en sortir, le moderne va tout de même être un peu obligé d'en faire, de la morale. La sienne, on aura compris. Pas celles des autres pas modernes et qui &lt;i&gt;ne passent plus&lt;/i&gt;, surtout à la télé. Traduisez pas celle du symbolisme patriarcal. Pas bien ! Caca ! Le moderne croit qu'il peut faire passer l'énormité qui consisterait à dire que pour refouler les règles patriarcales ou religieuses il faut l'absence de règles. Au travers de nouvelles lois, bien sûr. Il peut le penser, car tout le monde le pense. Car tout le monde veut être moderne. Et jeune. Et cool. Et invité chez Calvi pour dire qu'il n'est pas vieux ni rétrograde et le chanter en chœur avec toutes les autres précieuses ridicules et faisant la farandole des modernes sans foi ni tables de loi, piétinant joyeusement toute l'histoire de l'humanité gisante et pétrifiée par tant de connerie satisfaite étalée en couches successives.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et basta.&lt;/p&gt;&lt;p style="font-weight: bold;"&gt;III-Vive les remariés par l'Etat&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Publié le 17/11/08 sur &lt;a href="http://ilikeyourstyle.net/2008/11/17/vive-les-remaries-par-letat/"&gt;Ilys&lt;/a&gt; &lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;La cour d'appel de Douai (Nord) a cassé aujourd'hui le jugement du tribunal de Lille du 1er avril annulant un mariage à cause du mensonge de l'épouse sur sa virginité, "remariant" de fait les deux époux, a-t-on appris auprès de l'avocat du marié.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;Bon. Voilà. Dans un &lt;i&gt;sursaut républicain&lt;/i&gt; (et citoyen ?), la justice revient sur sa première décision. Ne doutons pas que de nombreux thuriféraires de l'anti-islamisme sauront célébrer cet évènement à la hauteur de leur compréhension de l'affaire, compréhension aussi objective que sont convergents leurs opinions en général, on retrouvera ainsi des natios excités, des féministes revenues de toutes les luttes de sous-vêtements, des croisés du web, des politicards micro-cravatés. J'avais bien essayé de &lt;a href="http://ilikeyourstyle.net/2008/05/30/elisabeth-badinter-se-refait-une-virginite/" mce_href="http://ilikeyourstyle.net/2008/05/30/elisabeth-badinter-se-refait-une-virginite/"&gt;deblayer le terrain&lt;/a&gt;, non sans me confronter à un certain scepticisme, en soulignant que ce fut bien le caractère privé (donc patriarcal) de l'affaire qui suscita, au fond, le tollé. Et donc le revirement judiciaire. D'ailleurs les attaquants de tous poils y allèrent tous de leur petite argumentation, mettant ainsi allègrement les pieds dans le camp adverse. On verra ainsi applaudir des islamo-sceptiques alors que cela conduira les couples musulmans à renforcer l'endogamie et le contrôle des mœurs en amont (même sous la forme hallucinée de reconstruction de l'hymen, qui a dit que la modernité était l'ennemi de la tradition ?), des féministes se réjouir qu'un couple où la femme, consentante au libertinage, puis au mariage, au mensonge puis à l'aveu et enfin à la séparation soit de fait remariée au maris bien marri, et enfin des politiques républicains-cains-cains jusqu'au bout de la nuit se féliciter d'une courageuse avancée de justice de plus dans les mœurs, mœurs dont ils contribuent la plupart du temps de manière bien plus discrète à accompagner la destruction et donc, le durcissement caricatural chez les réfractaires, cette affaire ne faisant pas défaut si l'on passe deux secondes à imaginer les conséquences dans les milieux bien plus intégristes que celui d'où provenait ce couple.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Des lectures à l'emporte-pièce concluront à une rapide collaboration de votre serviteur à l'envahisseur musulman, comme si l'envahisseur musulman avait quelque chose à foutre d'une annulation d'annulation de mariage; comme si l'envahisseur n'avait déjà bien intégré le flottement caractéristique des références morales en matière juridique. Cette affaire participe activement à la liquidation du patriarcat, je le répète, la seule raison pour laquelle les politico-médiatico de tous bords se sont emparés de cette histoire est que l'on pouvait, en tordant les faits, ressortir une énième fois le couplet sur la femme soumise, en l'occurrence par l'acceptation d'une morale sexuelle (ridicule, en effet, mais inoffensive et qui plus est privée) traditionnelle. Au même moment où en coulisse, les mêmes politico-médiatiques participent au soutient de constructions de mosquées et d'ouvertures d'écoles coraniques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-1824142106693762506?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/1824142106693762506/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/08/apparition-de-la-vierge.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/1824142106693762506'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/1824142106693762506'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/08/apparition-de-la-vierge.html' title='Disparition de la vierge'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SoB1bjDK9FI/AAAAAAAAASg/S01Fa99yWO4/s72-c/gustave_dore_-_gargantua.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-914130245771734601</id><published>2009-06-08T14:02:00.005+02:00</published><updated>2009-06-08T16:34:00.340+02:00</updated><title type='text'>Muray : on réouvre</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/Si0HXDPQ-cI/AAAAAAAAASQ/swz2psd5PPE/s1600-h/bibliotheque-6.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 265px;" src="http://4.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/Si0HXDPQ-cI/AAAAAAAAASQ/swz2psd5PPE/s400/bibliotheque-6.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5344936425346365890" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite à mon &lt;a href="http://lacageauxphobes.blogspot.com/2007/08/il-y-un-avant-et-un-aprs-muray.html"&gt;article sur la bibliographie de Muray&lt;/a&gt;, je publie le commentaire final d'Orcul (merci à lui pour son travail de recherche) qui complète la liste des publications :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;br /&gt;Suite à l'article sur &lt;a href="http://www.culturalgangbang.com/2009/03/un-inedit-de-philippe-muray-le-compte.html"&gt;Cultural Gang Bang&lt;/a&gt; je tiens à ajouter quelques inédits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais tout d'abord quelques mots sur le post d'Il Sorpasso. J'ai lu la quasi totalité des livres de Philippe Muray, à l'exception de son premier,&lt;i style="font-weight: bold;"&gt; Une Arrière Saison&lt;/i&gt; et de l'essai &lt;i style="font-weight: bold;"&gt;L'Opium des lettres&lt;/i&gt;. J'ai trouvé &lt;i style="font-weight: bold;"&gt;Une arrière saison&lt;/i&gt; deux fois à vendre sur Internet, à des prix très élevés. Ces deux ouvrages semblent très rare. Néanmoins, quelques bibliothèques les possèdent,comme celle de &lt;a href="http://b14-sigbermes.apps.paris.fr/ClientBookLine/recherche/executerRechercheProgress.asp?PORTAL_ID=&amp;amp;STAXON=&amp;amp;LTAXON=&amp;amp;IDCAT=&amp;amp;INSTANCE=EXPLOITATION&amp;amp;lDebut=10&amp;amp;chkckbox23=off&amp;amp;chk0=off&amp;amp;chk1=off&amp;amp;chk2=off&amp;amp;chk3=off&amp;amp;chk4=off&amp;amp;chk5=off&amp;amp;chk6=off&amp;amp;chk7=off&amp;amp;chk8=off&amp;amp;chk9=off&amp;amp;DISPLAYMENU=&amp;amp;IDTEZO=&amp;amp;IDTEZOBASE=&amp;amp;IDTEZOFORM="&gt;Paris&lt;/a&gt; ou de &lt;a href="http://opac.rero.ch/gateway?skin=ge&amp;amp;lng=fr-ch&amp;amp;inst=61&amp;amp;search=KEYWORD&amp;amp;function=COPVOLSCR&amp;amp;SourceScreen=COPVOLSCR&amp;amp;elementcount=1&amp;amp;t1=002236696&amp;amp;u1=12101&amp;amp;pos=1&amp;amp;totalitems=1&amp;amp;itempos=1&amp;amp;rootsearch=KEYWORD&amp;amp;itemsort=af"&gt;Genève&lt;/a&gt;. Le provincial que je suis n'a pas trouvé ces deux livres près de chez lui (à 200km à la ronde).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce qui concerne le contenu des premiers livres, je dois dire que le pressentiment d'Il Sorpasso était vrai. Il y a un changement à partir du &lt;i style="font-weight: bold;"&gt;XIXe Siècle à travers les âges&lt;/i&gt;. L'humour et ses thèmes de prédilections sont présents dès ses premiers romans,mais le style est moins efficace. Ceci ce retrouve d'ailleurs dans ces deux derniers romans,&lt;i style="font-weight: bold;"&gt; Postérité&lt;/i&gt; et &lt;i style="font-weight: bold;"&gt;On Ferme&lt;/i&gt; (toutefois meilleurs ). Malgré mon admiration pour cet écrivain, ces récits me laisse l'impression d'être des brouillons. Des idées mais un récit chaotique qui ne tient pas la longueur du texte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme je l'écrivais, j'ai trouvé la revue l'&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Inconvénient&lt;/span&gt;. Je l'ai achetée à une librairie québecquoise, par le biais de son site Internet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai également trouvé quelques inédits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout d'abord sa participation au magazine de bandes dessinées &lt;i style="font-weight: bold;"&gt;A suivre&lt;/i&gt;. La liste complète se trouve &lt;a href="http://bdoubliees.com/asuivre/auteurs4/muray.htm"&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grâce à la bibliothèque de ma ville, j'ai pu consulter les articles écrits dans la rubrique actualités. Si la plupart de ces textes ne sont que des critiques de bandes dessinées, Philippe Muray s'est également permis quelques libertés sur le choix de ses livres. En voici quelques exemples:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-pour le n°1(fevrier 1978), le livre de Paul Gillon,&lt;i&gt;Histoire du socialisme en france&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;-n°2(mars 1978), Maurice clavel &lt;i&gt;Deux siècles chez Lucifer&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;-n°3(avril 1978), Cahiers Céline,lettres et premiers écrits d'Afrique 1916-1917&lt;br /&gt;-n°5(juin 1978), le dossier A Suivre:un spectre hante la Russie(Le fait divers)&lt;br /&gt;-n°8(septembre 1978), Philippe Nemo,&lt;i&gt;Job et l'excès du mal&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;-n°19-20(août-septembre 1979) article : Les blancs ont des idées...les indiens ont des visions&lt;br /&gt;-n°171(avril 1992) article : le Festin Nu + Burroughs clandestin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On trouve également des inédits dans les revues &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tel Quel, l'Infini&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Art Press&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce qui concerne la revue &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Art Press&lt;/span&gt; les articles sont dans les numéros &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;19,51,123 et 158&lt;/span&gt;. Pas de commentaires faute de n'avoir pas encore mis la main dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche j'ai lu, en bibliothèque, les articles de Philippe Muray dans &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tel Quel&lt;/span&gt; n°&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;80&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;89&lt;/span&gt;. Il y a aussi un article de celui-ci dans le numéro &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;94&lt;/span&gt;, mais je ne l'ai toujours pas trouvé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Tel Quel n°80 (été 1979), "le corps glorieux de l'écriture"&lt;br /&gt;-Tel Quel n°89 (automne 1981), "la syncrétinisation, Balzac,le XIXe siècle-la fornication de l'occulte", l'article est assez long (35 pages).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, voici l'inédit le plus attendu, l'extrait de son journal intime. Il a été publié dans la revue l'&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Infini&lt;/span&gt; (n°6, Printemps 1984), sous le titre "&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Une étoile m'a dit&lt;/span&gt;". Il est précédé d'une introduction de Philippe Muray. Celui-ci explique qu'il le publie  pour évoquer "ce qui se passait pendant qu'il composait le livre". L'extrait s'étend sur 14 pages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orcul "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Addendum, d'Il Sorpasso&lt;/span&gt; : je me porte acquéreur de&lt;br /&gt;Jubila&lt;br /&gt;Une arrière-saison&lt;br /&gt;L'opium des lettres&lt;br /&gt;L'infini n°6&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faire offre en écrivant sur "commentaires" (ne sera pas publié)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : @Orcul : envoyez moi votre adresse mail&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-914130245771734601?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/914130245771734601/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/06/muray-on-reouvre.html#comment-form' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/914130245771734601'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/914130245771734601'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/06/muray-on-reouvre.html' title='Muray : on réouvre'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/Si0HXDPQ-cI/AAAAAAAAASQ/swz2psd5PPE/s72-c/bibliotheque-6.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-8952954390800375603</id><published>2009-04-29T19:29:00.007+02:00</published><updated>2009-04-29T23:22:00.533+02:00</updated><title type='text'>L'intervention du législateur est donc devenue indispensable.</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SfieuBPEqJI/AAAAAAAAASI/x54fkLPtlhE/s1600-h/Sophocle.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 212px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SfieuBPEqJI/AAAAAAAAASI/x54fkLPtlhE/s400/Sophocle.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330184672435808402" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ça y est, ils &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/04/29/01016-20090429ARTFIG00124-l-inceste-desormais-inscrit-dans-le-code-penal-.php"&gt;l'ont fait&lt;/a&gt;. L'inceste est désormais "inscrit dans le code pénal". Comme &lt;a href="http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/05/au-commencement-tait-la-fin.html"&gt;prévu&lt;/a&gt;. Stade annoncé de la fin de civilisation. La première phrase de l'article est révélatrice. Droit au but. On ne sait plus de quoi on parle, c'est tout à fait normal. Je cite : "Vers la fin du tabou de l'inceste.". Oui, tout à fait, sérieusement. Avec tout le sérieux inconscient d'une époque qui signe la fin de toutes les autres. On confond, avec toute la logique d'après le monde de la pensée critique, tabou de l'inceste, fondement de civilisation, et tabou sur l'inceste. C'est la même chose pour eux. Et encore, c'est bien le tabou sur l'inceste qui leur semble plus répréhensible que l'acte incestueux. Levons le voile ! Le &lt;a href="http://www.blogger.com/Alors%20que%203%20%%20des%20Fran%C3%83%C2%A7ais%20ont%20d%C3%83%C2%A9j%C3%83%C2%A0%20souffert%20de%20ce%20fl%C3%83%C2%A9au,%20il%20est%20de%20la%20responsabilit%C3%83%C2%A9%20du%20L%C3%83%C2%A9gislateur%20d%C3%A2%C2%80%C2%99apporter%20une%20r%C3%83%C2%A9ponse%20de%20justice,%20protectrice%20et%20disposant%20%C3%83%C2%A0%20la%20r%C3%83%C2%A9silience."&gt;texte de loi officiel&lt;/a&gt; croit faire la différence. On y souligne la différence entre le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;de&lt;/span&gt; et le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sur&lt;/span&gt;. Sans trop expliquer pourquoi, alors que c'est bien cette différence, ou plutot sa confusion, qui est à l'origine de cet amendement. Numéro 1538. Un petit rappel pour signifier qu'en voulant en faire un crime spécifique, on en fait bien un crime comme les autres. Pour faire plaisir aux victimes, pour bien montrer qu'on ne rigole plus. On ne plaisante plus avec les tabous. Il y a plein de choses croustillantes de désolation satisfaite dans cette proposition de loi. On y apprend, sans sourcer, que 3% de la population française a été victime de ce fléau. C'est beaucoup, 3%. Surtout pour un crime tabou de chez tabou. Ce chiffre sort-il de la dernière étude menée par la commision Estrosi ? Issu d'un sondage du genre l'homme qui a vue l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours ? Avez-vous été ou conaissez-vous dans votre entourage ? Oui ! Plein ! Evidemment ! On en parle pas assez ! On pourrait revenir sur ce terme de fléau. Maladie. Pandémie. Qu'il faut enrayer. Santé publique. Tout un paragraphe sur les conséquences de cet odieu fléau. Allez, un extrait :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;&lt;/span&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;Enfin, son intégrité est attaquée : le tabou &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; l’inceste (interdit du dire) s’étant insidieusement substitué au tabou &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; l’inceste (interdit du faire), la société s’est fait le témoin muet de situations pourtant intolérables. Leur singularité sous-estimée et leur « barbarie » ont jusqu’ici fait obstacle à notre entendement et la France s’est de fait privée de nombre des outils indispensables à une prévention et à une lutte plus efficace contre l’inceste. De même, elle n’a su mettre en oeuvre une véritable politique d’accompagnement des victimes. &lt;/span&gt;  &lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;L’intervention du législateur est donc devenue indispensable. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Oui passons de deux à cinq ans pour les peines de prison encourues! Ça va en calmer quelques uns ! Mais ne nous y trompons pas, tout est bien dans lutte &lt;span style="font-style: italic;"&gt;préventive.&lt;/span&gt; Flicage. Suspicion. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'intervention du législateur est donc devenue indispensable&lt;/span&gt;.  Pensez donc. Trop banal l'inceste, dans sa barbarie qui dépasse l'entendement. Allons -y tapons dans le scolaire ! Éduquons !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;(1) L’article 4 complète donc le code de l’éducation pour y renforcer l’information sur les violences, notamment sexuelles, et sur les comportements à adopter face à elles, et l’éducation à la sexualité. Des initiatives locales particulièrement efficaces ont été observées par la mission sur la lutte contre l’inceste et cette précision du code de l’éducation permettra de les généraliser, de les perfectionner et de mieux les valoriser. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;(2) Cet article complète aussi le même code pour y renforcer la formation des professionnels de l’enfance et de sa protection sur les questions des violences sexuelles tout en favorisant l’émergence de plus fortes interactions entre les professionnels par la pluridisciplinarité et la mise en commun d’une partie de leur formation. C’est la une disposition particulièrement attendue par les acteurs de terrain pour lesquels la création de réseaux interprofessionnels est devenu un outil indispensable.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;(3) Le parcours judiciaire, très souvent période de stress intense pour la victime qui est appelée à revivre son agression et à se confronter à un système dont elle ne comprend pas nécessairement le fonctionnement, est anxiogène et générateur de tensions voire de conflits. Ceux-ci nuisent naturellement aux victimes. Mais ils mettent aussi en cause le bon déroulement des procédures et exposent les professionnels. Il est donc apparu plus que nécessaire de donner à ces professionnels les outils, notamment en matière de psychologie, utiles à la réalisation de leur mission dans les meilleures conditions. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;(4) Enfin, l’article 5 permettra à l’audiovisuel public d’accomplir une mission d’information sur la santé et la sexualité dans laquelle s’intègre la prévention contre les violences sexuelles notamment à l’encontre des mineurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;L'audiovisuel public à la rescousse ! L'immaculée télévision ! Maman virtuelle , protège-bous du mâle ! Quand on sait que l'étude statistique prenait en compte les "vidéos à caractère pornographiques" qu'un adulte pouvait soumettre à un enfant comme crime incestueux. Ce n'est pas dans un talk-show qu'on va vous étalez en large et en travers les détails de touche pipi de Mme X qui écrit un livre là dessus, pour dépasser tout ça. On trouve même le terme de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;résilience&lt;/span&gt; dans ce texte, comme ça, pour bien montrer qu'on a rien compris à rien, mais ce n'est pas grave, les bulldozers sont avancés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;&lt;blockquote&gt;Alors que 3 % des Français ont déjà souffert de ce fléau, il est de la responsabilité du Législateur d’apporter une réponse de justice, protectrice et disposant à la résilience.&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Maman-Etat est là, mon petit. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'intervention du législateur est donc devenue indispensable&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Allons à l'essentiel, c'est bien là la signature définitive de la fin du Patriarcat, reposant sur des règles aussi vieilles que l'histoire, de Sophocle à l'ancien testament en passant par absolument toutes les cultures des micro-société primitives. On charge ce patriarcat de tous les maux, même de ceux qu'il savait le mieux réprimer pour sa stabilité même, en élevant au passage la parole de l'enfant comme absolue vérité, et dont on se charge de fournir les termes-clés qui sauront tenir le paternel un peu trop présent à distance. De cet interdit religieux, fondamental, sacré, on en vient à un crime des plus banals, qu'une cours d'assise se chargera de régler à sa juste mesure, lavera à sa façon aseptisée. C'est l'éclatement de la notion de famille et de son double organique, la civilisation, qui se déroule ici, par ces substitutions de langage, de faute, de responsabilité, de suspicions. Plus rien n'est sacré, tout est pénal. Horizontalisation du péché. Le père est aujourd'hui un criminel potentiel et son crime d'inceste révélé ou non, un crime comme les autres. Il est donc à prévoir que les crimes incestueux réels vont se multiplier, à cause de cette civilisation terminale qui jette le père avec l'eau de la Loi et qui fait trôner l'enfant martyr  fantasmé à sa place. Avec son infect jargon qui ne sait même plus comment cacher la répulsion que lui inspire cette famille qu'ils rêvent tellement de voir aux ordres, c'est à dire morte.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;&lt;blockquote&gt;Plus largement, c’est aussi la société dans son ensemble qui souffre de l’inceste. Ses fondations sont attaquées : la famille, espace de protection, d’amour et de socialisation par excellence devient dans un climat incestueux le lieu du martyr de l’enfant et l’outil d’annihilation de sa parole. Sa principale richesse est attaquée : l’enfant, citoyen en devenir, porteur de nos espérances les plus essentielles, est nié dans son humanité.&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;J'attends pour ma part le jour sacré où l'on comprendra que c'est bien toute cette civilisation post-moderne qui, en croyant protéger la famille de ses écueils, se substituant à elle, la fait imploser, avec toute la haine que lui inspire le sacré et le privé, c'est à dire le patriarcat, sa liberté et ses risques conséquents. Que ce sont bien l'Etat et ses lois qui sont désormais, à un stade global, en état d'inceste permanent envers la civilisation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:'Arial';font-size:10;"  &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-8952954390800375603?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/8952954390800375603/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/04/lintervention-du-legislateur-est-donc.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8952954390800375603'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8952954390800375603'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/04/lintervention-du-legislateur-est-donc.html' title='L&apos;intervention du législateur est donc devenue indispensable.'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SfieuBPEqJI/AAAAAAAAASI/x54fkLPtlhE/s72-c/Sophocle.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-8654973783814729589</id><published>2009-04-10T12:08:00.002+02:00</published><updated>2009-04-10T12:11:08.443+02:00</updated><title type='text'>Minimum syndical</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/Sd8a5KK95iI/AAAAAAAAASA/6fMf_BgB9-8/s1600-h/neya.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 267px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/Sd8a5KK95iI/AAAAAAAAASA/6fMf_BgB9-8/s400/neya.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323002853860435490" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-8654973783814729589?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/8654973783814729589/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/04/minimum-syndical.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8654973783814729589'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8654973783814729589'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/04/minimum-syndical.html' title='Minimum syndical'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/Sd8a5KK95iI/AAAAAAAAASA/6fMf_BgB9-8/s72-c/neya.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-7791357516313274111</id><published>2007-08-01T00:23:00.001+02:00</published><updated>2009-03-08T14:07:56.892+01:00</updated><title type='text'>Il y a un avant et un après Muray.</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp3.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/RrHnyzDBvOI/AAAAAAAAAAs/PF1yAvBTV2A/s1600-h/clip_image002.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;C'est en lisant cela :&lt;a href="http://lebaldesdegueulasses.hautetfort.com/archive/2007/07/31/philippe-muray.html"&gt;http://lebaldesdegueulasses.hautetfort.com/archive/2007/07/31/philippe-muray.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;que m'est venu l'idée de faire une biblio rapide pour orienter les intéressés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Point d'éloge ici. Lisez et relisez. Si vous commencez, lui finira de vous faire flairer la fin de l'Histoire là où vous ne l'aviez jamais vu. Pas de pub. Vous trouverez certains de ces textes sur le net. Il a même un site. Il nous a quitté le 2 mars 2006. *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce mot a juste comme ambition de vous conseiller sur quoi commencer, très brièvement. Mais Muray, c'est d'abord un style unique. Donc, lisez. *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5094106980839177426" style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center;" alt="" src="http://bp3.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/RrHnTzDBvNI/AAAAAAAAAAk/Uzx-imCBvxA/s320/4184XVD3AVL._AA240_.jpg" border="0" /&gt;Sa biblio, donc :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux-là, pas lu, les quatre premiers romans, et pas envie de les lires, peur d'être déçu (1) :&lt;br /&gt;- Une &lt;em&gt;arrière-saison&lt;/em&gt;, Flammarion, 1968 (texte de jeunesse que Philippe Muray ne reprenait pas dans sa bibliographie) &lt;em&gt;Au cœur des Hachloums*&lt;/em&gt;, Gallimard, 1973 &lt;em&gt;Chant pluriel&lt;/em&gt;, Gallimard, 1973 &lt;em&gt;Jubila&lt;/em&gt;, Seuil, 1976&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux essais, passionnés, sur ces deux personnages,&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Céline&lt;/em&gt;, Seuil, 1981 (réédition Denoël, 1984 ; réédition Gallimard, « Tel », 2001) essai (polémique, parait-il ) sur Céline, étude du style célinien, pourquoi Céline était-il antisémite ?, etc..&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-La gloire de Rubens&lt;/em&gt;, Grasset, 1991&lt;br /&gt;magnifique essai sur ce peintre, Muray avait des ambitions dans ce domaine, mais a préféré tout plaquer pour l'écriture&lt;br /&gt;Ces essais sont également l'occasion pour Muray de régler ici et là ses comptes avec l'époque moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En marge, nous avons :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Le XIXe siècle à travers les âges&lt;/em&gt;, Denoël, 1984 (réédition Gallimard, « Tel », 1999) Postérité, Grasset, 1988&lt;br /&gt;Le pavé, fresque ambitieuse de la littérature aux premiers temps du socialisme comme religion, les liaisons dangereuses des ces écrivains célèbres qui flirtaient avec l'occultisme. Les premiers temps du post-monde. Il pose les jalons, il commence son oeuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Là, ça commence :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les grands axes de sa Pensée résumés dans, s'il fallait commencer :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-L'empire du Bien&lt;/em&gt;, Les Belles Lettres, 1991 (réédition Les Belles Lettres, 1998, 2002 et 2006)&lt;br /&gt;en plus court, actualisé avec le onze september :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Chers Djihadistes…,&lt;/em&gt; Fayard - Mille et une Nuits, 2002&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le corps de l’œuvre :&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Les Chroniques : il passe des sujets d'actualité à la moulinette (voir le mot de Houellebecq sur le site de P. Muray*) il dissèque l'époque:&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Rejet de greffe, Exorcismes spirituels&lt;/em&gt; - tome 1, Les Belles Lettres, 1997 (réédition Les Belles Lettres, 2002 et 2006)&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Les mutins de Panurge, Exorcismes spirituels&lt;/em&gt; - tome 2, Les Belles Lettres, 1998 (réédition Les Belles Lettres, 2006)&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Après l'Histoire, tome 1&lt;/em&gt;, Les Belles Lettres, 1999 (réédition Les Belles Lettres, 2002)&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Après l'Histoire, tome 2,&lt;/em&gt; Les Belles Lettres, 2000 (réédition Les Belles Lettres, 2002)&lt;br /&gt;(les deux tomes d'après l'histoire sont désormais regroupés en un seul, en poche)&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Désaccord parfait&lt;/em&gt;, Gallimard, 2000&lt;br /&gt;(mix des premiers &lt;em&gt;Exorcismes&lt;/em&gt; et de papiers de presse )&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;-&lt;/strong&gt;Exorcismes spirituels&lt;/em&gt;, tome 3, Les Belles Lettres, 2002&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Moderne contre moderne&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Exorcismes spirituels&lt;/em&gt; - tome 4, Les Belles Lettres, 2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Conclue par :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Festivus, festivus&lt;/em&gt;, Fayard, 2005&lt;br /&gt;Récapitulatif et acualisation des thèmes sur le ton des chroniques sous forme de conversation avec Elisabeth Lévy. Toujours aussi bon.&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5094107934321917170" style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center;" alt="" src="http://bp1.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/RrHoLTDBvPI/AAAAAAAAAA0/27ynCi9OwBk/s320/51F7ZDY936L._AA240_.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pour ceux qui veulent &lt;em&gt;aller plus loin&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Roues carrées&lt;/em&gt;, Fayard, 2006&lt;br /&gt;Trois nouvelles, saisissantes, différent de ces autres "romans". Sujets cruciaux. C'est là qu'on regrette qu'il soit mort avant d'avoir balancé le grand roman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Le Portatif&lt;/em&gt;, 1001 Nuits, 2006&lt;br /&gt;Abécédaire amusant. Regroupe ses concepts et interprétations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Disque Minimum Respect&lt;/em&gt; (Poèmes mis en musique), Festivus, 2006&lt;br /&gt;Des extrait sur le site, poèmes tirés de :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Minimum respect&lt;/em&gt;, Les Belles Lettres, 2003&lt;br /&gt;ton cru, sujets de prédilection, entre colère et tendresse, avec humour surtout&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Le Sourire à Visage Humain&lt;/em&gt;, Manitoba/Les Belles Lettres, 2007&lt;br /&gt;Réédition de son billet sur Ségolène Royal, bien avant la campagne de 2007, où il avait tout vu..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-Postérité&lt;/em&gt;, Grasset, 1988&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-On ferme&lt;/em&gt;, Les Belles Lettres, 1997&lt;br /&gt;Deux romans, le premier sur les rapports hommes-femmes et la littérature, le deuxième comme une suite. Assez difficiles, mais marquant. Les mêmes thèmes mais avec une autre approche. Ah, Bérénice !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Voir le site officiel, la bio sur Wikipédia, qui contiennent des liens vers des textes disponibles sur le ouèbe. La plupart de ces ouvrages sont disponibles sur Amazon, ont été réédités après sa mort par les éditions Les belles Lettres, ou en poche, donc vour pouvez les commander en passant par votre libraire**.&lt;br /&gt;** c'est ce que ferais si j'en avais un géographiquement et matériellement parlant : d'une part pour faire vivre le petit commerce, d'autre part, pour faire vivre les bons petits commerces en insinuant audit libraire ce qu'il reste de littérature s'il est récalcitrant aux assimilés-réac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;NB : voir également, même si je conseille ne pas le faire avant de l'avoir lu (pour porter l'émotion à sa juste valeur) le site nouveau-reac (cf à droite) qui regroupe des textes en rapport et des &lt;strong&gt;extraits des émissions radios&lt;/strong&gt; de Finkielkraut, où Muray intervient 3fois. Voix rauque du fumeur et hésitante. Il y parle très peu, d'ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) MAJ 03/2009&lt;br /&gt;La peur stupide d'être déçu a évidemment fait place à la curiosité, je n'ai pu me procurer que "Au coeur des Hachloums" pièce de théatre mettant en scène des vacanciers (et des réfractaires au collectif) au sein d'une station balénaire populaire à la fin es années 60, tout ce petit monde, autour d'un meurtre, cherche à connaitre son propre "moi" et rencontre la difficulté à se défaire des rôles sociaux préétablis, de la soumission volontaire et de la pauvreté de sens du monde moderne.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-7791357516313274111?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/7791357516313274111/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2007/08/il-y-un-avant-et-un-aprs-muray.html#comment-form' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/7791357516313274111'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/7791357516313274111'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2007/08/il-y-un-avant-et-un-aprs-muray.html' title='Il y a un avant et un après Muray.'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-188856680564331359</id><published>2008-11-25T21:02:00.008+01:00</published><updated>2009-03-07T20:40:34.931+01:00</updated><title type='text'>Le ferry</title><content type='html'>La première chose que je me suis dite, en arrivant à Hong Kong, enfin, dans le taxi me menait à l'appartement fourni par la boite, via une rocade semi aérienne à huit voies, slalomant entre les constructions gigantesques, c'était que la vie ici aurait quelque chose à voir avec celle de ce type qui squattait à Roissy et dont Spielberg a fait un film niait : le terminal. D'une histoire terrible, un type privé de passeport et interdit de circuler ailleurs que dans la zone internationale de l'aéroport suite au putsch dans son pays d'origine, type qui a finalement choisi de continuer à errer dans cette zone bien après avoir obtenu la possibilité de s'en échapper, un type coupé de tout, comme vampirisant les existences en transit des milliers de gens qui passaient devant lui chaque jour, de cette tragédie symbolique, Spielberg en a fait une bluette stupide et humaniste. Et apparemment, ici, tout le monde s'efforce de faire du Spielberg, vainement. L'appartement est de taille correct, avec évidemment une belle vue sur la baie et un climatiseur, le quartier..et bien en fait il n'y a pas vraiment de quartier. Hong Kong est une bande de terre scarifiée par des alignements de grattes-ciel, coincée entre montagne et bras de mer. Il y a évidement une majorité d'asiatiques, mais, étrangement, les seuls visages qu'on a l'impression de croiser sont ceux des nombreux occidentaux, mines défaites de naufragés échoués sur ce rivage bétonné, cette jungle artificielle à date de péremption sans cesse repoussée, ballotés par le reflux insensé d'une mondialisation à tronche de centre commercial. En reprenant un taxi direction la boite, un bruit sourd attire mon attention : je vois se lever, chancelante, une vieille femme devant une voiture qui vient de la heurter. Son regard est vide, un jeune homme l'aide à se relever tout en hurlant sur le conducteur, les gens regardent mais continuent à marcher. Dans la rue, tout est propre, mais l'air, en plus d'être suffoquant, est puant : odeurs d'arrières-cours de cuisines. Les immeubles d'habitation, gigantesques, sont striés de climatiseurs, d'où dégouline une crasse qui noircit le crépis. On dit que la consommation d'électricité ici est la plus élevée au monde, en rapport de surface au sol. Je retrouve Daniel, mon chef, qui m'avait fait passer l'entretien d'embauche à Paris. Daniel est gros, Daniel est grand, Daniel a cinquante-deux ans mais fait moins, Daniel a réussi, Daniel est marié, a trois enfants, Daniel semble heureux, Daniel veut que je le tutoie. De toute façon je ne verrai pas Daniel souvent, je serai souvent en déplacement dans "la zone asie-pacifique". Daniel est la seule personne que je connait ici. Daniel me parle quelquefois en anglais, sans faire attention. Daniel se suicidera dans trois mois suite au départ définitif de sa femme et de ses enfants pour Paris. Daniel est piégé. Il ne doit même pas savoir comment c'est arrivé. Le week-end, dans HK, il n'y a rien à faire à part boire, se faire masser et baiser. Cela peut paraitre intéressant, en réalité ça flingue rapidement la santé mentale. Je sors souvent là où vont tous "les expat" : dans le quartier des "bars à expat". Il y a beaucoup de jolies chinoises, apparemment là pour faire du chiffre et vous en donner pour votre argent. On se prend rapidement pour un riche. Loin de tout, tout est permis. Il y a aussi beaucoup de filles expat' occidentales. Elles sont tristes, mais pas trop agressives; elles n'ont plus aucun pouvoir. Un brin de prétention, comme un tic de langage, à la limite, qu'elles corrigent d'elles-mêmes. Il y a une profonde disymétrie :  pas de jeunes hommes chinois hétérosexuels à acheter. Les hommes occidentaux préfèrent ne pas se prendre la tête avec elles. Je suis arrogant comme seul un contexte d'opportunité sexuelle régulière et assurée l'autorise. Au début, on a des remords à impressionner la jeune chinoise-qui-parle-anglais-qui-fait-ses-études-de-commerce-international. On est naïf. Certains expat en tombent amoureux, souvent ceux qui n'ont rien connu de mieux chez eux. Comment leur en vouloir ? Ils recréent rapidement l'état de dépendance monogame qu'ils n'ont pas connu mais dont ils ont été nourri. Des fois, je les sens craquer quand ils me parlent, après quelques verres, leur appétissantes "San" "Sing" "Ling" autour du bras, ils ne savent plus trop ce qu'ils font, ce qu'ils doivent faire, mais il parlent, parlent, sans s'arrêter, comme s'ils n'avaient jamais parlé. Les chinoises m'ennuient vite. Je me rabat sur les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;working girls&lt;/span&gt;. In fine les françaises. Finalement je suis comme les autres, quelque part. Je veux tomber amoureux, jouer un futur jeune papa. J'ai un rictus mauvais en enchainant les Heineken, bercé par la musique, les lumières qui tournent.. Le dégout de soi est grisant. En les draguant, ces françaises, elles qui sont loin de tout ce qui les retient, famille, amis (bien qu'elles trouvent encore le moyen de sortir avec des collègues). En leur présence je déshabille du regard sans ménagement les chinoises célibataires qui me font de l'œil, seules au bar. Je prends l'habitude de donner rendez-vous dans une espèce de pub pourvu de petits écrans discrets qui passent en boucles des extraits à la limite du porno : des caméras de surveillance ayant pris sur le vif des couples, le genre mal filmé qu'on retrouve sur internet. C'est amusant. Je discute avec Sandrine, qui a fait une école de commerce à Dijon, Sandrine est grande, Sandrine a les cheveux châtains, Sandrine porte un top blanc, Sandrine transpire un peu malgré la clim, Sandrine a un cul merveilleux, Sandrine habite dans un appartement minuscule, Sandrine portera une nuisette grise en coton, sans culotte, quand je la retrouverai directement chez elle les WE suivants, tard dans la nuit, après avoir effectué ma tournée habituelle des bars, seul. Il y a évidemment un gardien d'immeuble, dans l'immeuble de Sandrine, un chinois qui dort dans son uniforme bleu. Je ne sais pas s'il me reconnait quand je passe, s'il sait ce que je m'apprête à faire, lorsqu'il m'ouvre la porte en souriant et en hochant la tête. Ils font tous ça. Ils approuvent ? Très bien. Moi aussi. Sandrine aura longtemps hésité avant de m'autoriser à la raccompagner le premier soir, presque trop longtemps. J'ai du lui faire le coup de l'embrassade passionnée et violente dans une ruelle sombre, lui lécher la sueur qui perlait à la base de son cou. En arrivant, alors que je contemplais encore mécaniquement la taille ridicule de son logement, Sandrine s'était déjà allongée sur le lit, habillée. Elle avait mis une main dans son pantalon, commençait à se caresser, gémissant un peu, en me tournant le dos, comme si je n'étais pas là. Je me demandais si elle faisait ça tous les soirs. Cette nuit-là, je suis resté dormir. Allongé à contempler le plafond en me demandant qui j'étais en attendant l'aube, vaguement irrité par le ronronnement de la clim. Je repensais à ma première nuit avec une fille. De la première fellation. Dans une maison de proche banlieue parisienne, parents absents, Sandra, étudiante en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;arts graphiques&lt;/span&gt;, 18ans, de magnifiques cheveux bruns bouclés, dans sa chambre de petite fille, la pleine lune éclairant ses va et viens, là en bas, me suçait, donc. J'étais nu, debout, il y avait un petit miroir à ma gauche, je pouvais y voir mon reflet bleuté. J'avais un air démoniaque, je me disais "je veux baiser toutes les filles de la terre" en détachant bien chaque mot. Tout ça était très moyen. Déjà un peu effrayant. En fait, les chinoises baisent mille fois mieux, les asiatiques en général, tout le monde vous le dira. Mais rien à faire, le plaisir de draguer des françaises est bien supérieur à ces conversations pénibles dans un anglais approximatif. Quelle vaste connerie. En prenant le ferry pour traverser la baie, on croise des petits bateaux de pêche à moteur, qui font aussi office d'habitation pour des familles entières, des yeux fatigués vous observent d'en bas, des vies de misère, baignées de rejets d'hydrocarbures. Avec le tangage, on a souvent de fortes nausées les premières fois, on finit par s'y habituer, le visage se fige dans la même expression hagarde que les autres passagers. Le ciel est toujours gris. Il y a des panneaux publicitaires géants et usés, à la mesures des buildings qui les surplombent, placés au-dessus des quais de débarquement. N'y figurent que la marque de telle ou telle grande compagnie d'électronique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-188856680564331359?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/188856680564331359/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/11/le-ferry.html#comment-form' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/188856680564331359'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/188856680564331359'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/11/le-ferry.html' title='Le ferry'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-3717978440598304769</id><published>2009-02-13T22:56:00.005+01:00</published><updated>2009-03-07T18:17:22.877+01:00</updated><title type='text'>Bonjour, connard</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SZXt0IubzwI/AAAAAAAAARw/tqVcJWDUACs/s1600-h/gare2_450.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 320px; height: 240px;" src="http://3.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SZXt0IubzwI/AAAAAAAAARw/tqVcJWDUACs/s320/gare2_450.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5302405616249851650" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;On dit la politesse dans un sale état. Les gens se parlent mal, ignorent les formules d'usage, font preuve d'un comportement pressé et agressif, quand ils ne viennent pas directement à l'insulte ou à la bousculade. Les sauvageons pullulent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; Pour ma part, je m'empresse d'être le plus urbain possible, autant par habitude et éducation que par volonté de &lt;i&gt;common decency&lt;/i&gt;. Il n'est anodin, d'ailleurs, que le terme de &lt;i&gt;politesse,&lt;/i&gt; sans doute trop élitiste, ait été remplacé par l'injonction du vivrensembleuh, ce qui n'est évidemment pas du tout la même chose. Le vivrensembleuh laisse entendre un rapprochement chaleureux, encouragé, alors que la politesse, à l'inverse, permet à chacun de négocier au mieux son espace vital sans nuire aux autres et réciproquement. Pour éviter, précisément cette familiarité qui ne peut déboucher, en contexte de promiscuité, qu'à l'animalité la plus barbare.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J'use et j'abuse de formules de politesses &lt;i&gt;autant que faire se peut&lt;/i&gt;. Mais voilà, alors que l'on croit qu'au pire, on aura affaire à un silence méprisant ou à une réponse brutale, lorsque l'on s'adresse par exemple à ce magasinier, à ce vendeur de grande enseigne*, à ce policier dans la rue, à ce guichetier des PTT ou de la SNCF (l'uniforme étant le point commun, à ce que j'ai pu observer), on s'entend répliquer, vous interrompant crûment, au "excusez-moi mademoiselle (madame, monsieur), pourriez-vous s'il vous plait" un acrimonieux et grimaçant "Bonjour ". Vous obligeant à reprendre par "ah, pardon, oui, BONJOUR, donc, excusez-moi, etc...". Ce Bonjour est des plus vulgaire, offensant, parce qu'il croit être un rappel à l'ordre d'une politesse élémentaire, alors qu'il n'est que de la plus infâme goujaterie. Il n'a rien à faire là, ce "Bonjour".&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bonjour&lt;/span&gt; qui interrompt une formule de politesse est une insulte, purement et simplement. Ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bonjour&lt;/span&gt; vous fait passer pour un mufle alors qu'il est professé par un petit apparatchik qui a probablement appris il y a deux semaines, lors d'une formation coûteuse, qu'il devait s'adresser aux "clients" en commençant par un Bonjour et le balance comme une injure, afin de vous faire comprendre que vous l'importunez alors que vous ne faites que solliciter ce pour quoi il est payé. J'avais lu, je ne sais plus où, que les services administratifs de la Russie soviétique étaient un vrai délice (si tant est que ce genre de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;service&lt;/span&gt; puisse l'être, enfin) pour les usagers. En effet, les guichetiers et autres préposés pouvaient faire l'objet de plaintes de la part des usagers-citoyens-camarades-prolétaires et se voyaient alors violemment rabroués.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En France, particulièrement, la présence de syndicats et d'idéologie gauchisants dans ces métiers, ayant assurés des avantages acquis divers, à commencer par l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;indéboulonnabilité&lt;/span&gt; et l'étanchéité totale quant aux récriminations des usagers, a provoqué ironiquement l'effet inverse de ce qui se passait en URSS : le moindre petit gratte-papier ou employé peut, s'il le souhaite, et des façons les pus déplaisantes, vous parler comme à un handicapé mental ou même vous faire perdre un temps précieux aussi longtemps qu'il le souhaite. Sans parler des éventuels déboires kafkaïens quant aux documents à fournir et aux procédures à suivre. Leur pouvoir est sans limite.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela peut quelquefois tourner en votre faveur, il m'était arrivé d'avoir besoin de me faire faire un passeport pour pouvoir me rendre au Maroc en urgence. Après avoir longuement attendu mon tour, avec mon petit bout de papier numéroté (je ferai l'impasse sur les populations en présence et l'ambiance générale) et alors que j'attendais plus ou moins de me faire jeter comme un indigent par une fonctionnaire ménopausée, j'eus la surprise de voir mon dossier mis sur la pile de gauche, la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;rapide&lt;/span&gt;, car j'avais eu affaire à une stagiaire d'origine marocaine qui s'était pris d'affection pour mon cas. Cinq jours plus tard, le passeport était là. Bien évidemment il y avait une erreur typographique sur mon adresse personnelle, pourtant consciencieusement enregistrée dans le dossier ubuesque, mais j'ai gentiment fermé ma gueule et me suis tiré avec. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après ce &lt;i&gt;Bonjour&lt;/i&gt; insultant, donc, il faut s'attendre à ce que les choses dégénèrent, c'est à dire à ce que votre demande soit éconduite. A la recherche d'un produit le vendeur ou le magasinier vous dira "AAAAAh y'en a pus, faut revenir" alors que finalement, quelques instants plus tard, vous tombez par hasard dessus; le policier vous donnera une adresse bidon d'un air exaspéré. Dans une institution publique, on vous demandera des papiers qui n'existent pas, et on perdra votre dossier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le pire semble se jouer aux guichets SNCF ou PTT. Ces derniers, depuis qu'ils ont entrepris de faire des bénéfices, essayent de vous refourguer des lettres prétimbrées alors que vous voulez JUSTE des timbres, ou vous refiler un &lt;i&gt;collissimo&lt;/i&gt; quelconque et cher qui arrivera en deux heures, sinon c'est quatre jours pour le service "normal". Curieuse notion de service public, où on peut payer plus pour avoir un mieux que l'on s'étonne qu'il ne soit pas la norme. A la SNCF, obligé d'aller au guichet pour avoir un service ou un renseignement particulier (il ne vaudra donc mieux ne pas être pressé, si vous l'êtes, c'est la vieille devant vous qui demandera tout les itinéraires et horaires possibles pour aller à l'autre bout du pays afin d'économiser deux euros, tout ça pour dans trois mois) dès que vous aurez émis une demande bien précise afin d'éclairer les méandres des droits et remboursements du client, on vous répondra non avec un air ahuri comme si vous aviez demandé si le prix de la fellation était inclus, alors que vous voyez bien que le moustachu qui vous répond n'a pas compris le moindre mot à votre réclamation, que vous reformulez autrement pour le piéger. Il va ensuite demander à "son chef" un autre moustachu, l'air très inspiré, qui vous regarde par dessus ses lunettes, sans doute pour savoir si vous avez une tête à "faire chier", et fait également non de la tête à son sous-fifre qui vient vous résumer cette objection. Sous-fifre auquel vous reformulez une troisième fois votre demande d'une manière encore différente, alors là, le chef s'amène &lt;i&gt;himself&lt;/i&gt;, et vous lui résumez tout depuis le début. Normalement, il finit par vous dire, agressivement "ah non ça c'est pas possible" sans vous expliquer pourquoi ce n'est pas possible. Des envies de meurtres doivent normalement s'ensuivre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'on se rassure, les bornes informatiques remplacent tout ça. Quand elles fonctionnent, elles sont très compétentes et très polies, bien que je soupçonne la volonté, dans le cas de la SNCF, ayant remplacé les anciens écrans tactiles, qui marchaient très bien, par des nouveaux qui marchent moins bien, vous obligeant à appuyer comme un con sur une touche virtuelle qui ne reconnait pas votre doigt, de conserver cet esprit très &lt;span style="font-style: italic;"&gt;service public&lt;/span&gt; jusque chez les automates.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;*contrairement à ce que l'on pourrait croire à ce sujet, le secteur privé semble être bien plus corrompu par le public que l'inverse&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-3717978440598304769?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/3717978440598304769/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/02/bonjour-connard.html#comment-form' title='15 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/3717978440598304769'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/3717978440598304769'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/02/bonjour-connard.html' title='Bonjour, connard'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SZXt0IubzwI/AAAAAAAAARw/tqVcJWDUACs/s72-c/gare2_450.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>15</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-7968057092656887533</id><published>2007-12-28T22:10:00.001+01:00</published><updated>2009-02-26T20:29:56.102+01:00</updated><title type='text'>Fatwa anti-tabac</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/R3V7Sa39CSI/AAAAAAAAAJ8/0HCO_HtSWBE/s1600-h/Samuel+Beckett+Paris+Cafe.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/R3V7Sa39CSI/AAAAAAAAAJ8/0HCO_HtSWBE/s320/Samuel+Beckett+Paris+Cafe.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5149157305349900578" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas le seul à écrire sur le sujet (cf &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La petite fille et la cigarette&lt;/span&gt; de Benoît Duteurtre chez Folio&lt;span style="font-style: italic;"&gt;,&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je fume et alors&lt;/span&gt; de Brochier aux Belles Lettres et surtout &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je fume, pourquoi pas vous ?&lt;/span&gt; de collectif aux Belles lettres, voire, pour les plus obstinés : La guerre des nazis contre le cancer, &lt;a href="http://www.lesbelleslettres.com/info/?fa=text198"&gt;aux Belles Lettres également &lt;/a&gt; ) mais on ne peut passer à côté, on ne peut fermer les yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allons droit au but. Reprenons les arguments anti-tabac : sauver les fumeurs d'eux-mêmes ? Délire total, chacun ne peut ignorer les risques et les prend donc en toute conscience. Danger pour autrui ? Pas autant que cela si l'on en croit les statistiques (rapports cancérologie, tabagisme passif) qui nous disent surtout que le tabagisme passif se fait essentiellement dans les foyers. Coût pour la sécu ? Soustrait les sommes hallucinantes des taxes sur les cigarettes qu'un fumeur aura payé lors de sa (courte ?) vie, un fumeur qui a un cancer ou une maladie cardi-vasculaire ne coûte pas plus cher qu'un autre cancéreux ou malade, or, faut-il le rappeler, tout le monde meurt un jour, d'autant, pour continuer dans le cynisme (mais après tout, que sont ceux là qui veulent protéger les fumeurs d'eux-même, pour ensuite les accuser de meurtre pour enfin leur dire que leur cancer coûte trop cher ? )  qu'un fumeur  qui  casse sa pipe  à 60 piges coute moins cher en retraite qu'un  connard pétant de santé  trainant sa non-vie jusqu'au centenaire  ?  Pas un argument ne tient réellement la route. Pire encore, si l'on ose comparer les méfaits du tabac ( pris en toute conscience, je le rappelle) comparés à l'alcool, la voiture, la nourriture grasse, la pollution, les mst, etc (on y viendra, à ces maux-là, de toute façon cela n'est qu'une question de temps, d'autres fatwas sont sur les starting-blocs).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Publicités écœurantes et mensongères (excusez ce pléonasme) des médicaments anti-tabac (dont certaines études montrent une nocivité avérée : délires, agressivité) toujours prompts à mettre en scène sous son aspect glorieux le héros du jour : l'ex-fumeur (pire menace du fumeur, hyènes comme seuls ceux qui passent la résistance passive  à la domination savent l'être). J'insiste sur le passif, il en effet certain d'habiter un monde délirant lorsque l'on doit prendre acte d'être comme un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;rebelle&lt;/span&gt; lorsqu'on allume une cigarette. Les persécution les plus diverses font alors bien comprendre la différence entre le rebelle conformiste, d'apparat oserais-je, celui qui sait émouvoir et dont l'image est sans cesse valorisée par les médias, et le puant bouc à abattre qu'est devenu le fumeur public. Novlangue rampante  : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;addiction&lt;/span&gt;, image de sociopathe, devant fuir ou se cacher, tapi dans l'ombre. Car sur le fumeur sont projetées toutes les frustrations, donc tous les défauts du moment, tout le refoulé de la tyrannie hygiéniste, elle-même symptôme d'un monde se voulant sans dangers, donc sans vie.. Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec les images de propagandes antisémites durant l'occupation, le colportage de tous les préjugés possibles, de toutes le rumeurs qui font acquiescer les faibles d'esprit autant qu'elle les soulagent de ne pas en faire partie, mais avec tout de même cette sourde inquiétude d'avoir un truc à se reprocher, maintenant ou plus tard : on est jamais bien sûr d'être vraiment &lt;span style="font-style: italic;"&gt;clean&lt;/span&gt; : a-t-on jamais pris le volant avec un verre de trop ? n'a t-on jamais fantasmé sur une chanteuse pré-pubère (genre alizée) ? n'a t on jamais eu une pensée raciste ? même dans une blague ? respecte-t-on assez sa femme ? toutes les femmes sans exceptions ?  Cette sensation d'avoir la lampe braquée dans la gueule, menottes aux poignets, fatigue psychologique, néo-flics puant à l'imagination étonnante dans les vices de l'espèce quand il s'agit de faire cracher le morceaux avec le sourire. C'est pour votre bien. Avouez, vous irez mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liste est longue ? Elle est infinie tous comme peuvent l'être les errements de l'humain, sa libido refoulée finissant toujours par s'écouler dans des interstice plus ou moins propres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La propagande fonctionne : entend-on la moindre révolte ? Est-on témoin d'un quelconque &lt;span style="font-style: italic;"&gt;acte de résistance&lt;/span&gt; (pourtant si nombreux pour tout un tas de choses et animés par des activistes studieux et médiatiques)  ? Non. Rien. Hormis les hommes libres du début de cet article,&lt;span style="font-style: italic;"&gt; que dalle&lt;/span&gt;. Même les cafetiers courbent l'échine. Certains disent même l'avoir attendu, cette fatwa. Parmi les fumeurs, surtout. On leur a tellement bourré le mou à ceux-là, après l'invitation : la culpabilisation, l'ostracisme et enfin la menace. Le chapelet moderne. Menace qui apparait alors comme une main tendue. Syndrôme de Stockholm (portant si bien son nom quand on connait l'origine de cette hygiénisime totalitaire).  Alors  le fumeur dit merci. Rédemption  de pacotille...  Il s'est tellement habitué à passer pour un pauvre type, une sous-merde narco-dépendante et nocive, que cela ne le dépayse pas trop que l'on fasse une fatwa rien que pour lui, rien que pour l'aider. Punissez-moi ! Encore ! Allez-y ! Je peux même me trouver d'autres vices ! Tellement heureux de passer dans le camp du Bien, le voilà lui aussi, zélé flic, comme les putes et demi-mondaines deviennent grenouilles de bénitier prosélytes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Culpabilisation terrifiante à laquelle aucun régime totalitaire n'avait pu se hisser.  Aseptisation des derniers lieux publics (bistrots), véritablement sociaux. Bientôt toute une armées de pétasses et trous du culs modernisants passeront fièrement les portes de ces rades comme la gestapo marquant son territoire, vérifiant que le dressage opère,  avant de vite retourner dans leurs &lt;span style="font-style: italic;"&gt;cafés à thèmes&lt;/span&gt; et autres salons de thé revisités &lt;span style="font-style: italic;"&gt;lounges branchouilles&lt;/span&gt;. Piétiner les derniers lieux d'échanges réservés à l'ancien monde. "On va enfin pouvoir retourner au restaurant, au bistrot(...)" répètent les péteux à gueules de gnous. J'adore se "retourner" pour des gens qui n'ont jamais eu la moindre envie, ni le moindre courage, de passer la porte de ces lieux réservés aux habitués, aux connaisseurs, ces vestiges de libertés qui paraissent si repoussant pour ceux que la vérité de l'existence étouffe. Cette fameuse &lt;span style="font-style: italic;"&gt;diversité&lt;/span&gt; du genre humain et des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;habitus &lt;/span&gt;qui dans l'inconscient modernolâtre ne s'adressent évidement jamais à des choses aussi subtiles. Semblables à ces touristes recherchant l'authenticité avec assurance rapatriement, si enthousiastes de ces &lt;span style="font-style: italic;"&gt;différences&lt;/span&gt; jusqu'à ce qu'il s'aperçoivent qu'elles vont à l'encontre de leurs propres croyances. Et là il faut réformer. Rééduquer. Fermer les lieux. Faire une fatwa. Faire payer. Saigner le plouc. Façon moderne : par repentance ? Cela sent tout de même un peu l'inquisition, non ? Les vieilles méthodes, que voulez-vous. "ancien fumeur qui vous parle ! j'ai arrêté ! c'était l'enfer ! j'en suis revenu ! grâce à vous ! merci ! à moi de harceler maintenant ! j'en connais plein ! le pmu là-bas ! le patron laisse fumer ! il fume lui-même ! " Délation, délation, tout n'est que délation. Et puis après, comme à Londres, des sociétés privées chargées de mettre des pv (de voiture pour l'instant), il faudra du rendement, des nouveaux secteurs, des nouvelles fatwas. Infini, vous dis-je ! Ce satané refoulé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sait-on même si le tabac en tant qu'agrégat chimique est addictif ? Pas si sûr*. Difficile de faire la part des choses entre le plaisir de la fumée et le plaisir de cet instant hors du temps. En recul du tourbillon de l'existence. La fameuse pause. Est-on sûr qu'un repas fut bon à cause des mets qui le composèrent, ou à cause de la charmante compagnie alors présente ?  Est-on sûr qu'une baise fut bonne à cause des courbes de sa partenaire ou à cause d'un instant hors de tout regard extérieur, qui ne sera connu de ces deux protagonistes** ? Le plaisir définitif de s'en griller une, discrètement, dans un bistrot, près de la fenêtre, à regarder, en retrait, passer les gens, aller la vie, contempler son monde avant d'y retourner. Moments volés, comme on dit, des flux écrasants de l'existence en société moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec cette loi anti-tabac, on le sait, et on le saura pour tous les autres espaces de liberté en sursis : les moments d'éternité ne sont donc plus seulement passagers, ils sont dorénavant &lt;span style="font-style: italic;"&gt;avortables.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*cf &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Dépendance à la nicotine, critique d'une théorie &lt;/span&gt;de Hannan Frenck et Reuven Dar, scientifiques universitaires israéliens indépendants, sur l'absence de corrélation scientifique viable des tests de dépendance à la nicotine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;** la aussi, je me permet de réitérer la thèse de Muray : le sexe a cessé d'être lorsque les femmes s'en sont emparés, donc, lorsqu'il est devenu social ( féminisme, droit au plaisir, discussions, colloques, éducation, publicité, films, magazines, séries à la con genre Sex&amp;amp;The city) et donc lorsqu'il est sorti du privé (de la vie privée) là où le maintenait par pudibonderie, croyait-on, mais surtout parce qu'il ne pouvait exister uniquement qu'en tant que&lt;br /&gt;secret (et avec le magnifique cortège de tabous qui allait avec, qu'est-ce que, par exemple, une sodomie, lorsque sa compagne en a allègrement discuté avec ses amies, qui l'ont toutes pratiquée, l'a lue mille fois dans ses magazines, connait tous les tenants et les aboutissants, comme si elle en avait fait une notice pour la lire à haute voix devant vous, débandant, donc )).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-7968057092656887533?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/7968057092656887533/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2007/12/fatwa-anti-tabac.html#comment-form' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/7968057092656887533'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/7968057092656887533'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2007/12/fatwa-anti-tabac.html' title='Fatwa anti-tabac'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/R3V7Sa39CSI/AAAAAAAAAJ8/0HCO_HtSWBE/s72-c/Samuel+Beckett+Paris+Cafe.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>13</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-8351186556392600210</id><published>2009-02-16T21:45:00.004+01:00</published><updated>2009-02-16T22:05:56.242+01:00</updated><title type='text'>Glôbôl</title><content type='html'>Il est très rare de trouver des témoignages et des articles pertinents concernant le monde du travail dans les entreprises internationales "prestigieuses". C'est dommage car c'est extrêmement révélateur des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;transformations en cours&lt;/span&gt;. Certes on pourra gloser à l'infini du monde de la finance, des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;think tank&lt;/span&gt;, des politiques (hommes, partis ), des médias, des idéologies, de la géostratégie, de l'immigration, etc, dans ces domaines, les matériaux ne manquent pas. C'est donc avec un certain bonheur que j'ai découvert un excellent article sur le site de l'association E&amp;amp;R (association dont je me tape allègrement, pour couper court à toute polémique), signé d'un certain &lt;a href="http://www.egaliteetreconciliation.fr/index.php?option=com_content&amp;amp;task=view&amp;amp;id=3392&amp;amp;Itemid=116"&gt;César&lt;/a&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-8351186556392600210?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/8351186556392600210/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/02/globol.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8351186556392600210'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8351186556392600210'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/02/globol.html' title='Glôbôl'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-8536252929662421429</id><published>2009-02-08T16:30:00.001+01:00</published><updated>2009-02-08T16:34:33.457+01:00</updated><title type='text'>Faire-part de départ</title><content type='html'>&lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;&lt;/p&gt;(ILYS, le vingt-huit février 2008, sous le titre "Faire-part d'euthanasie")&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;(...)-Tu y vas, toi, à la fête de départ de Gérard ?&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Je sais pas trop. Bon il m'a envoyé le faire-part, mais j'ai plus grand chose à lui dire. Ça me gêne un peu ces soirées où les futurs &lt;i&gt;partants&lt;/i&gt; prennent le premier plan...&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Ouaah c'est normal, attends, t'en feras autant.&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Non, non, je sais pas... je verrai...&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;-C'est juste une soirée d'adieux. Pas prise de tête. Après il fait le truc intime avec les proches, la famille, pour le &lt;i&gt;départ&lt;/i&gt;, juste quelques-uns qu'il a choisi.&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- 'tin, moi j'aurais peur qu'on m'envoie chier pour ce genre de truc, que des gens refusent. Y a plus que ceux qui attendent l'héritage qui y vont. Et les curieux. Non, franchement le discours genre "je décide de tout, même de la date, je maitrise, j'adore la vie et maintenant j'adore la &lt;i&gt;grande aventure&lt;/i&gt; qui se prépare" pfff, après avoir tout merdé dans leur vie, ils essayent tous de se rattraper là dessus. Mais c'est vrai, j'ai assisté à plusieurs départs, y'en a que pour la famille proche, et toujours les mêmes trucs chiants..&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;-Gérard c'est différent, il a un cancer, quand même.&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;-Ouais, c'est vrai. Mais il imite les &lt;i&gt;sliders&lt;/i&gt; [ndla : ceux qui partent sans être malades ni physiquement ni mentalement] quand même, le côté festif, tout ça. Comme si, même le cancer il l'avait prévu, planifié, pour cacher sa trouille. Il joue même au duel !&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Au quoi ?&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Tu sais là, ceux qui testent la douleur, pour voir, et quand c'est trop dur, ils &lt;i&gt;partent&lt;/i&gt;, comme un défi, voir si ils tiennent jusqu'au bout..&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Tu veux dire jusqu'à ce qu'ils &lt;i&gt;claquent&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Hihihi. Ben ouais, mais en général il &lt;i&gt;partent&lt;/i&gt; tous avant &lt;i&gt;la naturelle&lt;/i&gt;..C'est surtout pour se rendre intéressant..Au final, on en sait pas plus sur ce qu'ils ressentent vraiment comme douleur, c'est con à dire, mais voilà, quoi&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Et ça me rappelle, tu te souviens, Marie ?&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- La bonasse de chez Corpax ?&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Ouais, et ben, sa mère, bon, quand elle morte, elle voulait pas dire ce qu'elle laissait, à qui, comme héritage, y'avait gros, ben la famille, l'ont pas voulu la laisser &lt;i&gt;passer&lt;/i&gt; avant de savoir qui avait quoi, du coup, il ont fait durer, et y parait qu'ils ont payé le doc pour qu'il l'assiste jusqu'à &lt;i&gt;la naturelle&lt;/i&gt;, à l'ancienne !&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Putain c'est dégueulasse ! ...En même temps, elle l'a cherché, la vieille... C'est quoi ces combines avec le blé, elle pouvait pas être plus transparente ? Y'en a vraiment qui font chier jusqu'au bout ...&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt;- Ben, c'était une vieille, tu sais, elle faisait ça pour être entourée, même hypocritement..&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Tu vois où en est ? Ils ont tous la trouille, nom de dieu ! C'est pas la douleur qui leur fait peur, c'est le gouffre, le mystère, le néant, personne ne veut être seul pour ça !&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Ouais, peut-être, mais enfin, ils ont le choix, c'est &lt;i&gt;mieux qu'avant&lt;/i&gt;, quand même !&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Vas dire ça aux vieux pauvres sans famille de l'hosto public, comment qu'on les pousse à dégager. Y'en a qui gueulent, tout ça, mais non seulement tout le monde s'en fout, mais la plupart, ils se résignent, ils le font, alors qu'ils sont comme les sliders, pas malades, rien, enfin, pas de souffrance, juste ils coûtent cher, on les fait culpabiliser.&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Mais on les obligent pas !&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Pas vraiment. Mais comme ils sont seuls, tu vois, et qu'ils se sentent inutiles, à en crever justement, le doc leur dit avec du miel que ça serait bien, pour la société, tout ça, et hop, ils dégagent. Mais au final, c'est très étrange, parce que dégager les fait se sentir utile comme un sacrifice et ça annule leurs peurs. Sont peut-être les plus heureux de tous à &lt;i&gt;partir&lt;/i&gt;. Ça a du sens pour eux.&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Hin ! T'es con !&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- J'te jure. Mais il parait qu'il y en a qui refusent, qui partent sans aide&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;-De quoi?&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;-Sans &lt;i&gt;aide&lt;/i&gt;, quand ils peuvent encore bouger, tout ça, ils montent sur le toit et ils sautent, ou ils s'ouvrent les veines..&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;-Bouarkk ! Ch'ais pas comment ils font. Pourquoi ils font ça d'abord ? Alors qu'on leur &lt;i&gt;offre&lt;/i&gt; le départ !&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Peut-être qu'ils veulent être seul, prendre...prendre une vraie décision, un truc comme ça, au moins une fois dans leur vie..&lt;/p&gt; &lt;p align="left"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;- Pfff ! Ça devrait être interdit de partir comme ça tout seul, sans assistance...Société de merde....vraiment, quoi..y'a encore quand même beaucoup de travail pour que les gens admettent le partir-ensemble..encore trop de ces individualistes.. archaïques..ces putains de..de monstres..&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-8536252929662421429?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/8536252929662421429/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/02/faire-part-de-depart.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8536252929662421429'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8536252929662421429'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/02/faire-part-de-depart.html' title='Faire-part de départ'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-8564951225612538617</id><published>2009-02-01T23:31:00.003+01:00</published><updated>2009-02-06T23:11:46.942+01:00</updated><title type='text'>Mélenchon, pauvre vieux con</title><content type='html'>(ILYS, le 14-04-08)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mélenchon chez Ruquier. Contre le retour de la “religion” bouddhiste au pouvoir au Tibet. Fasciné par la Chine, son “histoire millénaire”, sa révolution culturelle. Contre les aristocrates, le néolibéralisme, l’oppression bourgeoise. Contre la religion, opium du peuple, comme il le pense si fort, contre la confusion religion-politique comme il le dit finalement. Quand est-ce que cette caricature formolée comprendra que le communisme est une religion sans transcendance ? La croyance au progrès et aux lendemains qui chantent un ersatz du paradis chrétien. Ce dernier ayant l’avantage d’être irréfutable, car inobservable. Que le travail pour la collectivité, la lutte des classes, n’est qu’une pale copie du sacrifice christique. Que les apparatchiks cocos sont une aristocratie sans noblesse : corruptions, cooptations, réseaux familiaux, achats et ventes de titres. Que même l’inquisition chrétienne n’a jamais réussit à stopper la publication et la circulation de livres la dénonçant, contrairement au PCC. Et que les chinois sont des cons. Ce qui explique cela peut-être. Matérialistes et rien que ça. Mais qu’a t il trouvé de seulement beau en Chine ? Sa stupide morale confucéenne ? Son absence totale de compassion ? Son nationalisme ridicule et boiteusement mis en scène par des chorégraphies grotesques et humiliantes comme jamais une oppression bourgeoise ne l’a été ? Bon, il y a quelques estampes et quelques céramiques. Comparées aux trésors européens de la même époque, on rame. Sévère. Surtout qu’elles furent produites en régime féodal, justement. Un vers de Lao-tseu n’aura jamais le milliardième de mystère d’une parole d’évangile. Les publications sur le sujet témoignent. Et même. Même. La dictature chinoise n’accouchera de rien. Pas même d’un Soljénitsyne ni d’un Primo-Lévi. Pas même le Bien de son Mal. C’est la dictature la plus lamentable qui ait jamais existé. Si je peux admettre que l’agitation pro-Tibet est puérile et creuse, que la féodalité bouddhiste est effectivement morbide, et que j’ose penser, contrairement à Mélenchon, que c’est en partie à cause de la vacuité de ses dogmes, il est indubitable que son “attachement à la Chine” est le degré zéro de…de quoi au fait ? De rien, en vue des contradictions. Le degré zéro tout court. D’autant qu’il les donne, les raisons pour ne pas soutenir le Tibet. Pour se moquer des tartuffes droitd’lhommistes. Alors pourquoi s’embourber dans la larmichette pour Mao ? Ça fait belle lurette que les &lt;em&gt;bourgeois néolibéraux&lt;/em&gt; ne s’en effraient plus, de sa catastrophique révolution “culturelle”, &lt;em&gt;pittoresque&lt;/em&gt;, au pire ! Qu’ils ont eux aussi bien intégré la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Et qu’ils finissent par l’aimer ce Mélenchon, comme ils aimaient feu Arlette et tous les autres déculpabilisateurs kitchs et amusants de &lt;em&gt;TV shows&lt;/em&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-8564951225612538617?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/8564951225612538617/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/02/melanchon-pauvre-vieux-con.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8564951225612538617'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8564951225612538617'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2009/02/melanchon-pauvre-vieux-con.html' title='Mélenchon, pauvre vieux con'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-373337265414520435</id><published>2008-05-20T23:34:00.007+02:00</published><updated>2009-01-29T14:57:42.665+01:00</updated><title type='text'>Au commencement était la fin</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/SDNl2v7mQRI/AAAAAAAAALc/t0VI5TxmFrg/s1600-h/oedipe.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/SDNl2v7mQRI/AAAAAAAAALc/t0VI5TxmFrg/s320/oedipe.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5202613985796833554" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça y est. On y est. la fin de l'Histoire. Celle de Muray. Il l'avait vu venir. Il avait vu le stade terminal. La levée de l'interdit de l'inceste. Les faits sont là. Tout est prêt, désormais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour qu'un fait devienne possible et se répande, comme je l'ai déjà écrit, il  faut que sa possibilité s'inscrive au préalable dans les esprits. Il y a eu le combat contre le patriarcat au nom fallacieux de l'émancipation. La fin de la différence des âges : culte de la jeunesse, remise en question du rôle de parent, le jeune, puis l'enfant, considéré comme un acteur social au même titre qu'un adulte, adultes eux-mêmes qui ne veulent jamais en finir avec l'enfance, tant au niveau du corps que de l'esprit, en reniant toute volonté de responsabilité. La fin de la différence des sexes (parité, féminisme, redistribution des rôles, créations de la notion de "genres"). La fin du couple hétérosexuel (mariages en berne, mariage en miettes, mariages gays). De la famille  (adoption des couples homosexuels,  FIV de femmes célibataires).  Il est désormais reconnu à ce titre qu'un enfant n'a plus besoin d'un père  (le rôle de la mère est rarement remis en cause, ce qui est logique quand la fin du patriarcat aboutit fatalement (mais comme personne n'ose le reconnaitre) au matriarcat; le cas particulier du couple gay adoptant est validé comme minorité "opprimée" du  patriarcat dans l'histoire (revisitée, mais qui s'intéresse encore à la réalité historique dans un contexte  d'idéologie hystérique)  ce qui dans ce sens fait office de passe-droit irrévocable) .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci constitue non pas les causes (sauf pour la chute du patriarcat, patriarcat concomitant de l'interdit fondateur), mais des exemples pratiques des changements sociaux en cours, de la destruction pratique de tabous par la création de nouvelles lois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr aucune loi n'interdit l'inceste entre adultes (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;consentants&lt;/span&gt;). Entre adultes et mineurs n'ayant pas &lt;span style="font-style: italic;"&gt;atteint sa majorité sexuelle&lt;/span&gt;, cela est considéré comme viol sur mineur avec circonstance aggravante (tout cela diffère évidemment selon les pays). L'interdit de l'inceste n'est pas reconnu par la loi. Heureusement. Car il est "la Loi qui fonde toutes les autres" (P. Muray). Le jour ou cette idée de légiférer spécifiquement sur le cas incestueux (crime à part) sera évoquée, on accèdera au stade où &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ce qui allait de soi&lt;/span&gt; aura besoin d'être expliqué : malaise dans la civilisation s'il en est. Ce jour est arrivé (1). Il peut paraître étrange de rejeter cette volonté de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;spécification du crime&lt;/span&gt; incestueux. C'est pourtant fondamental. C'était même évident jusqu'alors dans tous les pays, ce n'est plus le cas. Le crime incestueux était reconnu comme le pire (avec le parricide, d'ailleurs détrôné par l'infanticide) et par ses causes et conséquences mortifères (conduisant, par une intuition connue de tous, à une forme de néant) résonnait dans les âges et des les esprits comme une damnation. Légiférer, vouloir en faire un crime à part, conduit en fait à en faire un crime comme les autres, c'est à dire pénalement reconnu, pénalement condamnable (et je le répète, condamné à raison comme viol ou abus sur mineur aujourd'hui, qu'on ne me fasse pas dire l'inverse de ce que j'écris). On passe du Symbolique au législatif. Tout un symbole que ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;glissement&lt;/span&gt;-là, justement. Le symbole d'une société, qui, voulant tout en prendre en charge, légifère dans tous les recoins et finalement égalise tout, tue le symbole, le range dans un tiroir avec les autres faits divers et crimes "terrestres".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis arrive le fait culturel qui remet en question cet interdit (interdit déjà évoqué maintes fois dans les arts, si ce n'est dans chaque œuvre d'art,  MAIS avec les conséquences qui allaient avec, cf le destin d'Oedipe) à la différence évidente qu'il s'agit d'inceste entre adultes consentants. Qui &lt;span style="font-style: italic;"&gt;interroge&lt;/span&gt;  comme il  est de bon ton de dire. On parle, comme l'écrit le monde : d'une &lt;span style="font-style: italic;"&gt;réflexion sur la tolérance. &lt;/span&gt;&lt;a href="http://fromageplus.hautetfort.com/archive/2008/05/20/nique-ta-s%C5%93ur.html#comments"&gt;Ainsi &lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt; Kornel Mundruczo vient de réaliser son troisième film, &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Delta&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, en compétition au festival de Cannes. Le journal Le Monde &lt;a target="_blank" href="http://www.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,41-0@2-766360,49-1043104@51-766759,0.html"&gt;&gt;&gt;&gt;&lt;/a&gt; nous en parle en ces termes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;"En compétition, son troisième film, Delta, retrace une idylle entre un frère et sa soeur qui rencontrent les hostilités familiales et sociales. La femme (toujours incarnée par Orsi Toth) a un rôle crucial chez lui, et le lien frère-soeur était l'un des thèmes de Pleasant Days. "La femme porte tout ce qui m'intéresse chez l'être humain : le silence, la dépendance et la force. Mes films plongent dans un univers restreint, un microcosme. Dans Delta,&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;je m'interroge sur l'essence de l'amour, ce sentiment que n'entame ni l'interdit ni la fatalité, cette perfection que n'abîme ni la dimension de l'échec ni le manque de perspective."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Histoire d'amour donc, mais aussi et surtout réflexion sur la tolérance : "Je montre une liberté qui ne respecte aucune loi, et qui risque donc beaucoup. Pour l'humanité, cette liberté-là a toujours été insupportable. Mais je ne veux pas la montrer comme une déviance. Les héroïnes déviantes m'intéressent moins que les gens vrais qui s'aiment sincèrement, contre les circonstances. Ils ne sont pas rebelles, ils osent être libres." Tourné sans maniérismes, en pleine nature sauvage, sur les bords d'un fleuve impétueux, Delta met en scène la construction d'une maison, refuge au sein d'un décor tellurique."&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Et comme le précise F+ :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;  Bref, faut-il encore le rappeler, la liberté moderne n'est plus le champ de ce que l'on &lt;strong&gt;&lt;em&gt;doit&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; faire [soumission de son âme et de ses actes à la vertu ; discernement ; notion verticale], mais de ce que l'on &lt;strong&gt;&lt;em&gt;peut&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; faire [soumission de son âme et de son corps à tous ses désirs ; indistinction ; notion horizontale].&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Il est en effet difficile d'expliquer en quoi l'inceste est anihilateur de l'individu, d'abord, de la civilisation, ensuite. Jusqu'ici, cela allait de soi, dans toutes les cultures, à toutes les époques. N'importe quelle tribu perdue (pour peu qu'elle soit sortie de l'animalité et, cela va ensemble, qu'elle possède un langage) du fin fond de la brousse "pratique" l'interdit de l'inceste. Difficile d'expliquer ce qui allait de soi depuis le commencement. L'interdit fondamental. La Loi première. Freud s'y est essayé. On l'oublie de plus en plus celui-là. Il faut dire que sa levée des tabous (mais certainement pas celui-là) a été dévoyée par ceux qui prônent la loi du cœur et du plaisir à toutes les sauces depuis. Du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;désir sans interdit&lt;/span&gt;. Même sans aller à l'inceste en tant qu'acte acte sexuel, il expliquait les dégâts de l'inceste psychologique (trop grande proximité avec les parents, désir souverain de l'enfant, volonté de fusion, satisfaction des désirs). Nécessité absolue de se détacher de ses parents (et pour les parents des leurs enfants) pour atteindre l'autonomie psychologique qui mène à la connaissance de soi. A la confrontation avec l'Autre, avec le monde. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Déchirure&lt;/span&gt; nécessaire pour canaliser les désirs, et par là, les transcender en créant de la civilisation (arts et techniques). Sortir de l'animalité. Difficile d'expliquer ça dans un monde dévoué à y retourner sans se poser de question, avec l'amour et la transgression en bandoulière (à noter que c'est le rôle symbolique du père de casser cette relation incestueuse (fusionnel) antre l'enfant et la mère, cassure qui ne se faisait pas sans dégâts certes, or, on peut constater non seulement la disparition réelle du père (mère célibataires) aujourd'hui, mais surtout sa disparition symbolique au nom de ces dégâts (ce qui revient consécutivement à&lt;span style="font-style: italic;"&gt; &lt;/span&gt;jeter le bébé&lt;span style="font-style: italic;"&gt; &lt;/span&gt;avec l'eau du bain)).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme l'a dit judicieusement F+, le couple frêre-soeur du film s'isole dans la nature sauvage, fuyant les "interdits de la civilisation". L'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;absence de tolérance&lt;/span&gt; disent les cons modernes. On peut retourner l'analyse : si la civilisation existe, c'est par l'interdit . Et  par celui-là, le plus évident, d'abord. Le réalisateur exprime -inconsciemment- le contraire de ce qu'il croit dire : ce retour à la nature est à prendre au figuré, si on veut saisir quelque chose au monde qui se transforme. Retour en pleine nature comme un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;retour à l'animalité&lt;/span&gt;. A différencier du retour à la nature (ermites, pionniers) pour cause d'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;excès&lt;/span&gt; de civilisation, et perte de sens de cette dernière. Il aurait été plus judicieux (mais le monde du cinéma l'est rarement) d'exprimer un inceste interdit en un lieu plus ou moins isolé (dans un village, une tribu où il est le plus fort pour cause de valeurs nécessaires à la survie du groupe)  par un couple s'exilant en milieu urbain (ou semi-urbain). Cela aurait exprimé quelque chose. Mais le crétin qui a commis ce film ne s'en rend évidemment pas compte, tout englué qu'il est dans le concept modernisant, tout occupé à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;remettre en cause&lt;/span&gt; les fondamentaux comme croient le faire tous ses inconsistants collègues, surfant sur la vague de l'imbécilité satisfaite et conformiste. Quelqu'un de censé aurait fait un film sur ce film, sur cette époque, sur la levée de l'interdit de l'inceste non comme possibilité de tolérance mais comme possibilité de déliquescence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fin de l'Histoire car fin des individus, c'est à dire fin des désirs inassouvis, contrariés, transcendés, poussant au changement, à l'action. Fin de l'individu dans un contexte matriarcal fusionnel où, à tous les niveaux de l'existence, l'individu demande à être pris en charge, en corolaire de la fin du Patriarcat castrateur donc créateur et individualisant par réaction. Tous les individus se ressemblent, mécaniquement, il n'y a plus que du même. Avec cette dernière étape franchie, une fusion au sens propre avec ce rapport psychologique puis sexuel avec l'indifférencié, le même, le parent, c'est la dernière barrière qui rendait cette indifférenciation intenable sur le long terme qui tombe. Lentement mais sûrement. Presque sans bruit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) elle a été étude en France en 2005, mission &lt;a href="http://www.psy-desir.com/leg/spip.php?article1060"&gt;confiée &lt;/a&gt;à Christian Estrosi par Raffarin :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;La répression de l’inceste est assurée par différents articles du code pénal, relatifs aux viols, aux autres agressions sexuelles et aux atteintes de cette nature commis notamment sur les mineurs par un ascendant ou une personne ayant autorité. Cependant, sur le plan pénal, l’inceste ne figure pas en tant que tel dans la loi. La mission confiée à Christian Estrosi, en s’interrogeant sur l’opportunité d’incriminer spécifiquement l’inceste, se donne trois objectifs : déterminer au sein du périmètre familial quelles sont les personnes disposant d’une autorité particulière sur le mineur telle que ce dernier ne saurait refuser ou manifester son opposition à une sollicitation sexuelle ; appréhender juridiquement le particularisme des actes incestueux (prendre en compte l’emprise exercée par un agresseur incestueux et la nature des actes commis) ; ajuster la répression des actes incestueux (répression plus sévère et/ou édiction de mesures complémentaires particulières, compte tenu de la spécificité de ces actes).&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(2) comme un commentateur l'a écrit, cette affaire "des deux collégiens de 11 et 12 ans ayant violé la sœur de l'un deux (âgé de 10 ans) dans le remake impromptu d'un film porno"&lt;br /&gt;est une pièce à ajouter au dossier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;add&lt;/span&gt; : le lendemain de l'écriture de cet article, je regarde innocemment un programme tv, et tombe sur le synopsis d'un téléfilm produit et diffusé par une chaîne publique :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;Lucie et Marion, qui s'aiment et vivent ensemble depuis cinq ans, souhaitent avoir un enfant. L'idée d'un don anonyme ne leur convenant pas, elles refusent de faire comme nombre de lesbiennes et d'opter pour une insémination artificielle à l'étranger, en Belgique ou en Espagne, la loi française interdisant la PMA aux homos et aux célibataires. Les deux jeunes femmes se mettent à la recherche d'un homme susceptible de répondre aux critères de leur projet parental. Le choix du futur «papa» n'est pas une mince affaire et, sur le chemin de Lucie et Marion, les obstacles s'accumulent comme autant de nuages à leur bonheur. Un vrai parcours du combattant commence, qui pourrait bien avoir raison de leur félicité...&lt;/blockquote&gt;Espérons que Lucie et Marion réussiront leur collecte de sperme afin de réaliser leur "souhait" et qu'une loi obligeant le don de paillettes pour les couples lesbiens mettra fin aux insoutenables "nuages à leur bonheur" qui les obligent à fréquenter la gent masculine ne serait -ce qu'une seconde et pour une chose aussi légère. Quant à l'enfant, l'histoire de sa pro(?)création saura lui faire comprendre le sournois égoïsme  masculin et la chance qu'il a eu de ne pas avoir à supporter un encombrant géniteur.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-373337265414520435?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/373337265414520435/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/05/au-commencement-tait-la-fin.html#comment-form' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/373337265414520435'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/373337265414520435'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/05/au-commencement-tait-la-fin.html' title='Au commencement était la fin'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/SDNl2v7mQRI/AAAAAAAAALc/t0VI5TxmFrg/s72-c/oedipe.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-1532036584240932106</id><published>2008-12-10T20:54:00.004+01:00</published><updated>2008-12-10T22:02:58.445+01:00</updated><title type='text'>Reconnaissance</title><content type='html'>Mon texte dédié aux petites frayeurs télévisuelles  convenues (&lt;a href="http://lacageauxphobes.blogspot.com/2007/09/chez-nous-ya-pas-de-pds.html"&gt;Chez nous, y'a pas de pédés...&lt;/a&gt;) suscite beaucoup de commentaires, auxquels j'ai cessé de répondre, mais que je continue à publier. Il est vrai qu'il y a des chances que ceux qui s'y échouent via des recherches google du genre "yann barthès homo" ou "yann barthès gay" (ils sont nombreux) doivent être un brin déçu par la teneur dudit texte, qui ne fait nullement allusion aux mœurs privées du présentateur vigilant. Ainsi, j'ai eu la surprise de lire ceci :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;on m'a conseillé ce blog , disant qu'il est tout bonnement infect !&lt;br /&gt;Ils avaient raison je crois (pour ma part en tt cas !)&lt;br /&gt;=) salutation ! &lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, la reconnaissance tant attendue vint ! Et cela uniquement par la grâce du bouche à oreille.  J'en fut tout ému. Je vais en faire une petite bannière.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-1532036584240932106?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/1532036584240932106/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/12/reconnaissance.html#comment-form' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/1532036584240932106'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/1532036584240932106'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/12/reconnaissance.html' title='Reconnaissance'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-4452434221982224033</id><published>2008-10-30T14:06:00.010+01:00</published><updated>2008-10-30T22:49:49.716+01:00</updated><title type='text'>Américanisation</title><content type='html'>C'était en région Rhone-Alpes, ça aurait pu être n'importe où ailleurs, dans une de ces nouvelles et modernes zones industrielles dédiées aux hautes technologies. Des cubes de tailles diverses, entourés de hautes grilles blanches surmontées de caméras aux angles, des pelouses immaculées sur lesquelles personne ne marchait. Un horizon composé de montagnes laides et froides, inhabitées, et un échangeur autoroutiers greffé sur une deux fois trois voies, très fréquentée par des camions, qui reliait deux grosses villes. Le milieu de nulle part. Impossible de se retrouver là sans en avoir eu l'intention. Mais, une fois pénétré, il était tout de même possible de s'y perdre, à cause d'une symétrie que se voulait fonctionnelle. Dans la zone, la circulation automobile se faisait donc sur un modèle simple et préétabli, c'est à dire un réseau de rues perpendiculaires crées pour l'occasion, dont les panneaux aux carrefours indiquaient par quelques flèches surmontées de logos lisses aux consonances new-age, en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;a&lt;/span&gt; ou en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;is&lt;/span&gt;, les différentes entreprises qui y siégeaient. Dans ces rues, point de piétons ni de commerces, évidemment, et en fait assez peu de voitures, sauf aux horaires d'ouverture et de fermeture, variables selon les postes attitrés. Pour déjeuner, quelques cantines intégrées aux structures, gérées par des sociétés spécialisées, servaient de la nourriture industrielle dans un brouhaha insupportable. En vérité, en milieu de de matinée ou d'après-midi, circulant sur ce quadrillage, on aurait pu se croire dans un milieu inoccupé par l'homme. En étant un peu ironique, ce n'était pas tout à fait faux. Heureusement, ce n'était pas moi qui conduisait, mais Thomas Cestain, ingénieur consultant, un grand, très nerveux, qui, lorsqu'il riait, donnait l'impression de faire de l'hyperventilation. Bien sûr il ne fallait pas compter sur moi pour driver qui que ce soit, d'ailleurs on nous avait envoyé en renfort un allemand, fort sympathique, c'est à dire pas très allemand malgré ses signes bien distinctifs : peau laiteuse, cheveux blonds et yeux bleus, air sain et dynamique, pour jouer ce rôle. Il s'appelait lui aussi Thomas, dont on prononçait, pour les différencier, le s de fin. Il semblait aussi novice que nous dans ce genre de boulot. Tant mieux. Parking avec gardien, badges magnétiques remis pour la durée convenue, bureaux accolés aux surfaces de montage et de stockage, hygiène irréprochable pour préserver les éléments électroniques fragiles et hors de prix, nombreux couloirs, hall, sas, réservés aux techniciens agréés, séparés par de lourdes portes coupe-feux jaunes à hublots. Nous terminions cette fameuse mission, dont le but ne nous était apparu clairement que vers la fin, mission commandée par le directeur financier d'une entreprise de matériel médical de pointe, entreprise co-détenue et gérée par trois multinationales européennes, spécialisées dans l'armement et l'électronique grand public. Le directeur financier était lui même allemand. Il refusait obstinément de parler sa langue maternelle avec notre Thomas pourtant heureux, comme bien souvent chez les teutons, de trouver un compatriote en milieu étranger. Nous l'apprîmes vers la fin, cet homme, aux costumes soignés, d'où ressortait une petite tête aux traits anguleux, avait été parachuté dans la boite pour &lt;span style="font-style: italic;"&gt;faire le ménage&lt;/span&gt;, c'est à dire faire baisser les coûts. On aurait pu résumer notre travail à cette appellation, compréhensible par tous, mais les normes managériales officieuses nous l'interdisaient. Nous avions dû rebaptiser ça en "formalisation des processus indirects de production". Cela consistait à aller relever dans tous les services le temps passé à faire quelque chose qui n'avait pas été prévu par le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;process de prod&lt;/span&gt;, en gros, tout ce qui n'était pas écrit noir sur blanc dans les fiches de postes. Bref, les actes et paroles qui relevaient de l'improvisation face aux imprévus. Donc tout ce qui permettait aux acteurs (terme générique pour "employé", destiné à être pris au sens noble de celui qui agit, non pas de celui qui joue un rôle préécrit, étrangement cette dernière interprétation semblait être ignorée) de se sentir réellement responsable, donc vivant. Nous devions annihiler le hasard. Ou, plus précisément, jeter les bases de ce qui allait mener à encadrer la réaction humaine au hasard, selon la croyance indépassable que ce qui n'est pas contrôlé coûte toujours plus cher que ce qui l'est. Le flou entretenu par le financier sur le but de notre mission nous avait permis de passer pour d'inoffensifs consultants au sein du personnel, curieux de comprendre le fonctionnement de tout ce bazar, camouflage habilement mis en place par le financier lui-même, jouant sur la fraicheur de son arrivée, qui nous ayant joué un prodigieux rôle de naïf consciencieux, nous avait transmis une légèreté rassurante, attitude absolument nécessaire pour arracher le moindre renseignements aux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;acteurs&lt;/span&gt;. D'ailleurs le masque ne tomba qu'en ce dernier jour, lors de notre présentation-rapport devant le comité de direction et surtout devant le pdg, un belge à fort accent, imposant, chauve, à la communication agressive, d'autant plus redouté par ses directeur qu'il n'était que rarement présent sur le site. Un type infâme, manifestement payé pour stresser, menacer, terroriser. On pourrait croire que l'absence du chef permet aux divers cadres sup de souffler, il n'en était rien : amplifié par la structure internationale et financière complexe de l'entreprise, il était entendu que la création tout autant que l'avenir du site se décidait ailleurs et sur des critères drastiques et obscures de rentabilité et d'opportunité de marché, le tout discuté dans une langue autre que le français. D'autant plus lointain et impressionnant que le coût de fonctionnement de l'appareil de production high-tech était faramineux (machines de pointe, fournitures hors de prix, ingénieurs et techniciens spécialisés) , mais avait été mis en place pour ainsi dire du jour au lendemain, ainsi que nous l'avions appris. Bref, en conseil de direction, dans une salle volontairement minuscule et glauque, les cadres sup, auparavant charmants une fois l'inquiétude sur nos buts balayés par notre propre incrédulité sur la mission, avaient compris qu'il s'étaient fait piéger. C'était pathétique. Ces pères de familles (ainsi que les deux femmes quadragénaires mais elles, célibataires ) payés entre quatre vingt et cent vingt mille euros annuels, étaient mort de trouille. Ils jouaient leur travail, c'est à dire leur vie, ils le savaient. Sommés de s'expliquer sur les couts, au final assez impressionnants, engendrés par ces changements inopportuns des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;processus de fonctionnement&lt;/span&gt; (problème avec un fournisseur, changement de commande client,  amélioration insignifiante issue du bureau d'étude) dont la cascade de conséquences, minimes, se transmettait de service en service. Mais ces couts (basés sur du taux horaires par service ingénieusement calculés pour l'occasion) n'était pas l'unique objet de cette débandade : ce qui n'était pas permis, c'est l'absence de contrôle sur la façon dont étaient traitées ces &lt;span style="font-style: italic;"&gt;anomalies&lt;/span&gt; : réunions informelles, coups de fil, mails divers. Aucun suivi, aucun rapport, tout cela était en quelque sorte auto-géré. Et cela, on le comprit alors, était bien pire que les couts engendrés (qui d'ailleurs n'auraient baissé que très peu suite à nos reccomendations, elle-mêmes optimistes). Le plaisir de ces hasards reposait bien évidemment sur l'absence de consignes strictes à suivre : devant l'inconnu, face à l'urgence, les liens humains se resserraient, pas de papier à signer, de chef désigné, de responsable. C'était comme une revanche sur le système. Une &lt;span style="font-style: italic;"&gt;revanche de l'homme sur la machine&lt;/span&gt;. Le lyrisme un peu cliché de l'image est malheureusement approprié, ce que conforte le pathétique de tout cela.&lt;br /&gt;Bien que notre travail fut irréprochable (puisque mené à l'aveugle jusqu'à la veille de notre dernier jour d'enquête)  le gros con de belge trouva tout de même le moyen de nous incendier, en mettant en cause nos calculs, auxquels il ne pouvait rien comprendre, puisqu'il n'avait pas pris la peine de lire le rapport. Là encore subtile manipulation ! Le directeur financier, agent infiltré aurait-on pu dire, avait tout validé, comme ne l'ignorait pas le belge éructant : le but était de faire passer ces chiffres comme trop gros pour être vrai, pour faire basculer la responsabilité et l'urgence sur ses directeurs de services, acculés, car les chiffres de base, ils venaient d'eux via moi et mes deux collègues.&lt;br /&gt;En repartant, dans la twingo verte de Thomas le français, nous fûmes tout d'abord silencieux, en fait abasourdis par ce spectacle tragique. Une indignité de traitement aussi convenue, aussi improductive, des moyens intellectuels mis au service de toute une stratégie basée sur la duperie avaient quelque chose d'irréel. On ne nous aurait pas cru, nous avions du mal à y croire nous-même. Puis l'un d'entre nous lâcha le fond de sa pensée, et nous refîmes vivement le cheminement de notre travail dans cette boite pour comprendre à quel point nous avions été instrumentalisés. Bien sûr nous n'étions pas à ce point naïfs : rechercher des couts cachés n'est jamais sans conséquence, mais devant le bordel ambiant et la relative bonhommie des cadres et autres employés, nous ne pensions pas que notre rapport allait faire l'objet d'une telle récupération merdeuse, nous avions tablé sur une écoute concertée et studieuse, pas cette charge grotesque et infantilisante. Après tout, le responsable, c'était bien ce gros con de belge, il n'avait qu'à être plus souvent là ! Mais non, l'humiliation était bien le carburant du management distillé dans l'arborescence des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ressources humaines&lt;/span&gt; de cette entreprise.&lt;br /&gt;En fait, c'est une chose que j'avais déjà relevée ailleurs : à chaque fois que l'on laisse une certaine marge de manœuvre à un employé, en faisant tout un discours sur la responsabilité, l'autonomie, l'initiative et en lui laissant même parfois, suprême audace, définir ses objectifs de l'année, et bien la moindre erreur sera en réalité retenue contre lui. C'est invivable. On regrette vite les règles strictes. &lt;br /&gt;Rentrés en ville, Thomas l'allemand déclina l'invitation à se bourrer la gueule avec l'autre Thomas et moi. C'était étrange mais il avait l'air d'être encore plus bouleversé que nous, pourtant la rigueur allemande, tout ça, on le supposait plus solide... En descendant une bouteille de raki, nous conclûmes dans le F1 de Thomas situé dans un quartier essentiellement occupé par des turques, que l'allemand réagissait en fait assez mal aux sautes d'ambiance. Doté d'une haute opinion du travail d'ingénieur, il avait du mal à supporter ce système anglo-saxon basé sur la manipulation et la duperie ainsi que sur l'humiliation et la menace en publique, dorénavant utilisés à toutes les sauces &lt;span style="font-style: italic;"&gt;de facto&lt;/span&gt;. En revanche le français, aux sentiments plus fluctuants vis à vis des rapports hiérarchisés, pouvait se permettre, bien que dégouté lui aussi par un tel spectacle, une distance ironique héritée d'une vision latine, relativement anarchique, du monde du travail. La semaine suivante, nous eûmes les félicitations de notre propre supérieur : apparemment notre prestation avait plus au belge. Cela signifiait pour nous une forte probabilité de prime. L'année suivante, j'appris qu'une nouvelle équipe de débutants allait se charger de mettre en place un système de contrôle drastique, mission elle même baptisée "mise en place d'un système de coopération transverse". &lt;br /&gt;Quelques années plus tard, en surfant sur facebook, je tombai sur la page d'un jeune cadre du même nom que le directeur financier, un nom, bien qu'allemand, aux consonances comiques, d'où ma mémorisation . Vu l'âge, le visage et l'origine du jeune homme, peu de doutes : il devait s'agir de son fils. Ayant pris connaissance de ma visite sur sa page, le jeune clone m'envoya presque immédiatement une demande de contact afin de faire partie de son réseau d'amis. Je m'abstins de répondre. Mes mains suspendues au dessus du clavier, je détournai lentement la tête de l'écran vers la fenêtre à ma droite. Je fixai là, longuement, l'unique arbre de la cour intérieure de l'immeuble de bureau, du haut de mon nouveau poste de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;consultant sénior&lt;/span&gt;. Ses racines maigres déformaient le bitume qui entourait les cinq mètres carrés de terre d'où il poussait. Une lutte lente, à l'avenir incertain. La nuit tombait et la neige succédait à la pluie. La terre s'était changée en boue, et les dernières feuilles rousses de l'érable, en chutant, s'y engluaient.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-4452434221982224033?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/4452434221982224033/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/10/amricanisation.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/4452434221982224033'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/4452434221982224033'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/10/amricanisation.html' title='Américanisation'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-8605381595397951095</id><published>2008-09-05T23:03:00.011+02:00</published><updated>2008-10-19T18:55:58.168+02:00</updated><title type='text'>L'addition s'il vous plaît</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SMGhvH9cjdI/AAAAAAAAAMc/qrJo0DztnUI/s1600-h/rembrandt.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SMGhvH9cjdI/AAAAAAAAAMc/qrJo0DztnUI/s320/rembrandt.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5242649272198663634" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ce soir était diffusée la nouvelle émission littéraire du Paf, qui remplace l'espèce de table tournante pour batraciens graphomanes spirites et sa cohorte de spectres de l'écrit invoqués sans avoir rien demandé, la désormais triplement immatérielle, &lt;em&gt;&lt;a href="http://lacageauxphobes.blogspot.com/2007/09/esprit-es-tu-l.html"&gt;Esprits Libres&lt;/a&gt; (1)&lt;/em&gt; de Guillaume "êêêê, êêêê" Durand, disparue sans faire de bruit ni de vagues, évaporée de l'écran, engouffrée dans les limbes labyrinthiques de l'Ina et, prions, sans fil d'Ariane. Il nous est donc permis de faire un &lt;em&gt;reset memory&lt;/em&gt; comme les nouvelles &lt;em&gt;grilles télés&lt;/em&gt; nous y invitent à chaque rentrée, pour oublier que c'était pas pire avant, mais que maintenant c'est différent puisque c'est aujourd'hui et pas hier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, différent c'est eux qui le disent parce que le nouveau dresseur de tigres de papiers sous antalgiques n'est autre que l'incontournable &lt;a href="http://ilikeyourstyle.net/2008/04/18/ainsi-parlait-il-sorpasso/"&gt;Picouly&lt;/a&gt;, qui n'est pas vraiment un bleu-bite de la caméra(2). Incontournable car il est difficile de s'extraire de son &lt;em&gt;flow&lt;/em&gt; nombriliste (peut-il parler, ou faire parler ses personnages ainsi que son personnage, d'autre chose que d'enfance hallucinée ou des &lt;em&gt;jeunes&lt;/em&gt;, qui ne le regardent pas, lorsqu'il traite de livres ?) qu'on espère  voir se terminer à chaque inspiration qui ne vient pas. Avec forces de rides de front, de manches retroussées, de sourcils froncés et de mains baladeuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette émission se nomme Café Littéraire, ce qui est pour le moins sobre. Limite ennuyeux. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Débit de boisson littéraire &lt;/span&gt;aurait été plus excitant. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bar à vin littéraire&lt;/span&gt;, trop plan-plan par contre. J'imaginais donc que cela devait ressembler à un café littéraire filmé. J'étais allé une fois, curieux  et plein de cynisme, dans un endroit baptisé comme tel, en 2002 je crois me souvenir. C'était horrible, plein de vieux schnocks, de bobos (avant la vague bobo ? je ne sais plus), de vieilles profs retraitées célibataires, de poètes de quartiers et d'étudiants pouilleux à lunettes. A un moment il y a eu une jolie fille, qui m'a parlé agressivement de philosophie et semblait outrée des propos libres du meneur de jeux (un vieux schnock excité à lunettes bobo avec un pull de pouilleux, probablement un prof à la retraite célibataire et poète) pas du tout validés par son programme de fac de lettres. J'étais d'ailleurs trop saoul pour tenter une approche en crabe en taillant le bout de gras sur une herméneutique quelconque. Bref, là où je voulais en venir  c'est que ça ressemblait terriblement, l'amateurisme en plus, à une &lt;em&gt;émission&lt;/em&gt; littéraire. On était loin, j'imagine, du Procope (de l'époque). Le titre du truc de Picouly est donc judicieusement choisi car il ne renvoie plus à rien qui n'existe réellement sinon à une copie d'émission de télé (d'ailleurs ça se passe dans un café à Bastille). C'est presque honnête donc. Je sens qu'on va beaucoup bâiller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça commence. Musique de cirque légère, balade nocturne caméra à l'épaule du Quartier en accéléré. Intérieur étriqué du café, lumières vertes dégueulasses sur murs rougeasses. Rien qu'aux noms des rubriques annoncées («Tête de liste», «Coup de pouce», «Mémoire vive», «Rupture de stock», «Etat critique» et «Passion de poche») on se dit que, finalement, c'est bien de ne pas posséder d'arme de point chargée et opérationnelle dans un tiroir de son bureau. Une petite brochette prévisible de piques-assiettes arrivistes et de parasites redondants de la rentrée littéraire est là et tous leurs bouquins non moins prévisibles avec eux (3). MonDieudélivreznousdumal, pensais-je. D'autant que je n'avais plus de bière, je tournais donc au vin, ce qui me rend sentimental, et ça ce n'est pas bon dans ces circonstances. La première invitée donne le ton, elle parle de sa vie, de ses angoisses, quelques rappels à l'enfance, confidences privées timidement extorquées par Picouly. Il ne va pas bien Picouly. Il y a un truc qui cloche. Il est nerveux. Et donc, il est calme. Presque pudique. Les gens qui font de la figuration, comme dans leur vraie vie, produisent un brouhaha monotone, bruits de verres, d'assiettes, quelques rires. Après quelques minutes, Picouly prend confiance, commence à remuer, s'emballe un peu, gagne en décibels, grimace. Mais rien n'y fait. C'est bancal. Niais. Les plumitifs succèdent aux chroniqueurs. Ou l'inverse. On regrette le génie de Guillaume ê-ê Durand qui avait compris qu'il ne fallait pas les laisser finir leurs phrases. C'était encore la meilleure façon de donner l'illusion qu'ils avaient quelque chose à dire. Non, trop d'honnêteté. A un moment, deux chroniqueurs arrivent presque à avouer que le dernier livre d'une folle qui parle d'une aventure avec un rappeur est totalement creux. Tous les moments a priori croustillants (faut se forcer) du bouquin sont, semble-t-il, périmés dès la lecture. Sodomie ? Choc des cultures ? Différences raciales ? Rien à faire. Ils n'y croient pas, même celui qui est payé pour y croire, c'est dire. On pense effleurer le fond de l'affaire, le milieu littéraire, les ascensions et les chutes brutales. On avoue à demi mot qu'on ne lit plus, que ce n'est plus le roman, le fond du roman qui compte, mais la présence médiatique.. Bâillements très prononcés. Ils lisent des extraits. On touche en effet le fond. Ils ne savent même plus s'ils ergotent de la véracité des faits ou de littérature. Le café du commerce, à côté, c'est l'Académie Française sous amphétamines (sans vouloir froisser le café du commerce). Ils savent qu'ils ne parlent de rien. Ils savent qu'ils sont filmés. Ils regrettent. Ils attendent la fin de la chronique anxieusement, comme des écoliers qui font un mauvais exposé, conscients du naufrage. Ils savent qu'ils coulent avec leur cargaison, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;à cause&lt;/span&gt; de leur cargaison. On passe à la suite, enfin. Le recyclage ne fait pas plus recette, l'éternel Jean d'O remet le couvert, avec toujours l'air de s'excuser d'être là, en minaudant, et cette fois c'est la dernière ! Promis ! Juré ! D'ailleurs son livre parle entre autres d'un évènement survenu lors..d'une émission littéraire où il était il y a 30 ans. Il fait de la peine à voir, là,  avec son phrasé Vieille France et ses anecdotes, il remonte le niveau, il fait hésiter à jeter le tout, c'est inexcusable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La suite n'est plus qu'un long râle. Il y a même une écrivainE qui veut surenchérir à la question "Quel est le passage raté de votre livre ?". Je lutte tristement contre le sommeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la fin, pendant le générique, on voit les intervenants en faux-off. L'écrivainE souffle "c'est calme, c'est tellement reposant ça change des émission où on a continuellement peur de se faire descendre, pfffouuuu". Oui : être obligé de se descendre soit-même risque d'être la nouvelle donne pour faire passer la pilule du vide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'objectif annoncé en début était de "donner envie d'aller demain dans des librairies, à la bibliothèque". On y ira peut-être. En sachant quoi &lt;em&gt;ne pas&lt;/em&gt; lire. La meilleur façon de voir enfin tout ce fatras d'après la littérature agoniser, c'était donc de le laisser s'exprimer. Il suffisait d'y penser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) un vieux texte, soyez indulgents&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(2) je précise n'avoir jamais regardé "Café Picouly", donc mon oeil est neuf sur sa prestation de Monsieur Loyal&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(3) le Menu Gastronomique :&lt;br /&gt;"Invités: Catherine Millet, pour «Jour de souffrance» (Flammarion); Jean d'Ormesson, pour «Qu'ai-je donc fait?» (Robert Laffont); Laurent Gaudé, pour «La Porte des enfers» (Actes Sud); Véronique Olmi, pour «La Promenade des Russes» (Grasset); Olivier Rolin, pour «Le Chasseur de lions» (Seuil); Amanda Sthers, pour «Keith Me» (Stock); Jean-Baptiste Del Amo, pour «Une éducation libertine» (Gallimard); Christophe Ono-Dit-Biot, pour «Birmane» (Plon); Frédéric Andrau, pour «Quelques jours avec Christine A» (Plon); Olivier Renault, libraire, pour «Contre-jour», de Thomas Pynchon (Seuil). Pour ce premier numéro de sa nouvelle émission littéraire, Daniel Picouly, en public dans un bar du quartier Bastille, à Paris, reçoit de nombreux invités. Catherine Millet présente son livre «Jour de souffrance», paru chez Flammarion. Dans la rubrique «Des hauts débats», Christophe Ono-Dit-Biot, auteur de «Birmane» (Plon), et Frédéric Andrau, auteur de «Quelques Jours avec Christine A» (Plon), débattent du dernier ouvrage de Christine Angot, «Le Marché des amants» (Seuil). Olivier Renault parle de «Contre Jour», de Thomas Pynchon (Seuil), dans la séquence «Dédicace». Au programme également, les rubriques «Tête de liste», «Coup de pouce», «Mémoire vive», «Rupture de stock», «Etat critique» et «Passion de poche», qui passent en revue une rentrée littéraire foisonnante."&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-8605381595397951095?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/8605381595397951095/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/09/laddition-sil-vous-plat.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8605381595397951095'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8605381595397951095'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/09/laddition-sil-vous-plat.html' title='L&apos;addition s&apos;il vous plaît'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/__9V0aWk0ZfQ/SMGhvH9cjdI/AAAAAAAAAMc/qrJo0DztnUI/s72-c/rembrandt.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-2727625870253943248</id><published>2008-10-18T11:23:00.003+02:00</published><updated>2008-10-18T14:14:04.222+02:00</updated><title type='text'>Ravages</title><content type='html'>(publié sur Ilys le 13/08/08)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un cauchemar  : je suis à côté d’un inconnu, sommes tous deux dans une moissonneuse-batteuse lancée à vive allure dans un champ hérissé de piques, le ciel est gris, il faut que je fasse quelque chose, je ne sais pas quoi, je sais qu’il faut que je comprenne quelque chose ou un malheur arrivera, nous allons de plus en plus vite, l’inconnu est au volant, il semble s’amuser, je vais finir par chuter sur les piques. Je me réveille. Me redresse brusquement. Je sais que quelque chose ne va pas pour de vrai. Le cauchemar est encore là, comme à côté de moi sur le lit. De la fenêtre jaillissent des flashs de lumière en continu. J’agrippe l’interrupteur de ma lampe de chevet, clique : rien. Puis le bruit. Un ronflement assourdissant. Le vent. Un vent monumental. La chambre craque, la maison craque de partout. Un orage. Une tempête comme jamais je n’en ai vu. Je me lève titube jusque dans le bureau, de la grande fenêtre j’aperçois l’énorme chêne du jardin déraciné, monstrueusement illuminé par les flashs, entre les rafales de vent et de pluie. C’est grave. Si cet arbre est tombé alors tout peut s’écrouler. Je débranche mécaniquement les appareils électriques malgré l’absence de courant à tâtons grâce au stroboscope qui me perce les yeux.. Je descends l’escalier, arrive au salon, d’en bas, c’est pire. Les arbres sont pliés en deux par le souffle. La cour est inondée. Je reste là, protégé derrière la vitre, hypnotisé, à regarder ce spectacle d’horreur. J’étais au même endroit en 1999. Ce n’était rien à coté de ça. J’imagine des maisons détruites, le pays en ruine, des gens écrasés par leur toiture pendant leur sommeil. Le plus effrayant est l’absence de tonnerre malgré les éclairs innombrables et incessants, que je n’arrive pas à localiser car ils sont partout. Je cherche maladroitement les bougies, les allumettes. Dans la cuisine le chient est terrifié. Il halète, tourne autour de mes jambes. Je le caresse, mais ça ne le calme pas. Il me fait peur. Au bout d’une heure, couché sur le canapé, je sens que ça s’estompe. Je retourne me coucher : il est 5 heures. Je me réveille à sept. Le jour se lève, je me jette vers la fenêtre : les nuages se dispersent dans la lumière bleuté de l’aube, j’aperçois les premiers dégâts : d’innombrables arbres couchées. Je m’habille et sors : les chêne est là, comme un membre arraché retenu par quelques ligaments et fibres musculaires. Le banc en bois a été littéralement pulvérisé sur place. Bizarrement quelques pots en terre et la table n’ont pas bougé. De nombreuses branches de divers provenances gisent sur la pelouse, loin de leur tronc. Je pense aux débris éparpillés d’un attentat suicide. Je me rend compte que je n’ai pas dormis plus de quatre heures au total. Y compris le cauchemar. Je suis fatigué, irrité, comme après une nuit blanche atroce. L’air est frais, je sens presque l’oxygène refroidir mon cerveau sous tension à chaque inspiration. Je vais jusqu’à la route, au croisement : en face un arbre la barre à 100 mètres, à gauche deux sapins sont effondrés. Je sais qu’à droite il en est de même. Je pense à ma famille, à ma sœur en camping dans le sud. Les lignes téléphoniques sont coupés. Il n’y pas de réseau pour le portable. Évidemment pas de courant pour les radios et télévisions. Je prend le vélo et roule à droite, slalome entre les branches, à 700 mètres un arbre a rompu une ligne électrique. Je me dis qu’aucune voiture ne peut circuler jusqu’ici depuis la civilisation. Fais demi-tour. Je prend l’appareil photo. Je pense gens hagards sortant de leurs masures rasées, vieilles femmes solitaires dans cette campagne, errant en peignoir, échevelées, égratignées, folles. Les voisins, des parisiens, sont absents. Je n’ai encore vu personne, les rares maisons aux alentours semblent vides, abandonnées, mortes . Je pense survie. En pédalant, je me demande si j’ai bien imaginé prendre un fusil quelques minutes plus tôt.  Je me demande en combien de temps des bandes de pillards peuvent s’organiser. Je repense à “La route” de Mc Carthy. Suis-je un gentil ou un méchant ? Je n’en sais rien. Tout peut vaciller. Plus rien ne compte. Je prends quelques photos. Au bout d’un kilomètre je ne peux plus passer. Toutes les routes et chemins perpendiculaires à la départementale sont coupés. Statistiquement je pense que c’est au moins pareil sur les 6km à droite pour rejoindre la nationale au niveau du village et sur les dix à gauche jusqu’à l’autre départementale. Mais la nationale elle-même est bordée d’arbres. J’imagine que les pompiers doivent s’occuper en priorité des blessés, mais comment peuvent-il faire pour rouler ? Et comment les joindre ? L’endroit où j’habite ne représente aucunement une priorité. Zone immédiate de non-droit. J’aperçois des silhouettes humaines, pédale jusqu’à elles : deux jeunes de quinze ans, de milieu populaire en short et tee-shirt, ils viennent du camping, à 3km. Ils sont à pieds. Me disent que plus loin c’est pire, à cause des gros arbres. L’un deux rejoint sa mère, qu’il a réussi à appeler sur son portable, un arbre coupe l’accès à sa maison, il part le tronçonner, il y a comme une flamme de jouissance dans son regard. Zone de non-droit. Au téléphone, sa mère lui a dit au sujet de son cousin, qui est pompier “”ils ne savent pas par où commencer”. Nous parlons vite, nerveusement, sans faire de politesses, avec une certaine familiarité synthétique. Je me demande s’ils m’ont pris pour un dingue, avec mon appareil photo. Ou pour un con. Ça m’a fait du bien de parler avec des gens. J’ai bien fait de ne pas prendre de fusil. Un léger vent souffle, je ne sais si c’est la fatigue ou la lumière du matin encore faible, mais je suis vite repris par ce sentiment d’étrangeté. Je me rend compte que finalement je ne vais pas très bien, mentalement. Je prend un chemin perpendiculaire, en plein sous-bois. Bien isolé. Bien glauque. Je pense à cet autre film, cette daube de Shymalan un truc comme ça, où la nature offensée tue des humains en libérant des toxines lorsqu’ils approchent en groupe. Mais je suis seul. Et je n’en ai rien à foutre fondamentalement de la nature. Ce genre de connerie ne s’adresse qu’à ceux qui pensent que la nature est douée de raison. Paganismes de supermarché. Pourtant j’imagine que cela traduit bien les peurs et réflexes ancestraux faces aux catastrophes naturelles. Elles ont un sens, un but et un Dieu Vengeur. La différence, c’est que le Dieu chrétien ne doit pas non plus, à mon avis, trop s’inquiéter des massacres perpétuées contre la nature, mais plutôt contre la nature humaine. Enfin j’espère. Je prends encore quelques clichés puis rentre. Je n’aurais vu que les deux jeunes. Je fume une cigarette dans la cour détrempée au milieu des restes d’arbres. Je pense à la radio dans la voiture. Je me trouve con de ne pas y avoir pensé plus tôt, mais suis trop excité pour me blâmer. J’allume. On parle des JO qui vont commencer, une fille déclare, enthousiaste : “le chiffre huit qui est le chiffre porte-bonheur en Chine”…autre station, voix de femme plus âgée, fumeuse : ” et après et bien après, j’ai commencé à ..à..à me reconstruire parce que voilà on peut pas rester comme ça sur un échec”, un type acquiesce….sur une autre station : de la musique classique, qui me vrille les nerfs, j’appuie encore pour faire défiler les ondes et retombe sur le générique de la première. J’éteins. Ma cigarette c’est presque consumée sans que je m’en rende compte, je tire une dernière fois dessus. Je me dis que soit le pays est en ruines et qu’ils passent des programmes en boucle, soit seul mon département est touché. Ça me semble inconcevable. Je repense au cauchemar. J’espère que je ne suis pas encore en train de rêver. Et surtout je m’efforce de ne pas perde la boule, de ne pas partir dans un délire apocalyptique. De ne pas me laisser entrainer par un soudain changement de personnalité d’une démoniaque attirance. Je retourne me coucher après avoir mangé un peu de pain. Le chien m’a regardé étrangement. Était-il si effrayé cette nuit ? A-t-il déjà oublié ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A midi, les tronçonneuses me réveillent. Ils s’activent partout mais je ne les vois pas, ils sont encore loin. Je suis toujours crevé, je me sens agressif. Je vois ensuite passer des engins et des camionnettes d’interventions sur la route. Elle a été dégagée à une vitesse incroyable. Le courant n’est toujours pas rétabli. Le téléphone sonne. Je fonce, je rate l’appel. Il ressonne. Tout va bien. Personne n’est mort. La tempête fut locale. Les principaux dégâts sont les lignes coupées et les petites routes impraticables sur un rayon de 20 km.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je tourne en rond tout l’après midi. Seul. On m’amène enfin un transformateur. Il fait un bruit assourdissant. Mon contact humain repart aussitôt. Je branche le frigo et le congélo. J’éteins le transfo avant de diner, il n’a que trois heures d’autonomie avec un plein. Je retrouve un vieux chandelier, y insère trois bougies. La luminosité n’est vraiment pas terrible, je lis un peu, commence “Le génie du christianisme ” de Chateaubriand, j’ai mal aux yeux. Je me couche en espérant ne pas refaire le cauchemar. Je me dis qu’il suffit de peu pour devenir définitivement fou. Les digues sont minces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain je suis encore seul. Il pleut. Je n’ai rien à faire et je suis obligé de penser à des choses qu’en temps normal je laisse de côté. Diverses questions existentielles. Je ne trouve pas de réponse, mais le disque continue de tourner dans ma tête c’est l’horreur. Les minutes deviennent des heures. Je me sens vraiment triste. Une sorte de dimanche qui ne s’arrête pas. Le soir je pense à brancher une petite télé portable qui se trouve dans le grenier sur le transfo. Là encore je me trouve con de n’y avoir pensé que seulement maintenant. Je regarde les infos régionales sur la trois. Je revis. Un apaisement, une clarté dans mon esprit. Le monde tourne. Le monde continue de tourner. J’apprends que l’électricité ne sera remise que dans deux jours. Une jeune fille est morte dans un camping à Méry ès Bois suite à la chute d’un arbre. Je ne comprends pas qu’il n’y ait eu qu’un mort. C’est un  miracle. Je zappe sur le JT de France deux, présenté par Françoise Laborde qui a un visage bovin et le regard comme vidé. Je tombe pile sur le reportage “me” concernant. Les dégâts, les décomptes des foyers privées d’électricité. Et puis “Une histoire incompréhensible” à propos de la jeune fille. Un camp tenu “par des religieuses” dont les encadrants étant pourtant “tous diplômés et formés”. Une affaire “inimaginable” répète la journaliste. Les parents des autres enfants semblent bouleversés. J’apprendrais plus tard que le responsable du camp, après avoir été écouté par la gendarmerie à cause “de l’enquête qui a été ouverte”, sera admis aux urgences psychiatriques, accablé par cette tragédie. La journaliste répète encore “incompréhensible”, “malgré l’alerte orange”, avant de passer à un sujet sur les JO. J’éteins. En effet je ne comprends pas. Chercher un responsable. Dieu ? Les religieuses ? Forcément, puisqu’elles y croient ! Le vent ? Intenter un procès aux éléments comme l’Eglise du moyen-age jugeait des animaux lors de procès en sorcellerie ? La tempête a été immédiate, ravageuse, rapide, et s’est déclarée à 5heures du matin après une soirée radieuse.. Personne n’est sensé ignorer Météo France et ses rigoureuses prédictions ? Personne n’est sensé sortir en cas “d’alerte orange” ? Pourtant les campings de la vingtaine d’autres départements n’ont pas été “évacués” à ce que j’imagine..Et puis je me demande ce qu’est une alerte rouge. J’ai du mal à imaginer, qu’on y ait pensé à ma place a de quoi rendre parano. Non, il &lt;span style="font-style:italic;"&gt;faut&lt;/span&gt; des responsables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut faire des sacrifices humains. Pour apaiser les nouveaux Dieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais vraiment pas si j’aurais fait partie des gentils ou des méchants…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-2727625870253943248?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/2727625870253943248/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/10/ravages.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/2727625870253943248'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/2727625870253943248'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/10/ravages.html' title='Ravages'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-8495174836150026328</id><published>2007-09-15T01:19:00.001+02:00</published><updated>2008-09-06T01:00:55.681+02:00</updated><title type='text'>Esprit, es-tu là ?</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/RusbmskwaMI/AAAAAAAAAFM/lYsqk0bz2io/s1600-h/tables+tournantes.jpg"&gt;&lt;span style="font-family:lucida grande;"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5110208553796266178" style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center;" alt="" src="http://bp3.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/RusbmskwaMI/AAAAAAAAAFM/lYsqk0bz2io/s320/tables+tournantes.jpg" border="0" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:lucida grande;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Je tombe sur l’émission fossoyeuse de Guillaume « heuuu, heuu » Durand , au titre d’une prétention, si commune aujourd’hui pour voiler le vide, qu’il faut, sans humour, prendre au pied de la lettre. Trop « libres » pour être un tant soit peu « déterminés ». Esprits invoqués, comme ceux des artistes en photo N&amp;amp;B aux murs. Kitch spirit. Tables tournantes. Durand dans le rôle de la prêtresse vaudou de bazar, tendance madame Irma. Avec ses lunettes au bout du nez, il ne lui manque plus que le châle et les boucles d’oreilles. Les piles de bouquins qu’il n’a pas lu, et donc les fiches annotés, lui font office de boule de cristal. On espère le spectre de &lt;em&gt;la Kultur&lt;/em&gt;, des invités se rêvent possédés. Le réel s’est barré depuis longtemps. Trop de caviar moisi sous la chaleur des spots. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Je vois, je l’avoue, un peu excité, Todd et Finkielkraut. Le premier cité par FrankLadenStein, lors de son dernier &lt;em&gt;Freak Video Show&lt;/em&gt;, ce qui fournit une carrure nouvelle aux travaux du type. Travaux un peu ennuyeux de démographe–sociologue universitaire. Dont le fameux livre annonçant la chute de l’Empire Américain. Pas trop dur, sur le pourquoi, s'entend, j’aurais pu aussi le prédire, manque évidemment le quand et le comment. Mais tout de même. Structuré. Il fallait faire le boulot.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Passons. Finkielkraut parle de son propre livre qui traite de l’état, lamentable, de l’éducation nationale (qui a dit "encore ?" ?). Obstination. Jouer le rôle du réac de salon pour faire tiquer les invités gaucho-arrivistes germanopratins est tout à son honneur. Là aussi, il faut que quelqu’un fasse le boulot. Il semble aimer ça de plus. Je ne sais plus trop, tout d'un coup, j'ai comme un doute, je trouve cela suspect. Niche marketing ? Qui finit par aimer son sujet comme un biographe ? Ou comme une vieille groupie qui pense que son idole vit toujours quelque part ? Que tout n'est pas encore foutu ? Il doit avoir le sommeil agité. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Prise de bec entre les deux bonhommes. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Surprenant. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Surprenant que des types, bon dans leurs domaines respectifs, F sur l’école de la république, T sur l’évolution démographique et ses conséquences, soient de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;parfaites truffes&lt;/span&gt; quand ils s’engagent dans le domaine de l’autre. Un parti-pris stupéfiant. Incroyable. Et surtout, décrédibilisant. F et la communauté, T et son gauchisme universitaire. Au moins Finkielkraut, attaqué, pour le coup, ne cache pas son supplice quand Todd dit que l’école ne s'est jamais portée aussi bien. Même si ce dernier concède, avec sourire en coin*, visiblement amusé des trépignements qu’il a provoqués chez son voisin, qu’on passe par une « pause ». Avant d’en rajouter une couche. Tant qu’il gagne, il joue : le philosophe rougit, se cache le visage dans les mains, puis enfin réplique, énervé. Presque à bout. Et puis ça s’arrête. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;« Mais pour qui vous prenez vous, Emmanuel Todd ? »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;« Vous ne passez plus les portes, Todd. »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;« Vous-ne-passez-plus-les-portes. »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;C’est marrant parce que cette pub inattendu va lui en ouvrir un paquet, de portes. Et lui rapporter un max de cash. Ne jamais négliger le réel sonnant et trébuchant. Ni les égos gonflés par la médiatisation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;J'ai tout de même l'impression d'assister à une sorte de viol en direct. Une tournante. Une tournante chic et branchée. Avec l'honnêteté intellectuelle dans le rôle de la victime. Qui dégénère en partouze sado-maso littéraire. Tout le monde lui passe dessus aussi, la littérature. Chacun y va de son petit éjacula. Gang bang à vomir. Ce n'est plus drôle depuis très longtemps.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;*sourire qui en dit très long sur la face cachée du type, éceurante, sur le coup&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Suit Dantec et Mazarine P.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Sujet vidéo de 4 mn sur le Onze septembre. Ca semble s’adresser aux gens qui viennent de sortir de 6 ans d’hibernation. Durand passe les plats. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Rien à dire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Vide. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Sauf peut-être le virage (on s’y attendait) de Maurice Gé vers une sorte de théologie apocalyptico-science-fictionnesque plus appuyée. Bien. Pourquoi pas. Mais c’est pas avec ça qu’il va faire du plateau et du dollar, même canadien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Darrieusseq. Bouquin sur la mort d’un enfant ("encore ?" là, oui : on peut). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Un autre écrivain dont j’ai oublié le nom parle de quelqu’un qui est mort dans sa famille : trauma, recherche de sens, de repères, de réponses. Il débute, trébuche, il est timide. D’ailleurs il vient de province. On le lui rappelle. Il doit y avoir un style littéraire de province aujourd’hui dans &lt;em&gt;l'esprit télé&lt;/em&gt;. Tu m’étonnes, quelque part. Chair fraîche. On le console, on le conseille, avec l'oeil concupiscent des proxénètes &lt;em&gt;de la place&lt;/em&gt;. A peine débarqué, on l'imagine déjà sur le trottoir. Racole-t-il bien ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Le chroniqueur gominé, à tête de gigolo-mac-croquemort, justement, relance le truc. Phrasé fluide, énergique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;« &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;(…) &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;je vous entends et j’entends ces intentions de faire parler des gens qu'on n’entend pas&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt; (…)&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt; »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;« &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;(…) &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;intentions par définition bonnes&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt; (…)&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;» &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;« &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;(…) &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;de ces milieux populaires (…) vous évitez le populisme (…)»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5110520398486726866" style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center;" alt="" src="http://bp3.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/Ruw3OckwaNI/AAAAAAAAAFU/QVHk8Jn5zLE/s320/hervey+keitel.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Tesson, voix d’outre-tombe. Le papy qui se réveille à la fin du repas, grisé par les vapeurs. Personne ne l'écoute vraiment. Il ne bande plus beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Brouhaha. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Sujet vidéo de 3 mn sur Callas. Pour les trente ans de sa mort. Autre fantôme invoqué, sans trop y croire. Pas de réponse. Ca rassure, on se croit toujours en vie. On passe vite à la suite.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;« Deuxième sujet : les journées du patrimoine » annonce Durand, que l’événement semble réjouir. Là encore, on visite les morts, en famille cette fois. Calmons-nous. Eduquons avant de débaucher. Habituons ces enfants à la sortie dominicale culturelle. Nous les appâterons avec du clinquant ensuite. Chaque chose en son temps. Initiation&lt;em&gt; à la Sade&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;« Et, heuuu, maintenant, heuuu, la GRANNNNDE, PJ Harvey, qui sort son nouveau (…) »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"  align="left" style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Sorte de tympanon sonnant comme une guitare, voix haut perchée avec gros effet de réverbération. Robe noire vaguement gothique. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="left"&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;On sort de là comme de chez Madame Irma. Faussement léger, un peu plus déprimé qu’en entrant, en fait. Mais d'une déprime différente. On ignore les souillures, on les prend pour des éloges. On ne sait plus trop ce qui a été dit, mais tout va bien, se répète-t-on. Le monde bouge, la terre tourne, quelque chose semble se passer quelque part qui semble nous concerner. Ne pas réfléchir. Garder l’esprit libre&lt;span style="font-style: italic;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-8495174836150026328?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/8495174836150026328/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2007/09/esprit-es-tu-l.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8495174836150026328'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/8495174836150026328'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2007/09/esprit-es-tu-l.html' title='Esprit, es-tu là ?'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/RusbmskwaMI/AAAAAAAAAFM/lYsqk0bz2io/s72-c/tables+tournantes.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-5165468660402306690</id><published>2008-08-27T01:22:00.005+02:00</published><updated>2008-09-02T13:10:13.722+02:00</updated><title type='text'>La divine comédie de l'hypocrisie</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://ilikeyourstyle.net/wp-content/uploads/2008/08/jules_ii.jpg" mce_href="http://ilikeyourstyle.net/wp-content/uploads/2008/08/jules_ii.jpg"&gt;&lt;img class="alignnone size-medium wp-image-5796" title="jules_ii" src="http://ilikeyourstyle.net/wp-content/uploads/2008/08/jules_ii.jpg" mce_src="http://ilikeyourstyle.net/wp-content/uploads/2008/08/jules_ii.jpg" alt="" width="245" height="300" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Ainsi, voulez-vous peindre et toucher, on vous demande des &lt;i&gt;axiomes&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;corolaires&lt;/i&gt;. Prétendez-vous raisonner, il ne faut plus que des sentiments et des images. Il est difficile de joindre des ennemis aussi légers et qui ne sont jamais aux postes où ils vous défient.&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chateaubriand&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt; C'est tout de même extrêmement tentant de proposer aux anticléricaux une synthèse de leur pensée qu'ils ont bien du mal à exprimer. Dans leur obsession délirante (physique et psychologique) de la soutane,  ils pataugent à s'extraire du &lt;i&gt;substrat chrétien de l'occident&lt;/i&gt; autrement que par des vociférations haineuses se réclamant en vrac d'un épicurisme de supermarché ou d'un libertarisme sous cellophane, résonnants dans le vide de notre société, qui en a pourtant plein les rayons de ces joujous bien aux normes. On se demande de quoi ils se plaignent, au fond. Seraient-ils donc peine-à-jouir ? Auraient-il besoin de projeter ce balai qu'ils ont dans le cul sur la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;morale et les interdits chrétiens&lt;/span&gt; qui (sous la lune ?) les empêcheraient de vivre à fond les manettes tous leurs phantasmes lyophilisés à l'aide d'expériences sensorielles tout ce qu'il y a de plus synthétique ? Pour une grande partie d'entre eux, oui. Ils n'ont toujours pas saisi l'évidente imbrication des interdits et de l'érotisme, et se plaignent de la disparition de l'un les mains pleines du sang de l'autre. Mais les anticatholiques (ou anticléricaux, ce sont les mêmes, surtout s'ils s'amusent à surfer de l'esprit au corps selon leurs lubies du moment) n'en restent pas là, se prenant pour Voltaire sous amphétamine, ils usent de la rhétorique et de la dialectique : les chrétiens seraient tous des mauvais chrétiens, ne respectant que rarement les dogmes de l'Eglise à la lettre, et leur foi (cf Il n'y que la mauvaise foi qui sauve, P. Muray) donc, de la mauvaise foi. Et les voilà fanfaronnant comme s'ils venaient de découvrir la pierre philosophale, presque attendrissants comme ça, barbouillés de cet orgueil infantile de celui qui pense avoir mouché papa. Bien sûr, les notions de péché originel, de doute, de confession et bien d'autres ont depuis longtemps (en fait depuis le début) précédés les découvertes en carton-pâte des anticléricaux, que je trouve pour le coup bien fanatiques : ils voudraient que tous les chrétiens soient des saints ou des croisés hallucinés. Étonnant de qui se plaint justement du trop plein judéo-chrétien de nos mœurs (et on se demande accessoirement à quelle époque mentale ils se trouvent). A trop de bondieuseries, ils rétorquent une mauvaise foi : le seul chrétien digne de leur considération serait un fou de Dominus comme il y a des fous d'Allah. Entre parenthèse, il serait bon pour ces obsédés d'assoupir quelque peu leur nombrilisme et d'arrêter de penser que les chrétiens en ont quelque chose à foutre d'une quelconque considération de la part des antichrétiens, oh, il y en a, c'est certain, mais je pense que ce serait tomber dans un bien pathétique piège d'écouter des païens donner des leçon de foi. Donc lorsque l'anticatholique n'arrive pas à faire bouger le chrétien de son socle dogmatique (pourtant déjà bien entravant) devant ses difficultés à rester de marbre, il l'accuse d'hypocrisie, et qu'à sa place il irait trucider les hérétiques, les athées, les avorteuses, tout ce qu'on voudra, mais que ça serait rock'n roll et sincère. Transparent, en somme. Et voilà l'anticlérical tout satisfait de sa saillie prométhéo-obscurantiste, se dandinant d'orgueil d'avoir placé deux chaises autour de cul du catho qui s'en passait jusqu'ici très bien, puisque ces chaises elles entouraient (et entourent toujours, immanquablement) les fondements secs et coincés de ces anticatho bêlants et soumis à leur incapacité à situer leurs inhibitions là où elles se trouvent : dans leur tête.&lt;br /&gt;Je remarque également qu'assez souvent, lorsqu'un individu soupçonné d'avoir la foi se prononce sur des sujets de société sous un angle purement socio-économique, il se voit immédiatement taxé d'obscurantisme, tout aveuglé de dogmes qu'il est. S'il ose confesser que son point de vue n'a rien de particulièrement religieux (même si les conclusions sont convergentes avec celles de l'Eglise-dans le cas contraire on le renvoie de toute façon à la mauvaise foi hypocrite, quelque soit la rationalité de ses arguments) alors on va rapidement et immanquablement lui opposer tous les poncifs anticatho (guerre de religion, inquisition, responsabilité du SIDA, traumas pédophiliques, place des femmes, etc.. ) qui n'ont pas grand chose à voir avec le problème en question. On lui sort son casier judiciaire, en somme. Car l'anticlérical lui, n'en a pas de casier (qu'il croit). Il est vierge. On ne peut l'accuser de rien. Son anticléricalisme est un humanisme. C'est bien là le problème, la pensée anticléricale flotte dans les airs comme un ballon à la dérive, délestée de toute prise avec le réel (c'est à dire avec les conséquences concrètes qu'entrainent ses positions) au gré du vent des émotions passagères (amours, haines, frustrations diverses de la vie). Ainsi au sujet de la légalisation de l'euthanasie, dont il n'est pas nécessaire d'avoir une idée chrétienne pour en prévoir les ravages, l'anticlérical prendra exactement le contrepied de son opposant, par principe. Et pour commencer l'accusera sans rougir d'un manque de compassion. Déblatérant les notions les plus galvaudées (et accessoirement hérétiques) supposant la volonté des cathos de voir en l'agonie humaine une réminiscence de la souffrance christique ( à l'opposé totale donc des positions de l'Eglise sur l'accompagnement de fin de vie, mais l'anticatho ne s'encombre pas des textes, on l'a déjà dit) on pourrait penser que l'anticatho aurait apprécié que l'on euthanasie Jésus. Bien sûr inutile à cette occasion d'apprendre à l'anticatho l'existence des dispensaires chrétiens qui s'occupent sans discrimination de confession des malades du sida, des lépreux et autres orphelins dans à peu près tous les trous du cul du monde là où les ONG osent à peine poser leurs tongs : ce qui intéresse l'anticatho c'est son petit monde médiatique qui lui montre où et quand s'indigner tout en lui faisant croire qu'il pense tout seul comme un grand. Et le voilà pris de compassion soudaine pour quelques malheureux aux noms desquels il réclame à son tour le fameux droit à piquouser dignement ceux qui le désirent. Comme l'affaire du jeune Sébastien, dont on a bien mal saisi, rien d'étonnant car le propre de l'indignation immédiate étant bien sa difficulté à réfléchir et à comprendre, ma &lt;i&gt;petite saillie&lt;/i&gt;. Comme je l'avais écrit en commentaire, ma préoccupation était bien le traitement médiatique de l'affaire : d'une part son passage à la trappe pour cause de JO, on a les priorités qu'on mérite et cela, personne ne semble s'en être offusqué, d'autre part la compassion sur commande pour ce qu'il convenait d'appeler un cadavre. Et si ? Et si ? Et si alors on aurait pu éviter le pire ? C'est à dire on aurait pu le piquouser comme sa mère le désirait il y a neuf ans (mise en examen alors pour tentative de meurtre). Un peu comme cette Chantal Sébire qui avait refusée les soins pour son cancer. L'anticlérical a une furieuse tendance à se choisir des portes-drapeaux boiteux à euthanasier dans sa précipitation à rester le fondement dans son fauteuil par compassion. Bien sûr l'anticlérical fait parfois mouche dans ses reproches aux chrétiens, s'il partage avec eux certains défauts, ce n'est pas vraiment le cas des qualités qu'on a bien du mal à déceler chez lui. Bien sûr l'anticlérical, après avoir endossé à peu près tous les habits neufs et jetables de l'anticléricalisme (y compris celui qui ne dit pas son nom) abandonnera alors immédiatement sa moraline pour parler d'un individualisme (souvent confondu avec de l'égoïsme) salvateur et de son droit à ce qu'on lui foute la paix. Enfin nous serons d'accord. Peut-être aura-t-il saisi que l'hypocrisie est consubstantielle* à l'existence sociale (tiens, du Zemmour) et qu'il en existe différents degrés qui ont eux-mêmes des incidences très différentes sur les rapports humains. Oserons-nous lui sussurer qu'il est bon de déceler quelle hypocrisie est frelatée, mortifère, voire carrément dangereuse et laquelle est noble au point de contribuer, par un majestueux et divin retournement, au bien-être car s'imbriquant presque parfaitement au propre de l'homme en lui conférant nombre de degrés de liberté (confession, pardon, rédemption, etc..) y compris la possibilité du Mal. Mais l'anticlérical n'a qu'un sens de l'hypocrisie, celui dicté par les élites morales lancé à la face de leurs adversaires pour mieux cacher la leur, qui ne souffre d'aucune transcendance. Vieil héritage calviniste largement dissout dans le laïco-athéisme le plus désœuvré au travers de sa moraline nihiliste consistant à confondre les désirs de quelques-uns avec des Lois pour tous c'est à dire réduisant à néant ces quelques degrés de liberté qu'il n'a de cesse de brader. La transformation &lt;span style="font-style: italic;"&gt;transparente &lt;/span&gt;de l'individu libre, culpabilisant (c'est à dire pensant) en son avatar materné par une société de juristes met donc fin aux siècles de contradictions qui rendaient ce monde respirable. La comédie de l'hypocrisie qui permettait la jouissance par les interdits fait place au mensonge de la  jouissance obligatoire (et l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;interdiction&lt;/span&gt; de souffrir à l'aide de divers droits opposables) qui ne permet plus rien (même pas le tragique) et qu'on pourrait nommer le sérieux de l'hypocrisie.   Les sujets atteints semblent être de plus en plus nombreux, le cercle vertueux de la production véritablement industrielle (puisque médiatique) de victimes et de bourreaux nécessaires leur permet d'expulser la haine que ce sérieux engendre. La confusion est telle qu'on ne sait plus s'il faut dire qu'ils combattent le mal par le mal ou le bien par le bien.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;*l'absence totale d'hypocrisie a tendance à vous envoyer directement aux urgences psychiatriques ou à vous faire béatifier selon ce que vous en faites, mais on ne peut pas vraiment parler de&lt;i&gt; partie de plaisir&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-5165468660402306690?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/5165468660402306690/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/08/la-divine-comdie-de-lhypocrisie.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/5165468660402306690'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/5165468660402306690'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/08/la-divine-comdie-de-lhypocrisie.html' title='La divine comédie de l&apos;hypocrisie'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-7103848732927106014</id><published>2008-08-03T20:54:00.003+02:00</published><updated>2008-08-03T20:57:46.999+02:00</updated><title type='text'>There will be grosse farce</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/SJX_SO4GpUI/AAAAAAAAAMM/IpK0NFE7jBk/s1600-h/pta.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/SJX_SO4GpUI/AAAAAAAAAMM/IpK0NFE7jBk/s320/pta.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5230367230956840258" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;(Par paresse pure, je republie des textes initialement écrits sur Ilys.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;J’ai vu there will be blood. C’était lourd, pesant, grotesque et génial. Mais je n’ai compris ce film qu’après, en apprenant que le réalisateur, Paul Thomas Anderson, qui se surnomme lui-même jusque dans le générique, et j’y reviendrai, PTA, était aussi celui de Punch-Drunk Love et de Magnolia. Il faut avoir vu ces deux films pour comprendre. Bon l’histoire, vous la connaissez, un self-made man, Daniel Plainview qui fait fortune dans le pétrole dans l’amérique début du XXeme siècle. Critique parfaite de l’entreprenariat malfaisant dans son essence et des sectes protestantes anglo-saxonnes hystériques, avec la figure du prédicateur manipulateur. Belles métaphores servies sur un plateau d’argent, comme encore cette terre qui saigne le pétrole, comme scarifiée sans relâche, accompagné d’une musique inquiétante, alors que les images restent sobres et belles. Dès le début, presque tout est dit : scène d’ouverture sur des collines arides avec une musique de film d’horreur, crescendo, Daniel qui creuse, se pète une jambe, trouve du pétrole, adopte l’enfant d’un collègue mort, tout ça sans paroles. Puis de nouveau l’image d’ouverture. Métaphore du personnage principal au cœur sec motivé par la haine de tout, qui ne changera pas, quoiqu’il arrive. Mais au-delà de ça, toute l’architecture étrange du film : il n’y aura pas de &lt;em&gt;grande scènes&lt;/em&gt;. En fait, de même que dans les deux autres films, PTA refuse la grandiloquence et va “au-delà du film”. Quand je lis des critiques dithyrambiques, qui parlent de “fresque géniale” sur l’amérique, il y a un problème. Même ceux qui démontent le film n’ont rien compris (la palme aux inrock qui arrivent à placer “aridité bling-bling” chapeau !). Les nombreuses métaphores sont parfaitement mises en scène et maîtrisées, mais à chaque fois où on attend un développement grandiose (violence, amour, haine, révélations) PTA fait tout tomber à plat, en surjouant le pathétique qui devient clairement comique. Par exemple, le frère, qui apparait puis disparait, occasion pour le héros d’avouer sa haine des hommes, mais justement ni pour changer, ni pour affronter un double hypothétique. La narration semble interrompue, coupée, bizarrement bâclée aux moments-clés. Pareil pour le fils, utilisé par Daniel Plainview pour séduire les fermiers, à qui il prodigue de la tendresse, mais qu’il abandonne grossièrement. Pas de violents déchirements père-fils. Pareil pour la confrontation avec le prédicateur, dans des scènes comiques quand ils se battent et s’humilient, en jouant de de leur personnages publics (se mettent des baffes) uniquement pour l’argent. Alors qu’on attend les violons et les coups irréversibles. Et puis la fin, dans la riche maison de Daniel, où il crève de solitude et boit, tout le temps effondré ou tirant dans les murs, où il apparait comme un clown. Cette fin tranche avec tout le reste au niveau des décors, jusque là restreints aux forages et baraques en bois. Un film dans le film. Et c’est là que se précise la deuxième interprétation qui explique cette apparente fumisterie. De la même façon que certains personnages secondaires apparaissent puis disparaissent, comme sortis d’autres films et disant “ah, pardon je suis juste là pour la métaphore”, où qu’une insupportable musique oppressante rappelle au spectateur sa présence en temps que spectateur alors qu’il ne se passe rien de grave à l’écran (comme dans Punch-drunk love) et qu’il n’y a pas d’apothéose sanglante. There will blood est une anti-fresque comme il y a des anti-héros de cinéma. Tout ce que le spectateur attend, il le trouve : vous voulez une histoire bien torchée, de la belle métaphore sur l’amérique et l’argent ? vous en aurez ! sauf que, au dernier moment, ces Grandes Emotions de Cinéma tomberont, seront expédiées vite fait en en surajoutant dans le pathos qui devient comique. Le réalisateur frustre volontairement le spectateur (là où d’autres ont vu des ratages sans rien y comprendre), comme un grand peintre qui fait ce qu’on lui demande avec une grande maitrise, et qui insère des éléments incongrus pour voir toute la mondanité inculte du monde l’art en rester quoi. C’est là le deuxième accès, c’est une critique de la fresque cinématographique. C’est une critique du cinéma en temps que moyen d’expression. C’est une critique de ceux qui pensent que le cinéma peut être &lt;em&gt;militant&lt;/em&gt; ou puisse &lt;em&gt;changer les choses&lt;/em&gt; (à l’inverses des personnages chez PTA qui &lt;em&gt;ne changent pas&lt;/em&gt;). C’est un crachat à la gueule des Coppolas, Scorsese, De Palma, qui, avec une grande maitrise, font des films parfait, trop parfait, sur l’amérique et sont encensés pour cela. C’est un crachat au monde bouffi de suffisance d’Hollywood, pas le Hollywood que tout le monde déteste, vulgaire et bling-bling, justement, mais le Hollywood que tout le monde adore, les Scarface, Parrain et autres Taxi Driver, qui, avec leurs grandes scènes où la musique, les répliques, les mimiques d’acteurs, la lumières sont parfaitement coordonnées pour satisfaire l’appétit du consommateur qui se croit cinéphile, qui se croit devant la “parole révélée” devant une œuvre d’art “qui dérange” alors qu’il est vautré dans un fauteuil pendant deux heures et qui voit ce que tout le monde sait déjà. C’est la tentative de PTA de démontrer qu’on apprend rien sur les hommes et l’histoire avec les codes maitrisés de la mise en scène, que le tragique, le vrai, est forcément comique (et aussi clairement &lt;em&gt;individuel&lt;/em&gt;, solitaire, irrémédiable). Et là où les autres sonnent faux, parce que voulant sonner comme une vérité qui n’existe pas à travers ses personnages charismatiques, PTA sonne vrai. C’est énervant, on est frustré, on se dit qu’il se fout de notre gueule, on crie “remboursez !”.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Je reprendrai juste deux des scènes finales : le fils se marie et dit qu’il part faire fortune, qu’il aime son père mais qu’il doit se séparer de lui, avec le langage des signes car il est sourd et avec un interprète, et le père qui l’envoie chier de manière ridicule, en lui disant qu’il est orphelin, bâtard, etc : le père, Daniel Plainview c’est PTA, impuissant à communiquer avec le monde (l’handicapé c’est lui, car il ne ment pas, son rejet du monde forcément hypocrite est exposée sans détour) qui renvoie ce fils avec sa gueule de Happy End ou de Tragical End estampillé Oscar, ce cinéma qui se prend très au sérieux alors qu’il n’est que clichés camouflés. Et ensuite, lorsque Plainview fait crier au prédicateur son imposture, le ridiculisant puis le tuant, c’est la tentative de PTA de renvoyer ce cinéma qui prétend parler du monde, apporter des messages, alors qu’il manipule pour l’argent. Ce que tout le monde sait au fond. Ce &lt;em&gt;cinéma d’auteur&lt;/em&gt; qui en coulisse, pue le billet vert, la diffusion en multiplexes pour obèses abrutis caressés dans le sens du poil aussi bien que pour le cinéphile à gueule de rat-Télérama (même et surtout celui qui aime Taxi Driver), avec musique à fond et écrans géants, promotion stupide et humiliante. Ce cinéma à la Oliver Stone, faux rebelle vrai ambitieux. Et puis ce titre “There will blood” qui est génialement racoleur finalement (ça va saigner ?) qui apparait en lettre gothiques au générique, véritable pied-de-nez aux sérieux. PTA ne dit pas autre chose  dans ses ratages maîtrisés qu’ &lt;em&gt;Arrêtez de croire que le “grand” cinéma raconte autre chose que les salades que vous vous faites sur vous-même et sur le monde, la vérité, si tant est qu’on puisse l’approcher dans un film, sera forcément “représentée” aussi médiocre qu’elle l’est dans la réalité, et ça, ça ne flatte pas les sens ni l’intelligence, ça met mal à l’aise…&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Comme Punch-drunk Love, avec ses personnages absurdes et insupportables parce que trop réels, et ses scènes d’amour qui “font pshitt”, à cause de la difficulté des gens à communiquer, comme dans la vraie vie. PTA insinue cela dans TWBB : vous n’allez pas échapper à votre vie pendant deux heures en faisant semblant de vous “cultiver” avec du grand spectacle, regardant des choses qui n’existent pas tout en croyant que ça a existé, tout en vous pensant intelligent, plus intelligent que l’Histoire, par exemple, la vraie, parce que vous la voyez en film.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;NB : les minables critiques des quotidiens, souvent estampillés de gauche, sont risibles de prévisibilité, elles adorent évidemment ce film parce qu’il critique l’amérique que ces tartuffes disent sans relâche et sans danger ne pas aimer (l’entrepreneur suant et avide, les masses à moitiés abruties, le mensonge, l’argent, la violence) tout contents de voir leurs propos gâteux mis en scène de si belle manière. Les mêmes qui étaient passés à côté de cette autre amérique qu’ils ne veulent pas voir, celle du matriarcat étouffant, de la petite entreprise sans gloire ni douleurs, si réelle, l’amérique du harcèlement permanent, de la solitude sentimentale, de la manipulation médiatique qu’il y avait dans Punch-Drunk Love et dans Magnolia. &lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-7103848732927106014?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/7103848732927106014/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/08/there-will-be-grosse-farce.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/7103848732927106014'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/7103848732927106014'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/08/there-will-be-grosse-farce.html' title='There will be grosse farce'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/SJX_SO4GpUI/AAAAAAAAAMM/IpK0NFE7jBk/s72-c/pta.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-284286735977642283.post-736772827697621405</id><published>2008-07-17T23:17:00.001+02:00</published><updated>2008-07-17T23:18:59.292+02:00</updated><title type='text'>Chignon</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/SH-3OeSCOYI/AAAAAAAAAL0/hJbR12EOjso/s1600-h/simone_7453_4.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp0.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/SH-3OeSCOYI/AAAAAAAAAL0/hJbR12EOjso/s320/simone_7453_4.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5224095552047823234" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/284286735977642283-736772827697621405?l=lacageauxphobes.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/feeds/736772827697621405/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/07/chignon.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/736772827697621405'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/284286735977642283/posts/default/736772827697621405'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lacageauxphobes.blogspot.com/2008/07/chignon.html' title='Chignon'/><author><name>Il Sorpasso</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00168642094569606468</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06740620018074271067'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/__9V0aWk0ZfQ/SH-3OeSCOYI/AAAAAAAAAL0/hJbR12EOjso/s72-c/simone_7453_4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry></feed>